Les dispositifs électroniques pédagogiques conçus pour l’encadrement en ligne des cours présentiels universitaires

La première machine électronique dotée d‟une unité centrale de traitement qui la rend capable d‟exécuter les instructions d‟un programme informatique, de manipuler des informations, de les traiter sous forme binaire (0 et 1) et éventuellement de les mémoriser, a fait sa première apparition dans les années 1940. Ses qualités constitutives sont : l‟automatisation, la vitesse d‟exécution et l‟exactitude des résultats.

Au cours du temps, cette nouveauté a évolué en fonctionnalité et en puissance de sorte à s‟imposer au fur et à mesure, favorisant la transformation des pratiques de travail au fil des intrigues. Son évolution progressive et constante l‟a introduite dans un premier temps comme instrument de travail. Par la suite, l‟utilisation de cette nouvelle donne technologique a connu un essor assez important dans divers domaines. C‟est en 1956 que cette innovation a été désignée par « ordinateur », un néologisme qui a été proposé par Jacques Perret, comme le précise le dictionnaire de l‟informatique Larousse (1996). Désormais l‟ordinateur fait de plus en plus partie du quotidien pour un usage professionnel ou privé, pédagogique ou administratif, ludique ou culturel.

Au cours des années 1960, le réseau militaire américain s‟est développé sous l‟impulsion du département de la Défense ARPANET. Ce réseau, qui a été baptisé ultérieurement « ancêtre de l‟Internet », est rapidement apparu sur tous les continents. Défini par Le Petit Larousse (2008) comme étant une abréviation de l‟anglo-américain de « international network » ou réseau international, l‟Internet ne cesse d‟évoluer proposant constamment plus d‟opérabilité, plus de convivialité et captant plus d‟utilisateurs. Selon l‟Internet World Statistics, le nombre d‟utilisateurs de l‟Internet en décembre 1995 était de 16 millions ce qui correspondait à 0,4 % de la population mondiale, alors qu‟en décembre 2000 le monde a connu 361 millions utilisateurs de l‟Internet ; soit 5,8 % de la population mondiale. En décembre 2008, le nombre d‟utilisateur s‟est élevé à 1 581 571 589 utilisateurs, ce qui correspond à 23,5 % de la population actuelle . Devenu ainsi progressivement indispensable dans divers domaines, l‟Internet a eu droit à une fête qui a été célébrée sur deux jours en sa première version, soit les 20 et 21 mars 1998 ; alors qu‟actuellement sa fête s‟étale sur une semaine entière, et est célébrée dans divers continents. Un des services les plus connus de l‟Internet est le web, qui désigne la « toile mondiale ». Né au cœur de Cern (Organisation Européenne pour la Recherche Nucléaire) le web a soufflé ses 20 bougies le 13 mars 2009 (Delsol, 2009).

Du point de vue technologique, l‟évolution « au quotidien » de la partie matérielle de l‟ordinateur ou hardware a été quasi immédiatement accompagnée d‟une évolution des logiciels et des progiciels qui constituent sa partie immatérielle. Par conséquent, le progrès du matériel informatique a favorisé un progrès de la partie immatérielle de l‟informatique. L‟utilisation optimale du matériel a ainsi permis de développer des programmes informatiques plus performants dans la majorité des cas . En parallèle, les programmes informatiques très performants engendrent, en quelque sorte, «l‟invention » des microprocesseurs  plus puissants. Il serait donc possible de schématiser ceci par un cercle fermé où le progrès du matériel informatique génère un progrès de l‟immatériel et vice-versa.

Le choix de l’institution universitaire comme terrain d’étude

Créé au XIXème siècle, l’enseignement supérieur libanais a été aussitôt caractérisé par un rôle régional du fait de la réputation de plusieurs de ses universités (Diplomatie française, 2007). Le nombre d‟étudiants étrangers, venus majoritairement des pays du Moyen-Orient, a de tout temps constitué une part non négligeable. Pour l‟année académique 2006-2007, le nombre total d‟étudiants étrangers déclarés inscrits dans les établissements d’enseignement supérieur a représenté 13,3 % de la population estudiantine sur le territoire libanais. Ce chiffre est avancé par le Centre National de Recherche et de Développement Pédagogiques local (Bulletin de statistique, 2008) ; ce qui représente 21 339 étudiants étrangers contre 139 025 étudiants libanais.

Il faut savoir, que l‟enseignement supérieur est inspiré des modèles étrangers, qu‟en outre, « l‟influence des modèles étrangers sur l’enseignement supérieur au Liban est très perceptible » (EduFrance, 2004) et que le système d‟enseignement français (nouveau : L-M-D et ancien : licence en quatre ans) et le système anglo-saxon (Bachelor’s, Master’s, Ph.D.) sont très présents. Quant aux systèmes canadien et allemand, ils existent également, cependant ils sont moins répandus que les deux premiers.

Le choix de l‟institution universitaire est également justifié par les caractéristiques de cette institution, l‟intérêt qu‟elle porte pour l‟intégration des TICE dans ses pratiques pédagogiques, la création des scenarii pédagogiques, la numérisation des cours et leur mise en ligne, comme nous l‟avons déjà mentionné. Le choix a été fait de travailler sur les établissements de l‟enseignement supérieur plutôt que sur les écoles, le secteur préuniversitaire ayant fait l‟objet d‟étude telles, qu‟entre autres, la thèse de Wadih Skayem  soutenue en 2002. Le terrain scolaire serait un objet très intéressant et mériterait d‟être étudié dans le cadre d‟une autre thèse afin de voir l‟évolution des TICE dans le scolaire depuis 2002.

La période étudiée 

Le choix de la période étudiée est basé sur la période durant laquelle le Liban a connu le déploiement des TICE. Ainsi, la période étudiée commence vers le début des années 1990, plus précisément en 1994, date du lancement du premier site web ayant le domaine « .lb ». Comme d‟habitude, les établissements universitaires sont pionniers dans plusieurs domaines et à plusieurs niveaux, encore une fois, un établissement universitaire a œuvré pour avoir ce privilège. Il s‟agit de l‟American University of Beirut (AUB), son site web a paru en mars 1994. Il était accessible à l‟adresse : http://www.aub.ac.lb et il était le premier site web libanais sous le domaine du pays « .lb ». Ceci a duré jusqu‟au mois d‟avril 1995 quand l‟AUB a remplacé l‟adresse web initiale : http://www.aub.ac.lb par l‟adresse suivante : http://www.aub.edu.lb (Bukhalid, 1998).

L‟année 2009 clôture la période étudiée. Cette date marque un tournant majeur dans la position et le discours politique de la direction de l‟enseignement supérieur au Liban, concernant l‟enseignement à distance (EAD). En effet, durant la séance d‟ouverture de Higher Education International Conference qui a eu lieu le 23 avril 2009 à Beyrouth, le directeur de l‟enseignement supérieur au Liban Jammal, a montré une attitude plutôt favorable concernant la reconnaissance et la légalisation des diplômes issus suite à un parcours accompli entièrement à distance ; chose qui était encore un tabou il y a quelques mois. Quant à ce changement d‟attitude tant attendu par les universités locales et préconisé par l‟Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), il révèle aussi un contexte d‟action engagé en faveur de l‟EAD sans grande publicité.

Caractéristiques de l’enseignement supérieur au Liban

Le ministère de l‟éducation et de l‟enseignement supérieur regroupe les établissements académiques locaux en deux grandes catégories : l‟enseignement public et l‟enseignement privé. De toute évidence les diplômes de l‟université publique sont reconnus et ne requièrent pas d‟équivalence ; quant aux universités privées elles ne bénéficient pas de ce privilège. Par conséquent, le ministère de l‟éducation et de l‟enseignement supérieur à fondé la direction générale de l‟enseignement supérieur sous l‟égide du ministère, afin qu‟elle prenne en charge la réglementation du secteur privé.

Une particularité libanaise

Une législation a autorisé trois types d‟établissements pour l‟enseignement supérieur et ce d‟après le site web de la direction ; à savoir : les instituts technologiques, les instituts universitaires et les universités. Selon la loi il n‟y a pas de différence de niveaux entre les diplômes issus des instituts universitaires et ceux des universités. Soumis à des obligations légales différentes les unes des autres, les trois types d‟établissements sont définis comme suit.

Premièrement les instituts technologiques. Ils délivrent uniquement des diplômes universitaires technologiques suite à trois ans d‟étude et ceci d‟après le décret numéro 96/8864. Deuxièmement les instituts universitaires. Ils délivrent des licences et des masters en des spécialisations spécifiques et selon l‟accréditation. Ces instituts universitaires ont la possibilité de délivrer des doctorats si les conditions de recherche sont respectées et le nombre d‟enseignants cadrés est selon la loi; sachant que chaque niveau de diplôme a besoin d‟une accréditation spécifique. Troisièmement les universités. Elles doivent regrouper au moins trois facultés accréditées et peuvent être fondées suite à un décret fixé en Conseil des ministres, «sachant que les universités doivent avoir des espaces verts plus étendus que ceux des instituts universitaires, des salles, des cours ….etc. » et ceci conformément au texte du décret numéro 49/4729. À savoir que les facultés peuvent regrouper plusieurs sections .

L‟article deux de la loi de l‟enseignement supérieur du 26 décembre 1961, amendé par la loi 63/36 daté du 25 décembre 1963, définit les établissements de l‟enseignement supérieur comme suit : « il est insinué par un établissement d‟enseignement supérieur tout établissement éducatif dont le niveau d‟enseignement surpasse le niveau secondaire quitte à ce que les étudiants adhérant cet établissement soient tous titulaire du baccalauréat libanais – deuxième partie – ou son équivalent » (Direction de l‟enseignement supérieur, 2004).

Alors que l‟article quatre de la même loi définit les trois catégories susmentionnées comme suit : « l‟institut est chargé de l‟enseignement d‟une spécialisation bien précise de l‟enseignement supérieur et il opère soit rattaché à une faculté ou une université, soit indépendamment des deux » . Quant à l‟appellation de la faculté, elle est définie comme suit : « la faculté est chargée d‟enseigner un seul type d‟enseignement supérieur et doit obligatoirement être rattachée à une université » . L‟université est définie comme suit : « l‟université englobe un certain nombre d‟instituts ou de facultés qui sont chargés de l‟enseignement dans divers domaines de l‟enseignement supérieur (médecine, ingénierie, physique, mathématiques, chimie, etc.) et sciences humaines (littérature, philosophie, éducation, droits, sciences économique, sciences sociales, etc.)» . Pour avoir l‟appellation d‟université, « l‟établissement d‟enseignement supérieur doit être composé d‟un minimum de trois facultés ayant chacune trois disciplines au moins, sachant qu‟une parmi elles, doit couvrir les sciences humaines et l‟autre les sciences exactes » .

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Table des matières

Remerciements
Dédicace
Avant-propos
Introduction générale
1. Structure de l’étude :
1.1. Structure de la recherche
1.2. Normes :
2. Cadre conceptuel
2.1. Cadre théorique
2.2. Le choix de l’institution universitaire comme terrain d’étude
2.3. La période étudiée
2.4. Motivation et difficultés
2.5. Cadre géographique
2.6. Problématique et questions de recherche
2.7. Méthodologie
2.8. Préférences sémantiques
2.8.1. Les dispositifs
2.8.2. L‟Internet
2.8.3. Le web
2.8.4. Le e-learning
2.8.5. L‟enseignement à distance (EAD)
2.9. Caractéristiques de l’enseignement supérieur au Liban
2.9.1. Une particularité libanaise
2.9.2. Une spécificité libanaise
2.9.3. Politique ou absence de politique !
2.10. Conclusion
3. Dynamique de la mise en ligne des cours académiques
3.1. Un « saut technologique »
3.2. Cadre et corpus
3.2.1. Les données recueillies en ligne
3.2.2. La recension et l‟étude des sites permettent d‟aboutir à une typologie
3.2.3. La lente évolution du site web du ministère de l‟éducation et de l‟enseignement supérieur
3.2.4. Le site web du Centre de Recherche et de Développement Pédagogique libanais : site à moitié trilingue
3.2.5. Le site web du Conseil National de la Recherche Scientifique libanais
3.2.6. Le site web local de School Net
3.2.7. Le site web de la Direction Générale de l‟Enseignement Supérieur
3.2.8. Le site web de l‟Université Libanaise
3.2.9. La presse écrite
3.2.10. Les premières visites du terrain
3.3. Déploiement du e-learning au Liban : état des lieux
3.4. Les usages libanais
3.5. L’Université Libanaise : du bricolage à l’hybride
3.5.1. Le présentiel amélioré
3.5.2. Un réseau méditerranéen de quinze partenaires
3.5.3. Centre Avicenne de la Connaissance – Liban
3.5.4. Évaluation finale
3.5.5. Production locale
3.5.6. Attentes, enjeux et prolongement
3.5.7. Échelle de la dynamique de mise en ligne des cours à l‟UL
3.6. L’Université Saint Joseph : « e-learning : c’est l’heure »
3.6.1. Dynamique d‟enseignement hybride
3.6.2. Le développement du e-learning :
3.6.3. Procédure de validation des examens:
3.6.4. Expérience isolée d‟enseignement à distance
3.6.5. Activités de l‟UNTE
3.6.6. État des lieux :
3.6.7. Synthèse
3.6.8. Échelle de la dynamique de mise en ligne des cours à l‟USJ
3.7. L’Université Américaine de Beyrouth : départ des pionniers
3.7.1. Centre universitaire dédié au e-learning
3.7.2. Résistant ou chef d‟orchestre
3.7.3. Niveau de médiatisation
3.7.4. De la transformation au changement
3.8. Lebanese American University : Ouverture aux entrepreneurs
3.8.1. Initiative personnelle
3.8.2. Ouverture nationale
3.9. Notre-Dame University : « Incorporating technology in education »
3.9.1. La technologie au service de la pédagogie
3.9.2. « Why you don’t post it? »
3.9.3. Plan d‟action
3.9.4. Examens en ligne
3.10. Arab Open University : Collaboration internationale
3.10.1. Champ disciplinaire
3.10.2. La totalité des cours est en ligne !
3.10.3. L‟utilisation de la plateforme n‟est pas facultative
3.10.4. Modèle des standards internationaux d‟assurance de qualité
3.11. Tableaux de synthèse
3.12. Conclusion
4. Étude de cas : l’USEK
4.1. Soucis d’amélioration
4.2. Ancrage des TICE dans les pratiques pédagogiques
4.3. Démarche et étapes de recherche
4.4. Une enquête sans précédent
4.5. Élaboration du questionnaire
4.5.1. Pré-test :
4.5.2. Post test
4.6. Description succincte du questionnaire
4.7. Échantillonnage et technique de collecte des données
4.8. Traitement des données et pré-analyse du questionnaire
4.9. Dépouillement du premier volet du questionnaire : données personnelles
4.10. Dépouillement du deuxième volet du questionnaire : recherche sur les pratiques
4.10.1. Première catégorie : Manipulation des logiciels informatiques de base
4.10.2. Évaluation et synthèse
4.11. Dépouillement du troisième volet du questionnaire
4.11.1. L‟utilisation de l‟email
4.11.2. Synthèse
4.11.3. Relation en ligne entre les étudiants et les enseignants
4.11.4. Recherche sur les usages à l‟USEK
4.11.5. Connexion à la maison
4.11.6. Les digital natives versus les digital immigrants
4.11.7. Passagers clandestins
4.12. Dépouillement du quatrième volet du questionnaire : la technologie éducative
4.13. Conclusion
5. Conclusion générale et perspectives
5.1. Une évolution polymorphe
5.2. Des dispositifs en évolution constante, une réalité fluctuante
5.3. Quelques pistes pour les décideurs (et les chercheurs !)
6. Références bibliographiques
6.1. Bibliographie / Sitographie Auteurs
6.2. Bibliographie / Sitographie Organisme
6.3. Bibliographie / Sitographie Ressources
6.4. Entretiens
7. Liste des annexes
8. Liste des tableaux
9. Liste des figures
10. Liste des acronymes
11. Table des Matières

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