Anatomie des organes génitaux internes
L’utérus (3) (4) (5) : Il est l’organe destiné à la nidation de l’œuf fécondé et son développement jusqu’à terme.
a) Situation : Normalement l’utérus est situé dans le petit bassin. Il a la forme d’un cône aplati, sa partie large est dirigée vers le haut et l’avant, la plus étroite vers le bas.
b) Dimensions : L’utérus a 65mm de longueur. Il comprend 2 parties : le corps et le col. Le corps utérin mesure 40 à 45mm et le col 22 à 28mm. La largeur de l’utérus est de 38 à 40mm au niveau du corps et de 18 à 24mm au niveau du col. Le col est séparé du corps par une partie intermédiaire, l’isthme utérine. L’utérus pèse 60 à 70g.
c) Structure : L’utérus est un organe creux. Il est constitué de l’extérieur vers l’intérieur par 3 couches de tissus distincts : la séreuse ou péritoine, la musculeuse et la muqueuse ou endomètre.
d) Vascularisation : L’utérus est vascularisé par l’artère utérine qui naît de l’artère iliaque externe.
L’ovaire (3) L’ovaire est une glande génitale femelle paire où se forment les ovules et qui produit des hormones. Il a classiquement la forme d’une glande à surface mamelonnée mesurant 4cm de long sur 2cm de long ou 1 cm d’épaisseur chez la femme adulte pour un poids de 6 à 8g. Les ovaires comportent un stock de 300 à 400 000 follicules à la puberté. Sur ce total, 300 à 400 seront ovulés pendant la période de procréation de la femme des premières ovulations à la puberté jusqu’à la ménopause. De consistance ferme, les ovaires ont une couleur blanche rosée. Leur forme s’apparente à celle d’une amande. La forme et l’aspect varient avec l’âge de la femme : -en période d’activité génitale, leur surface est irrégulière, bosselée, en effet les follicules cavitaires, éléments sphériques, volumineux, contenant les gamètes font légèrement saillie.
-avant la puberté, la surface est lisse.
-après la ménopause l’ovaire tend à s’atrophier : les saillies folliculaires s’atténuent, il devient scléreux et prend l’aspect d’un « noyau de pêche » selon Testrit.
Ils ont deux fonctions : exocrine par production des cellules femelles de la reproduction qui sont les ovules et endocrine par sécrétion des hormones femelles tels que les œstrogènes et les progestérones.
Les Trompes Ce sont les voies de conduction de l’ovule de l’ovaire à l’utérus
a) Historique (6) : La première description anatomique exacte du canal reliant la cavité péritonéale à la cavité utérine fut décrite par Fallopius Donol au XIV ème siècle qu’il baptisait : « trompe »
b) Morphologie (7) : Les trompes utérines sont deux formations tubulaires (droite et gauche) musculo-membraneuses qui prolongent en dehors des cornes utérines et s’étendent vers les ovaires homolatéraux avec lesquelles elles forment les annexes, elles sont longues de 10 à 12cm en moyenne, elles comprennent 4 portions :
-portion interstitielle ou intra pariétale : située dans l’épaisseur du muscle utérin, de 1 à 1,5cm de longueur à trajet oblique en haut et en dehors, elle débouche dans l’angle supérieur de l’utérus par l’ostium utérinum,
-portion isthmique ou isthme de Barkow : elle fait suite à la portion interstitielle, zone rétrécie de 3 à 4cm de long sur 2mm de diamètre externe,
-portion ampullaire ou ampoule de Henlé : longue de 7 à 8cm, elle occupe le tiers moyen de la trompe, partie élargie en son milieu et allant en se rétrécissant en dedans et en dehors,
-portion infundibulaire ou pavillon : en forme d’entonnoir, elle a une base formée de 12 à 15franges qui tendent à recouvrir l’ovaire et s’unissent en cas d’inflammation.
La plus grande frange est appelée frange de Richard dont le rôle est de capter l’ovule venant des ovaires.
c) Vascularisation (8) : Elle se fait par l’artère tubaire interne, branche de l’artère utérine et par l’artère tubaire externe branche de l’artère ovarienne. Le réseau veineux suit le trajet de l’artère.
d) Innervation : La trompe est formée de fibres musculaires lisses à plusieurs fonctions dont la motricité est sous la dépendance du système neurovégétatif.
Fréquence annuelle des grossesses extra-utérines
Durant notre étude, 21 cas de grossesses extra-utérines ont été recensées au cours de l’année 2009. Par rapport au nombre total d’accouchements la fréquence relative est de 1.82 %. Ce chiffre est inférieur à ceux de la littérature :
• en France : 2.5% (41),
• en Guinée : 2.38% (42),
• aux Etats-Unis : 2% (41),
• à Madagascar des auteurs ont trouvé un taux plus élevé : 7.6% à Toliara (43) et à Antsiranana : 5.52% (44) s’expliquant par la recrudescence des IST.
Notre fréquence est sensiblement égale à celle de Befelatanana (1,8%). Notre taux bas peut s’expliquer de la façon suivante : l’existence de nombreux centres chirurgicaux à Antananarivo permet aux patients de choisir le lieu où elles veulent être opérées. Cependant, on peut dire que l’augmentation de la fréquence des GEU est liée à plusieurs facteurs :
• la recrudescence des infections sexuellement transmissibles,
• l’insuffisance de l’information sur l’intérêt de la planification familiale favorisant l’accroissement de la pratique des interruptions volontaires de grossesse.
Fréquence mensuelle et types de grossesse extra-utérine
Les GEU se voient par mois durant toute l’année. L’incidence est de 1 à 2 GEU par mois. Les types de grossesses extra-utérines rencontrés sont :
• les grossesses tubaires : 12 cas avec un pourcentage de 57.14 %. Ce résultat est inférieur à celui de la littérature qui est de 96%(17). De plus toutes nos GEU sont rompues.
• Ce fait peut s’expliquer par l’insouciance des patients vis à vis de leur état : elles ne consultent et ne viennent à l’hôpital que lorsque les signes sont importants.
• les hématocèles : 4 cas soit 19%des cas.
• les grossesses abdominales : 5 cas soit un pourcentage de 23.83%.
Ce taux est très frappant car la grossesse abdominale représente 2 à 3% des GEU selon les données de la littérature (14) (28). Elles viennent tardivement et le diagnostic de grossesse abdominale est fait aux 6e et 7e mois avec un fœtus déjà mort in abdomino. La surveillance de la grossesse est ainsi négligée rendant la conduite à tenir difficile.
Renforcement de l’information éducation et communication (IEC)
a) Information : Elle consiste à:
• informer surtout les femmes en âge de procréer, les jeunes, les cultivatrices et les ménagères sur la gravité de la grossesse extra-utérine, mettant en jeu le pronostic vital
• informer que chaque retard des règles nécessite une consultation pour confirmer ou infirmer une grossesse normale ou non. En cas de retard des règles surtout, si la femme présente des douleurs pelviennes accompagnées de métrorragie ou de petits saignements noirâtre sépia, il faut consulter un médecin pour une meilleure prise en charge,
• informer la femme enceinte que toute douleur abdominale ne doit pas être sous estimée et systématiquement considérée comme un malaise passager ou rétribuée à la « fatigue » et qu’un simple massage pourrait en avoir raison.
• Cette information va se faire au niveau des centres de santé par les personnels de santé lors des séances d’IEC, des visites systématiques ou des consultations prénatales qui consiste à :
-lui faire connaître les causes et les signes d’appel de la grossesse extrautérine,
-lui apporter l’aide et l’assistance concernant sa santé reproductive,
-l’initier à l’utilité des consultations prénatales systématiques lors d’une grossesse,
-lui apprendre l’impact du tabac sur la grossesse.
b) Education : les autorités administratives et traditionnelles, le corps enseignant sont en général les points d’appui privilégiés de l’éducation pour la santé; Il est important d’éduquer les jeunes à propos de la sexualité qui ne doit plus rester un sujet tabou dans une famille. Quand ces jeunes entrent dans le stade de la vie sexuelle, il est de notre devoir de renforcer la connaissance sur la santé de la reproduction en les persuadant de fréquenter les formations sanitaires. En effet, les centres de santé les aident dans leur prise de décision et ont pour but également de déceler et traiter les infections sexuellement transmissibles, sources de problèmes ultérieurs (stérilité, GEU, SIDA). Cette éducation ne peut se faire sans la présence d’un agent de santé spécialisé et formé dans ce domaine.
c) Communication : Elle a pour but de changer le comportement d’un individu en lui donnant des informations. Puisque les infections génitales sont les principales causes de cette pathologie il s’avère nécessaire d’en lutter contre ainsi les comportements sains sont recommandés pour prévenir les IST par l’adoption de l’A B C.
• A: Abstention : C’est le seul moyen de protection garantie.
• B: Bonne fidélité : Eviter les rapports sexuels avec des partenaires multiples pour ne pas attraper des infestions sexuellement transmissibles.
• C : Condoms (préservatifs) : Toujours utiliser les préservatifs pour ceux qui ont des partenaires multiples à chaque rapport sexuel. Pour empêcher les IST, les personnes à risque doivent l’utiliser même si elles se servent d’autres moyens contraceptifs. Sans oublier la sensibilisation pour la lutte contre le tabagisme. Les moyens de communication peuvent être la presse, la radio, la télévision, les affichages; les bandes dessinées.
|
Table des matières
INTRODUCTION
Première partie: Rappels théoriques
1- Rappels anatomophysiologiques
1-1Anatomie des organes génitaux externes
1-2 Physiologie
2- La grossesse extra utérine
2-1Définition
2-2 Historique
2-3 Epidémiologie
2-4 Anatomie pathologique
2-5 Pathogénie
2-6 Etude clinique
2-7 Examens paracliniques
2-8 Diagnostic différentiel
2-9 Traitement
2-10 Pronostic
Deuxième partie: Matériels et méthodes
1- Cadre d’étude
1-1 Situation géographique
1-2 Historique du CHD2 d’Itaosy et Maternité
1-3 Aspect démographique
1-4 Personnel
1-5 Organigramme du service
1-6 Organisation des activités au CHD2 Itaosy
2- Type d’étude
3- Durée de l’étude
4- Population d’ étude
4-1 Critère d’inclusion
4-2 Critère d’exclusion
5- Mode d’ échantillonnage
6- Outils de collecte de données
7- Variables et indicateurs
7-1 La variable dépendante
7-2 Les variables indépendantes
8- Mode de traitement des données
9- Les considérations éthiques et limites
Troisième partie: Résultats
1- Fréquence
1-1 Fréquence mensuelle
1-2 Différents types de grossesse extra utérine
1-3 Fréquence mensuelle des types de GEU
1-4 Place de la GEU parmi les interventions pratiquées à la maternité d’Itaosy
1-5 La grossesse tubaire
1-6 Hématocèle
2- Aspects épidémiologiques
2-1 Age
2-2 Gestité
2-3 Parité
2-4 Statut matrimonial
2-5 Profession
2-6 Provenance
2-7 Mode d’admission
2-8 Motifs d’admission
2-9 Habitudes toxiques
2-10 Age gestationnel
2-11 Antécédents gynéco obstétricaux
2-12 Examens complémentaires
2-13 Ponction de Douglas ou culdocentèse
2-14 Conduites thérapeutiques
2-15 Interventions chirurgicales
2-16 Suites opératoires
2-17 Séjour hospitalier
Quatrième partie: Commentaires et suggestions
1- Commentaires
1-1 Fréquence
1-2 Aspects épidémiologiques
2- Suggestions
2-1 Renforcement de l’Information Education et Communication (I E C)
2-2 Promotion de la planification familiale
2-3 Remise à niveau du personnel de santé
Conclusion
Bibliographie
Télécharger le rapport complet
