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PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES
Lors d’un maintien à une température suffisamment basse (revenu, vieillissement…), plusieurs phénomènes, se produisant éventuellement de façon simultanée, sont susceptibles de faire varier les propriétés mécaniques de l’acier 17-4 PH :
• la présence de 3 % de cuivre rend l’acier apte au durcissement structural.
• en-deçà de 550°C, on observe la formation d’une phase α’ riche en chrome. On parle aussi de démixtion fer-chrome.
• Enfin, précisons également qu’un revenu à une température suffisamment élevée induit une « restauration » de la structure martensitique (diminution de la densité de dislocations liée à la transformation martensitique et à l’écrouissage éventuel de l’acier).
Durcissement par précipitation
La présence de précipités dans un métal modifie les forces de freinage qui s’exercent sur les dislocations. En ajustant leur taille et leur répartition, on peut obtenir des durcissements matriciels très importants. Il convient de distinguer deux types de précipités :
• S’ils peuvent être traversés par les dislocations, on parle de précipités « cisaillables ». Ils sont petits et cohérents avec la matrice. Leurs interactions avec les dislocations3 sont de type élastique (effet de déformation à l’interface précipité-matrice, effet de module) ou chimique (création d’interfaces supplémentaires lors du cisaillement). La force de freinage qu’ils exercent croît avec leur taille.
• Lorsque les précipités deviennent trop gros ou perdent leur cohérence, il est plus facile pour les dislocations de les contourner que de les traverser. Ces précipités sont dits « contournables » et le freinage des dislocations est d’autant plus efficace qu’ils sont plus proches les un des autres. A fraction volumique constante, le durcissement est donc une fonction décroissante de leur taille.
La situation peut être schématisée ainsi (figure 16) :
Le durcissement maximal est obtenu pour un rayon « critique » correspondant à la transition entre le cisaillement et le contournement. Ce rayon est généralement assez faible (quelques nanomètres). Si le durcissement structural est le seul processus de durcissement d’un alliage, il existe alors un couple temps – température permettant d’atteindre la taille de précipités RC pour laquelle la dureté est maximale. Dans l’acier 17-4 PH, c’est la précipitation du cuivre qui est à l’origine du durcissement structural.
La démixtion fer-chrome conduit à la formation de très petites zones riches en chrome (de l’ordre du nm). Ces zones sont à classer parmi les précipités de type « cisaillable » et induisent un durcissement matriciel important.
LA SÉGRÉGATION INTERFACIALE
Le désordre atomique dans les joints γ est important et ces interfaces constituent incontestablement des sites préférentiels de ségrégation. La présence de phosphore dans les anciens joints de grains austénitiques est à l’origine de la fragilité de revenu de nombreux aciers présentant une telle structure. Elle a pu être mise en évidence par des méthodes directes (Spectrométrie Auger) ou indirectes : en effet, une attaque chimique par des réactifs appropriés à base d’acide picrique (tableau 4, page 62) conduit à la formation de sillons au droit des joints γ. Pour des conditions d’attaque fixées, la profondeur de ces sillons est corrélée empiriquement à la concentration de phosphore dans le joint.
Influence des interfaces :
Les interfaces (joints de grains par exemple) peuvent être considérées de manière assez générale comme des courts-circuits de diffusion : le déplacement des atomes le long d’une interface est souvent beaucoup plus rapide que dans le volume du matériau. Ceci tient au fait que la densité atomique moyenne dans une interface est plus faible que dans le volume du matériau. Par exemple, les cinétiques de ségrégation en surface sont nettement plus rapides pour des échantillons polycristallins. De la même façon, si on reprend le cas du phosphore dans une structure martensitique, on peut s’attendre à ce que la présence des parois interlattes ou des joints
α accélère la diffusion du phosphore vers les joints γ.
Influence de la densité de dislocations :
Les dislocations peuvent avoir 2 effets antagonistes sur la ségrégation :
Une ligne de dislocation constitue incontestablement un court-circuit de diffusion. Néanmoins, pour que son effet puisse se faire sentir sur la ségrégation intergranulaire, il faut qu’elle émerge, directement ou par l’intermédiaire d’autres lignes, sur la surface du joint de grain.
Une dislocation isolée agira plutôt comme un piège, que l’espèce diffusante considérée soit en position interstitielle ou substitutionnelle. La concentration en solution de l’espèce ségrégeant s’en trouve diminuée, ce qui ne peut que ralentir la cinétique de ségrégation.
Il semble donc difficile de prévoir a priori l’effet d’une structure martensitique sur les cinétiques de ségrégation, puisque des effets antagonistes sont mis en jeu.
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Table des matières
INTRODUCTION
CHAPITRE 1 : L’ACIER 17-4 PH
1. COMPOSITION CHIMIQUE DE L’ACIER
2. PRÉCIPITATION
2.1. Précipitation du cuivre
2.2. Démixtion fer-chrome
2.3. Précipitation des sulfures de manganèse
3. TRANSFORMATIONS DE PHASES
4. MICROSTRUCTURE
4.1. Les structures martensitiques en lattes
4.2. Taille de grain de l’acier 17-4 PH
4.3. Structure martensitique
4.3.1. Révélation de la structure en lattes par attaque chimique
4.3.2. Observation des micro-reliefs liés à la transformation martensitique
5. PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES
5.1. Durcissement par précipitation
5.2. Influence du revenu sur les propriétés mécaniques
5.3. Cinétiques de durcissement
CHAPITRE 2 : LA SÉGRÉGATION INTERFACIALE
1. THERMODYNAMIQUE DE LA SÉGRÉGATION INTERFACIALE
2. ASPECTS CINÉTIQUES DE LA SÉGRÉGATION INTERFACIALE
2.1. Approche analytique
2.2. Approche numérique
3. SÉGRÉGATION DANS LES STRUCTURES MARTENSITIQUES EN LATTES
3.1. Ségrégations sur les différents types d’interfaces
3.1.1. Cas des anciens joints de grains austénitiques (joints γ)
3.1.2. Cas des joints α
3.1.3. Cas des parois interlattes
3.2. Aspects diffusifs
3.2.1. Position du problème
3.2.2. Résultats expérimentaux
CHAPITRE 3 : LA FRAGILITÉ INTERGRANULAIRE
1. LA LIAISON MÉTALLIQUE
2. EFFET DE LA SÉGRÉGATION SUR LE TRAVAIL DE DÉCOHÉSION INTERGRANULAIRE
2.1. Approche thermochimique
2.2. Approche électronique
3. MÉCANISMES DE FISSURATION INTERGRANULAIRE. COMPARAISON CLIVAGE – RUPTURE INTERGRANULAIRE
3.1. Nucléation
3.2. Extension initiale
3.3. Franchissement d’un obstacle
3.4. Exemple
3.5. Correction plastique
4. LA TRANSITION DUCTILE-FRAGILE DANS LES MÉTAUX CLIVABLES
4.1. Origine de la transition ductile–fragile
4.2. Influence des paramètres métallurgiques sur la température de transition
4.2.1. Dureté
4.2.2. Taille de grain
4.2.3. Ségrégation intergranulaire
5. INFLUENCE DE LA DURETÉ ET DE LA TAILLE DE GRAIN SUR LA FRAGILITÉ INTERGRANULAIRE – CAS DES ACIERS
6. RÔLE DES JOINTS αDANS LES STRUCTURES MARTENSITIQUES EN LATTES
7. CAS DE L’ACIER 17-4 PH
CHAPITRE 4 : TECHNIQUES EXPÉRIMENTALES
1. DISPOSITIF DE VIEILLISSEMENT SOUS CONTRAINTE
1.1. Géométrie des éprouvettes destinées au vieillissement sous contrainte
1.2. Conception des fours
1.2.1. Chauffage – Régulation – Isolation
1.2.2. Application de la contrainte
1.2.3. Conditions de vieillissement
2. L’ESSAI CHARPY
3. LES TECHNIQUES D’ÉTUDE DE LA SÉGRÉGATION INTERFACIALE
3.1. La spectrométrie d’électrons Auger
3.1.1. Principe
3.1.2. Application à l’étude de la ségrégation intergranulaire
3.2. La métallographie
3.2.1. Principe
3.2.2. Mise en évidence de la ségrégation du phosphore
CHAPITRE 5 : RÉSULTATS ET DISCUSSION
1. FRAGILITÉ INTERGRANULAIRE À 450°C
1.1. Aspects fractographiques
1.1.1. Evolution du faciès de rupture après maintien à 450°C
1.1.2. Influence de la taille de grain
1.1.3. Influence de la dureté
1.2. Mise en évidence de la ségrégation intergranulaire à 450°C
1.2.1. Spectrométrie Auger sur joints rompus
1.2.2. Métallographie
1.3. Influence de la ségrégation du phosphore sur la température de transition ductile – fragile
2. FRAGILITÉ INTERGRANULAIRE À 600°C
2.1. Aspects fractographiques
2.1.1. Evolution du faciès de rupture après maintien à 600°C
2.1.2. Influence de la taille de grain
2.2. Métallographie
2.3. Influence de la ségrégation du phosphore sur la température de transition ductile – fragile
3. VIEILLISSEMENT EN CONDITIONS DE SERVICE
3.1. Cas de l’acier à « petits » grains (17,5 µm)
3.1.1. Enoncé des résultats
3.1.2. Cas de l’acier revenu à 600°C
3.1.3. Cas de l’acier revenu à 450°C
3.1.4. Influence de la contrainte
3.2. Cas de l’acier à « gros » grains (136 µm)
4. RELATION EMPIRIQUE
5. DISCUSSION : INFLUENCE DE LA DURETÉ ET DE LA TAILLE DE GRAIN SUR LA FRAGILITÉ INTERGRANULAIRE
5.1. Influence de la dureté
5.2. Influence de la taille de grain
5.2.1. Compétition clivage – rupture intergranulaire
5.2.2. Compétition rupture intergranulaire – rupture ductile
CONCLUSION
ANNEXES
Annexe 1 : Courbes de transition ductile – fragile
Taille de grain : 17,5 µm – Acier revenu à 450°C
Taille de grain : 17,5 µm – Acier revenu à 600°C
Taille de grain : 136 µm – Acier revenu à 450°C
Taille de grain : 136 µm – Acier revenu à 600°C
Annexe 2 : Traitement thermique de grossissement des grains
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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