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CLASSIFICATION DES TRANSFORMATIONS MARTENSITIQUES
Les alliages qui présentent une transformation martensitique ne possèdent pas tous l’effet mémoire de forme. Les conditions requises pour qu’un matériau possède cette propriété sont le faible étalement des températures de transformation et la réversibilité de la transformation. Généralement les transformations martensitiques sont classées en deux grandes catégories:
– Transformation non thermoélastique (ou par burst),
– Transformation thermoélastique.
Transformation martensitique non thermoélastique
Dans ce type de transformation, appelée également transformation par « burst », la nucléation est plus difficile que la croissance et cette dernière s’effectue par un processus d’avalanche, « burst », à une vitesse proche de celle du son, conduisant à des microstructures sévèrement déformées et largement irréversibles. Chaque variante de martensite croit très rapidement à travers le grain d’austénite jusqu’à ce qu’elle rencontre un obstacle: une autre variante, un joint de grain, un précipité, etc. … La transformation inverse ne peut alors se produire que par germination de la phase austénitique à l’intérieur des plaquettes de martensite (ou à partir de l’austénite résiduelle) Celle-ci ne retrouve pas généralement son orientation initiale. On rencontre ce type de transformation dans les alliages présentant de fortes hystérésis et généralement ils ne présentent pas, ou très peu, d’effet mémoire de forme (cas des aciers).
Transformation martensitique thermoélastique (à faible hystérésis)
Dans ce type de transformation, la germination est plus facile que la croissance, c’est à dire le mouvement des interfaces phase mère-martensite s’effectue par une succession de positions d’équilibre en fonction des forces motrices. Autrement dit, la formation continue de la martensite par germination et croissance de variantes est, dans ce cas, directement liée à la variation de la température et/ou de la contrainte. A une température T constante comprise entre MS et MF, les interfaces phase mère-martensite sont immobiles, et une variation de la température dans un sens ou dans l’autre entraîne le déplacement de l’interface de façon réversible dans un sens ou dans l’autre (avec une hystérésis). Ces transformations thermoélastiques se rencontrent généralement dans les alliages à faibles hystérésis.
ASPECT THERMODYNAMIQUE
D’un point de vue thermodynamique, la transformation martensitique est du premier ordre. La figure 9 représente schématiquement la variation de l’énergie libre de Gibbs des phases austénitique et martensitique en fonction de la température. Dans cette figure, on peut constater que la transformation (A M) se produit lorsque l’énergie libre de la martensite (Gm) est inferieure à celle de l’austénite (Gβ), c’est-à-dire pour les températures inférieures à la température d’équilibre T0. A T0 l’écart d’énergie libre chimique ΔGm-β des deux phases est nulle et l’équilibre thermodynamique s’établit tel que: GAMGMGAHAMTSAM =0 à T=T0
Si l’alliage est déchargé avant le point D, par exemple au point C’, l’échantillon retrouve la forme initiale en plusieurs étapes. La section C’F correspond à la décharge élastique de la martensite. En F (ε m-β), la transformation inverse martensite-austénite commence. La fraction de martensite décroît jusqu’à que la phase austénitique soit complètement restaurée (G). la section GH représente la décharge élastique de l’austénite. La déformation totale peut ne pas être complément récupérée.
On peut dire que l’effet superélastique est la traduction macroscopique de la transformation martensitique thermoélastique induite par la contrainte à une température supérieure à Af. La vérification de ce comportement à plusieurs T>Af permet de tracer les diagrammes de phases de type σ-T.
La figure 14 montre la schématisation de l’EMDSA: comme pour le cas de l’effet mémoire de forme simple sens, la forme prédéfinie est la forme qu’on trouve à l’état austénitique ou haute température (1). L’application d’une contrainte inférieure à la contrainte de la limite élastique de l’austénite (σ<σm-β) provoque une petite déformation élastique (2).
Lors d’un refroidissement jusqu’à l’état martensitique (3) on obtient une déformation importante grâce à la formation de variantes de martensite orientées dans les sens de la contrainte. Si on chauffe l’échantillon jusqu’à l’état austénitique (T>Af) on provoque le retour à la formation initiale lors de la transformation martensite-austénite (1). C’est l’effet mémoire de forme double sens assisté (EMDSA). On observe une augmentation des températures de transformation due à l’application de la contrainte. Cette augmentation suit en général un rapport linéaire avec la contrainte, dont la pente correspond à la loi de Clausius-Clayperon modifiée.
La figure 15 décrit ce comportement des alliages à mémoire de forme: le matériau est fortement déformé à l’état martensitique (1), cela introduit des dislocations qui vont stabiliser les configurations de plaquettes de martensite. Durant le chauffage jusqu’à l’état austénitique (2), les variantes disparaissent mais les dislocations restent. Lors du refroidissement ultérieur (3), les dislocations favorisent par leur champ de contrainte la même configuration des variantes de martensite. Cela provoque un changement de forme macroscopique entre la phase haute température et la phase basse température. C’est l’effet mémoire de forme double sens (EMDS). Tant que les dislocations existent, l’EMDS apparaîtra de façon répété (2-3) [31, 33].
On peut classer aujourd’hui en 5 groupes les alliages à mémoire de forme connus, dont deux groupes sont encore en cours de développement. Nous allons développer l’exposé concernant l’alliage TiNi, bien que ces alliages soient les plus connus car ce sont les alliages qui vont faire l’objet de notre travail de recherche.
L’inconvénient majeur de cet alliage est sa mauvaise tenue à la température. En effet, l’exposition à des températures supérieures à 100ºC provoque une décomposition de la phase austénite et une apparition de précipités. Ces précipités ont tendance à diminuer Ms et peuvent même inhiber la transformation s’ils sont trop nombreux.
Enfin, ce type d’alliage présente relativement facilement une stabilisation de la martensite. Ce terme sera développé un peu plus loin. Signalons simplement que la stabilisation de la martensite désigne le fait que la phase martensitique se transforme en austénite plus difficilement ( températures de transformation austénitiques plus élevées)
• une bonne tenue mécanique.
• des propriétés thermomécaniques intéressantes.
• un comportement en fatigue nettement supérieur à celui de ses principaux concurrents (les alliages à base Cu).
• des propriétés chimiques satisfaisantes, comme sa bonne résistance à l’oxydation et à la corrosion en milieu marin.
• Et même si leur biocompatibilité est toujours sujette à caution un certain nombre d’applications médicales existent à ce jour.
L’inconvénient majeur que présente cet alliage est lié à sa mise en œuvre délicate et donc à son coût. Du fait de la dureté du matériau, des techniques sophistiquées comme l’électroérosion, découpe par jet d’eau et usinage laser, doivent être envisagées pour la réalisation de pièces de géométrie complexe, ce qui engendre des couts de production élevés. Les principales propriétés associées à la transformation martensitique des alliages à mémoire de forme sont la pseudo-élasticité et l’effet mémoire de forme. Cependant, il existe un grand nombre d’autres propriétés qui changent lors de la transformation martensite-austénite. Le tableau 3 réunit quelques propriétés du TiNi pour les deux phases.
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Table des matières
Introduction générale
CHAPITRE -ІGENERALITES SUR LES ALLIAGES A MEMOIRE DE FORME
І-1 Introduction
І-2 Transformation martensitique
І-2-1 Définition
І-2-2 Caractéristiques principales
І-2-3 Caractéristiques géométriques
І-2-4 Caractéristiques cristallographiques
І-2-5 Caractéristiques physiques
І-2-6 Classification des transformations martensitiques
І-2-7 Aspect thermodynamique
І-2-8 Aspect mécanique de la transformation martensitique thermoélastique
CHAPITRE -IIPROPRIETES THERMOMECANIQUES DES ALLIAGES A MEMOIRE DE FORME
II-1 Introduction
II-2 Propriétés thermomécaniques des AMF
II-2-1 Effet caoutchoutique
II-2-2 Effet superélastique
II-2-3 Effet mémoire de simple sens
II-2-4 Effet mémoire de forme double sens assisté (EMDSA)
II-2-5 Effet mémoire réversible ou double sens (EMDS)
II-3 Les familles des alliages à mémoire de forme
II-3-1 Les alliages base cuivre
II-3-1.1 CuZnAl
II-3-1.2 CuAlNi
II-3-1.3 CuAlBe
II-3-2 Les alliages base de fer
II-3-3 Alliages base Titane-Nickel
II-3-3.1 Quelques caractéristiques de l’alliage TiNi
II-3-3.2 Diagramme d’équilibre
II-3-3.3 Phénomène de précipitation
II-3-3.4 Effet des éléments d’addition
II-3-3.5 Aspect physique
a) Transformation martensitique des Ti-Ni
b) La transformation prémartensitique.
c) La transformation martensitique
II-3-3.6 Aspect mécaniques
a) Traitements thermomécaniques
II-4 Applications des alliages a mémoire de forme
II-4-1 Applications biomédicales
II-4-2 Applications aérospatiales
II-4-3 Applications automobiles
II-4-4 Applications textiles
II-4-5 Autres exemples d’applications
CHAPITRE – III – PROCEDURES ET TECHNIQUES EXPERIMENTALES
III-1 Introduction
III-2 Alliage et traitements thermiques
III–2-1 Protocole d’étude
III-2-2 Choix de l’alliage
III-2-3 Tréfilage du fil
III-3 Techniques de caractérisation
III-3-1 Introduction
III-3-2 Mesure de résistivité (RE)
III-3-3 Analyse thermique différentielle (DSC)
III-3-4 Pouvoir thermoélectrique (PTE)
CHAPITRE -ІVRESULTATS ET DISCUSSION
ІV-1 Introduction
ІV-2 Résultats et discussion
ІV-2-1 Mesure en calorimétrie (DSC)
ІV-2-2 Mesure de la résistance électrique (RE)
ІV-2-3 Mesure du pouvoir thermoélectrique (PTE)
ІV-2-3.1 Influence du taux d’écrouissage
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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