Télécharger le fichier pdf d’un mémoire de fin d’études
Les microorganismes rhizosphériques.
Les microorganismes sont très nombreux dans le sol et particulièrement actifs dans la rhizosphère grâce à l’exsudation de carbone organique effectuée par les racines lors du processus de rhizodéposition (Benizri et al., 2002; 2007). En effet, le flux des rhizodépots, de la racine vers la rhizosphère, constitue une source de carbone et d’énergie pour la microflore du sol (Hamdan, 2010). Il est estimé que 40 % du carbone assimilé par les plantes au cours de la photosynthèse est alloué au compartiment souterrain, avec des variations importantes suivant les espèces végétales et leur environnement. Le tiers de ce carbone permet l’élaboration de la biomasse racinaire, un second tiers est respiré par les racines, alors qu’un dernier tiers correspond à la rhizodéposition qui constitue une source d’énergie essentielle pour les microorganismes du sol (Hinsinger, 2010). Ainsi, la biomasse microbienne dans la rhizosphère vaut au moins le tiers de celle qui vit au-dessus du sol (Presott et al., 2008) et l’activité de la microflore y sont significativement plus élevées.
Diversité et spécificité des microorganismes rhizosphériques
De nombreuses recherches ont montré que la densité, la diversité et l’activité des microorganismes sont fortement élevées à proximité de la racine étant donné que c’est dans cette zone que ce manifeste l’effet rhizosphère (Hamdan, 2010). Parmi les microorganismes couramment rencontrés dans la rhizosphère se trouvent les bactéries dont la densité peut aller jusqu’à 109 par gramme de sol (Balasubramanian et Rangaswami, 1978), les champignons microscopiques environ 105 par gramme de sol (Soufiane, 1998 ; Morel, 1996), les virus, les algues, les protozoaires et un groupe très particulier qui est constitué par les actinomycètes ou bactéries filamenteuses dont la densité peut atteindre jusqu’à 107 par gramme de sol (Iwai et Takashi, 1992; Soufiane, 1998). Ils manifestent souvent un antagonisme vis-à-vis des autres bactéries et des champignons voisins; cet antagonisme résulte de la sécrétion de substances antibiotiques (Soufiane, 1998).
Propriétés et valorisations des microorganismes rhizosphériques.
Les microorganismes présents à proximité de la racine ont des propriétés différentes à celles du sol nu (sans végétation). Certains microorganismes rhizosphériques peuvent jouer un rôle majeur dans la décontamination du sol ou absorber les substances toxiques pour les transformer en composés moins toxiques (Paskiewicz, 2006). Ils jouent aussi un rôle dans la modification du pH du sol (acidification et alcalinisation) (Belyagoubi, 2014). Cependant, les rôles bénéfiques les plus connus sont l’amélioration de la croissance des plantes par divers mécanismes, la protection de la plante contre les agents pathogènes et l’amélioration de la propriété biotique et abiotique du sol (Schardl et al., 2004 ; Stefan et al., 2012). Il existe néanmoins des microorganismes rhizosphériques qui ne sont pas bénéfiques pour les plantes ou pour les autres organismes vivants dans le sol (Sharma, 2014). Ces agents pathogènes sont également capables de modifier les propriétés biologiques du sol et influencent ainsi négativement le développement des plantes (Sharma, 2014). Les interactions entre les microorganismes bénéfiques et non bénéfiques existent donc naturellement mais l’issue dépend généralement des propriétés du sol, de l’état physiologique de la plante et des aléas climatiques (Zhang et al., 2010).
Interaction entre la plante, le sol et les microorganismes
Il est connu depuis longtemps que la présence des microorganismes dans le sol affecte significativement la croissance des plantes (Ameur, 2011). Les interactions entre les microorganismes et la plante dans la rhizosphère sont nombreuses et variées. Les microorganismes présents dans le sol exercent une grande influence sur plusieurs mécanismes responsables de la santé et de la croissance des plantes. Ils régulent souvent la réponse de la plante aux stress environnementaux et contribuent au développement de celle-ci (Stefan et al., 2012). En effet, ces microorganismes contribuent au processus de croissance des plantes étant donné qu’ils s’activent dans le sol, rejoignent et stimulent l’ensemble de la microflore pour déclencher des réactions chimiques complexes qui sous-tendent les processus de transformation et de solubilisation des nutriments minéraux et organiques, et leur transport du sol vers la plante, pour être finalement absorbés par cette dernière (Robin,2012).
Les actinomycètes
Généralité sur les actinomycètes
Les actinomycètes sont des bactéries Gram positif avec un coefficient de Chargaff (% GC) élevé, allant de 51% chez certaines Corynebactéries, à plus de 70% chez les genres Streptomyces et Frankia, (Ventura et al., 2007). Ce sont des microorganismes procaryotes mais leur morphologie ressemble beaucoup à celle des champignons (eucaryote) à cause de la présence des filaments ramifiés et de sporulation au cours de leur croissance (Reponen et al., 1998). Toutefois, leurs propriétés chimiques, physiologiques, immunologiques les rangent parmi les procaryotes (Belyagoubi, 2014). Ces caractères s’ajoutent à d’autres comme le diamètre des hyphes, habituellement de 0,5 à 1µm (Eunice et Prosser, 1983), est deux à dix fois plus petit que celui des champignons (de 2 à 5µm) (Gottlieb, 1973) et confirment le bien-fondé de la classification des actinomycètes parmi les bactéries. Cette classification des actinomycètes est donnée dans l’annexe 3.
Structure des colonies d’actinomycète
Les colonies formées par les actinomycètes sur milieu solide sont très particulières. Elles résultent de l’accumulation des hyphes ramifiés et non pas de cellules comme le cas des bactéries non filamenteuses. Le diamètre des colonies est variable (1 à 10mm). L’aspect des colonies peut être compact, sec, lisse, rugueux à contours lisse ou échancrés. Elles sont souvent pigmentées (blanc, crème, jaune, violet, rose, gris) (Perry et al., 2004).
Ecologie et distribution
Les actinomycètes sont des microorganismes ubiquitaires et se rencontrent presque dans tous les habitats (Waksman, 1959) notamment le sol où ils jouent un rôle capital dans la décomposition des matières organiques même celles qui ne sont pas dégradables par les autres microorganismes. Le genre Streptomyces est le plus fréquent dans le sol.
Les eaux douces et marines constituent également des habitats pour les actinomycètes où l’on rencontre spécifiquement les genres Microspora, Actinoplanes et Streptosporangium. Les actinomycetes sont présents essentiellement dans les sédiments des fonds fluviaux et lacustres où ils jouent un rôle important dans la décomposition des débris végétaux et donnent à l’eau son odeur de terre ainsi que sa flaveur.
|
Table des matières
INTRODUCTION
SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE
I. LA RHIZOSPHERE DES PLANTES
II. LES MICROORGANISMES RHIZOSPHERIQUES.
II-1. Diversité et spécificité des microorganismes rhizosphériques
II-2. Propriétés et valorisations des microorganismes rhizosphériques
II-3. Interaction entre la plante, le sol et les microorganismes
III. LES ACTINOMYCETES.
III.1. Généralité sur les actinomycètes
III.2. Structure des colonies d’actinomycète
III.3. Ecologie et distribution
III.4. Importance environnementale et socio-économique des actinomycètes
Sur le plan environnemental
Sur le plan socio-économique :
IV. LES ACTINOMYCETES COMME PRINCIPALES SOURCES DE METABOLITES SECONDAIRES ET AGENTS BIOLOGIQUES.
IV.1. Les différentes sources de métabolites secondaires.
IV.2. La lutte biologique
MATERIELS ET METHODES
SECTION I : LES MATERIELS D’ETUDE
I. LA PLANTE D’ETUDE
II. LES SOUCHES MICROBIENNES
II.1. Origines des Souches
II.2. Le sol rhizosphérique
SECTION 2 : METHODES
I. ISOLEMENT DES SOUCHES D’ACTINOMYCETE
I.1. Préparation de la suspension dilution
I.2. Etalement sur milieu de culture solide
II. OBSERVATION DES CARACTERES MORPHOLOGIQUES DES SOUCHES
III. EVALUATION DE L’ACTIVITE ANTAGONISTE DES SOUCHES D’ACTINOMYCETE
III.1. Repiquage des souches d’actinomycète
III.2. Dépôt de la souche de Fusarium oxysporum
III.3. Lecture des résultats
IV. MESURE DES ACTIVITES BIOLOGIQUES DES METABOLITES SECONDAIRES
IV.1. Fermentation en milieu solide
IV.2.Extraction des métabolites secondaires
IV.3. Test d’activité antimicrobienne des métabolites secondaires
IV.3.1. Revivification et rajeunissement des germes tests
IV.3.2. Ensemencement des germes tests et dépôt des disques
RESULTATS ET INTERPRETATIONS
I.CARACTERISTIQUES MORPHOLOGIQUES DES SOUCHES D’ACTINOMYCETE ISOLEES22
II. PROPRIETE ANTAGONISTE DES SOUCHES D’ACTINOMYCETE ISSUES DE LA RHIZOSPHERE DE MARGOSE
III. ACTIVITE BIOLOGIQUE DES METABOLITES SECONDAIRES DES SOUCHES D’ACTINOMYCETE
DISCUSSION
CONCLUSION ET PERSPECTIVES
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Télécharger le rapport complet
