Classification des parasites intestinaux

Classification des parasites intestinaux

Education sanitaire et promotion de la prophylaxie individuelle:

L’éducation sanitaire constitue la pierre angulaire de l’action préventive, et nécessite la participation active de plusieurs intervenants. La presse vient en tête. Qu’elle soit écrite ou parlée, et notamment les moyens audiovisuels (radio, télévision et internet), elle joue un rôle important dans les compagnes de sensibilisation. Les différentes structures sanitaires (Dispensaires, centre de santé et hôpitaux) ainsi que les pharmacies ont une fonction de sensibilisation qui n’est guerre inférieure à celle de l’offre de soins. L’école également, est un pôle important, permettant l’éducation sanitaire des enfants et de leurs parents et la promotion des mesures d’hygiène de base devant être incluses dans les curriculums scolaires. L’éducation sanitaire vise généralement à promouvoir des comportements sains chez les individus en insistant sur l’abandon de l’usage des engrais humains, l’hygiène des mains qui consiste à se laver les mains fréquemment, surtout après chaque selle et avant chaque repas et à garder les ongles courts et propres, l’hygiène alimentaire qui impose le nettoyage soigneux des fruits et des légumes consommés crus, une bonne cuisson des viandes de boeuf ou de porc, une congélation ou une cuisson des poissons, le port de chaussures fermées en terrains boueux et l’abstention de se baigner en eau douce dans les zones où la Bilharziose sévit à l’état endémique…

Prévalence de l’infestation parasitaire chez l’enfant: Cette étude prospective a intéressé 412 enfants dont l’âge moyen était de 4,36 ans +/- 3,6 ans consultant à l’hôpital de jour de pédiatrie A au CHU Mmed VI de Marrakech. Tous les enfants ont bénéficié d’un examen parasitologique de selles et d’un test de Graham à la cellophane adhésive. Des résultats obtenus, il ressort que 23,8% de ces enfants, hébergeaient un ou plusieurs parasites intestinaux, soit un enfant sur quatre. Ce taux de prévalence globale est comparable à ceux rapportés par Ouaaba à Rabat (70), Ayadi en Tunisie (71), Bouchai en Thaïlande (72) et Park en Cambodge (73) et qui sont respectivement de 23,4%, 25,09%, 22,7% et 25,7%. Par contre, une étude faite en Turquie n’a retrouvé que 15% de portage parasitaire chez les enfants étudiés (74). D’autres études rapportent des taux de prévalence encore plus élevés que le notre, de l’ordre de 41,2% selon une étude faite par Amal à l’hôpital d’enfants de Rabat en 2005 (20), 56,62% au Sénégal selon Ndir (75) et 57,06% à Tiflet selon Aokbi (76). Des prévalences encore plus importantes étaient rapportées. En effet, au Maroc, Tchiche a trouvé un taux de 88,8% à Kenitra en 2004 (77) et au Brésil une étude chez 720 enfants d’âge compris entre 6 mois et 7 ans rapporte une prévalence de 77,2% (78). Le parasitisme intestinal dans notre étude était dominé par les protozoaires, parasites fortement liés aux mains salles et au péril fécal, et qui représentaient 56,88% de l’ensemble des parasites isolés. Cette observation rejoint celles faites par d’autres auteurs, mais les proportions rapportées étaient plus élevées, 76,91% selon Khales (11) et 97,05% selon Jemaaoui (12), sachant que dans ces deux études, il n’y a pas eu de test systématique à la recherche d’oxyure.

Selon la pathogénécité, les parasites pathogènes étaient prédominants, dans notre série, ils constituaient les deux tiers des parasites isolés, ils ont été représentés essentiellement par Entérobius vermicularis , Giardia intestinalis et Entamoeba histolytica . Entérobius vermicularis était le seul helminthe isolé lors de cette étude, et le parasite le plus prévalent avec un taux de 11,40%, prévalence qui s’approche de 10,3% retrouvée par Bouratbine à Tunis (79), 12,5% rapportée par Berrouch à Marrakech (21) et de 9,2% révélée par Hyung-jun Yoon en Corée (80). D’autres auteurs rapportent des taux de prévalence plus bas, 2,7% à rabat (20) et 0,3% en Nigeria (81). Cette prévalence élevée de l’Entérobius vermicularis retrouvée au cours de notre travail, peut être expliquée par la réalisation systématique et chez tous les enfants inclus dans l’étude, d’un test de Graham à la cellophane adhésive, méthode de choix pour la mise en évidence des oeufs d’oxyure (21, 82). Giardia intestinalis , sa prévalence était de 3,64%, il était présent chez un enfant sur six de ceux parasités. Ce flagellé était le plus prédominant des protozoaires, la même remarque était soulevée par plusieurs auteurs, Amal à Rabat (20), Ayadi en Tunisie (71) et Tchiche à Kenitra (77), mais les taux rapportés étaient plus élevés que le notre, ils sont respectivement de 19,5%, 12,59% et 23%. Ceci s’explique non seulement par les particularités liées au cycle biologique du parasite (l’émission irrégulière des formes kystiques), et la fragilité des formes végétatives, mais aussi par le degré d’infestation de l’individu, le pauci-parasitisme rend la détection du parasite d’autant plus aléatoire que le nombre d’examens parasitologiques de selles est faible. Ce qui sous-estimerait certainement la prévalence de Giardia intestinalis dans notre étude.

Ce parasite semble prédominer chez les enfants, essentiellement ceux vivant en collectivités, ceci s’explique par une forte exposition au péril fécal au bas âge, et probablement aussi par une plus grande sensibilité au parasite à cet âge. (20) Concernant l’espèce Entamoeba histolytica , sa prévalence ne dépassait pas 1,7%, et elle représentait le tiers des amibes isolées. Des prévalences aussi faibles ont été rapportées en Turquie (83) et en Tunisie (79), 1,1% et 2,5% respectivement. Amal a noté un taux de 4,1% à Rabat (20). Si l’on tient compte du fait que Entamoeba histolytica présente souvent des phases coprologiques muettes et l’examen d’un unique échantillon de selles, le taux que nous avons trouvé, sous estime certainement la prévalence réelle qu’on devrait retrouver. Pour Blastocystis hominis , parasite à pathogénicité controversée, il était présent chez 3,15% des enfants examinés. Il représentait à lui seul 20,96% des protozoaires et vient après Giardia intestinalis . La même prévalence était rapportée par Pinel à Grenoble (84), alors qu’il n’a pas était isolé par Adou Bryn (85), Diouf (86) et Estéfano Alves (87). Par contre, il a intéressé 16,9% des enfants examinés au cours de l’étude menée par Amal (20). Une autre étude Thaïlandaise (88) rapporte des prévalences variables, allant de 4,48% à 17,74%. Des taux encore plus importants ont été notés en Jordanie, au Philippines et au Brésil (de 20 à 40%) (88). La prévalence de Blastocystis hominis varie en fonction des méthodes diagnostics utilisées et du niveau d’hygiène de la population (88). Il constitue une entité à part, il est saprophyte du colon mais peut être retenu comme responsable de diarrhée ou même de rectocolite hémorragique en l’absence d’autre cause (16). Les parasites non pathogènes, étaient dominés par Chilomastix mesnili et Entamoeba coli .

Chilomastix mesnili a été isolé chez 2,18% des enfants examinés, le même taux était rapporté dans d’autres études réalisées en Tunisie (2,5%) (79) et en Turquie (2,9%) (83). Amal, lors de son étude menée à Rabat, a retrouvé ce parasite chez 1,4% des enfants examinés (20). Tandis que Carvalo-Costa note une prévalence plus élevée, de l’ordre de 5,9% (78). Par contre, Ayadi ne rapporte qu’un taux de 0,36% (11 cas parmi 3025enfants examinés) (71), d’autres études n’ont pas isolé ce parasite (72). Entamoeba coli , avait une prévalence de 1,7%, plus faible que celles rapportées par Bouratbine en Tunisie (79) et Amal à Rabat (20), et qui sont respectivement de 5,1% et 6,8%. Au cours de notre étude, aucun cas d’Ascaris lombricoïdes , Trichuris trichura , Strogyloides stercoralis , d’Ancylostoma duodénale ou de tænia n’a été isolé. Ayadi en Tunisie, n’a pas rapporté également de cas d’Ascaris ou de Trichocéphale (71), par contre, une prévalence de 1,4% pour l’Ascaris et le Trichocéphale, et de 0,7% pour l’Ankylostome était rapportée par Amal à Rabat (20), alors qu’il n’a pas détecté de Tænia (Tænia saginata ou Hymenolepis nana).

Influence du mode d’accouchement, d’allaitement et de l’âge de diversification: Certaines études rapportent la possibilité d’une infestation parasitaire en périnatal, essentiellement à Entérobius vermicularis (17). Est-ce que le mode de naissance influence le degré de portage parasitaire des enfants? A partir des résultats de notre étude, nous avons constaté que les enfants nés par voie basse étaient plus parasités que ceux nés par césarienne, sans qu’il y ait de différence statistiquement significative entre les deux groupes. Une étude intéressant une population de nouveaux nés pourrait mieux répondre à cette question.

Nous avons remarqué également, que les enfants allaités au sein étaient moins parasités que ceux dont l’allaitement était exclusivement artificiel. Cette différence est statistiquement non significative (p > 0,05). Alors qu’une étude menée chez 307 nourrissons, a montré que les enfants nés de mères porteuses d’anticorps anti-Giardia intestinalis dans leur lait, étaient protégés contre ce parasite et ils ont présenté moins d’épisodes diarrhéiques (94). Dans la même étude, l’analyse statistique par groupe d’âge a retrouvé également une différence significative (p=0,036) en terme de survie par rapport aux enfants dont les mères ne possèdent pas d’anticorps anti-Giardia (94). En effet, les parasitoses intestinales dues aux protozoaires ou aux helminthes, constituent l’une des principales causes de morbidité et de mortalité dans le monde entier (95). Des auteurs péruviens, ont fait le même constat chez les enfants allaités exclusivement au sein et qui avaient un faible risque d’avoir une infection à Giardia intestinalis par rapport à ceux non allaités. (96) Des résultats obtenus, nous avons constaté également que, plus la diversification se fait à un âge précoce, plus la prévalence du parasitisme intestinal augmente. L’allaitement maternel pourrait alors être un facteur protecteur contre les parasites intestinaux au bas âge, il permet en plus, de réduire la manipulation des repas qui peut être une source de contamination des nourrissons.

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Table des matières

Introduction
Matériel et méthodes
I. Lieu et population de l’étude
II. Collecte des données
III. Traitement des prélèvements
Résultats
I. Prévalence de l’infestation parasitaire chez l’enfant dans notre étude
1. Prévalence globale du portage parasitaire (index parasitaire simple I.P.S)
2.Etude de l’index parasitaire corrigé (I.P.C
3.Etude de l’index parasitaire spécifique (I.P.Sp)
3-1. Répartition Selon les différents parasites retrouvés
a. Les protozoaires:
a.1 . Les flagellés:
a.2 . Les amibes:
a.3 . Blastocystis hominis:
b. Les helminthes:
3- 2. Répartition selon la pathogénécité des parasites retrouvés
4.Etude de l’indice de polyparasitisme (I.P.P):
II. répartition en fonction de l’âge
III. répartition en fonction du sexe:
IV. répartition en fonction du lieu de résidence
V. Etude du degré d’infestation parasitaire en fonction des modes de naissance et d’allaitement
VI. Prévalence du parasitisme selon l’âge de diversification:
VII. Portage parasitaire et retard staturo-pondéral:
VIII. Impact des paramètres hygiéniques sur la prévalence du portage parasitaire:
1. Prévalence du portage parasitaire intestinal et accès à l’eau potable:
2. Degré d’infestation parasitaire selon le type de toilette:
3. Impact d’autres paramètres d’hygiène:
IX. Influence du niveau socio-économique sur le portage parasitaire
1.Le revenu mensuel des parents et son impact sur le degré de parasitisme
2.Degré de parasitisme en fonction de la scolarisation des parents
3.Importance du portage parasitaire en fonction de la scolarisation des enfants
4.Prévalence du portage parasitaire en fonction des biens de la famille
5.Portage parasitaire et promiscuité:
1. 1. Le nombre de pièces habitées
1. 2. Le nombre de fratrie
1. 3. Le nombre de personnes vivant dans le foyer
X. Impact des facteurs sociodémographiques, hygiéniques et socio-économiques sur la prévalence de chaque groupe de parasites
1. Les protozoaires
1. 1. Impact des facteurs sociodémographiques sur la prévalence des protozoaires
1. 2. Impact des facteurs hygiéniques sur la prévalence des protozoaires
1.3. Impact des facteurs socio-économiques sur la prévalence des protozoaires
2.Les helminthes
2. 1. Impact des facteurs sociodémographiques sur la prévalence des helminthes
2. 2. Impact des facteurs hygiéniques sur la prevalence des hélminthes
2. 3. Impact des facteurs socio-économiques sur la prevalence des hélminthes 42
XI. Prévalence de l’oxyurose en fonction de l’existence du prurit anal et du délai de la prise d’un traitement antihelminthique
1.Association prurit et oxyurose
2.Prévalence de l’oxyurose en fonction du délai de la prise du traitement anthelminthique
XII. Confrontation de l’examen parasitologique des selles au scotch test anal
Discussion
I.Rappel de parasitologie
1.Définitions
2.Classification des parasites intestinaux
3.Modes de transmission
3. 1. Transmission oro-fécale
3. 2. Transmission trascutanée
4.Moyens de diagnostic
4. 1. Diagnostic biologique
a. Modification de la formule sanguine
b. Examen parasitologique des selles
b. 1. Examen macroscopique des selles
b. 2. Examen microscopique direct
b. 3. Examen après techniques de concentration (RITCHIE simplifiée et KATO)
c. Test de GRAHAM à la cellophane adhesive (scotch test anal)
d. Diagnostic immunologique
e. Autres prélèvements
e. 1. Biopsie rectale
e. 2. Biopsie gastro-duodénale
4. 2. Diagnostic endoscopique
4. 3. Diagnostic radiologique
5.Description des parasites intestinaux retrouvés au cours de notre étude
5. 1. Les protozoaires
a. Les flagéllés
a. 1. Giardia intestinalis
a.2. Autres flagéllés intestinaux (Chilomastix mesnili et Entéromonas hominis)
b. Les amibes
b. 1. Entamoeba histolytica
b. 2. Autres amibes
c. Blastocystis hominis
5. 2. Les helminthes (Entérobius vermicularis)
6.Traitement antiparasitaire
6. 1. Les antiprotozoaires intestinaux
6. 2. Les antihélminthiques intestinaux
7.Prévention et prophylaxie
7. 1. Les actions médicales
a. Le dépistage
b. Les compagnes de déparasitage
7. 2. Les actions non médicales
a. Education sanitaire et promotion de la prophylaxie individuelle
b. La lutte contre le péril fécal
c. L’amélioration du niveau de vie de la population
d. Autres mesures préventives
II.Commentaire
1.Prévalence de l’infestation parasitaire chez l’enfant
2.Répartition en fonction de l’âge
3.Répartition en fonction du sexe
4.Répartition en fonction du lieu de résidence
5.Influence du mode d’accouchement, d’allaitement et de l’âge de diversification
6.Parasitisme intestinal et retard de croissance
7.Impact des paramètres hygiéniques
7. 1. L’accés à l’eau potable
7. 2. Le type de toilette utilisé
7. 3. L’existence d’un système public de ramassage des ordures ménagères
7. 4. La cohabitation avec des animaux
8.Le niveau socio-économique de la famille
8. 1. Impact du revenu mensuel des parents
8. 2. Portage parasitaire et niveau d’étude des parents
8. 3. La scolarisation des enfants
8. 4. Prévalence parasitaire et biens de la famille
8. 5. La promiscuité
9.Confrontation de l’examen parasitologique des selles au scotch test anal
10. Association prurit et oxyurose
11. Prévalence de l’oxyurose en fonction du délai de la prise du traitement
anthelminthique
Conclusion :
Annexes :
Résumés :
Bibliographie :

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