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Organisation de la polarisation
Evolution de la polarisation
Les familles ferroélectriques
Les cristaux perovskites sont les mieux étudiés. Ce sont des ferroélectriques displacifs dont le type est la pérovskite CaTiO3. Ils ont, pour les plus simples, des formules chimiques A1+B5+O3 (KNbO3 …) ou A2+B4+O3. (BaTiO3, PbTiO3, PbZrO3 …) (Figure I-11a). Les céramiques obtenues à partir de solutions solides de cristaux pérovskites sont parmi les ferroélectriques les plus utilisés, notamment pour les condensateurs à forte capacité, les éléments piézoélectriques, les capteurs infrarouges ou les mémoires non volatiles. On peut citer PZT (Pb(Zr,Ti)O3) et BST ((Ba,Sr)TiO3). Les liobates (LiNbO3 ou LiTaO3) sont assez similaires à la pérovskite hormis une structure triclinique dans la phase ferroélectrique. Ils sont utilisés comme éléments piézoélectriques ou comme éléments pour l’optique non linéaire.
Les bronzes de tungstène (par exemple Ba2NaNb5O15) (Figure I-11b) sont connus pour leur température de Curie élevée (environ 600°C) et sont surtout utilisés pour la génération de seconde harmonique en optique.
La famille de Sr2Nb2O7 (Figure I-11c) présente les températures de Curie parmi les plus élevées, TC0 = 1342 °C par exemple pour Sr2Nb2O7. La température de Curie peut être cependant modulée en jouant sur la composition du matériau. Les solutions solides Sr2(Nb1-xTax)O7 voient ainsi leur température de Curie varier de 1342 °C à -107 °C selon la valeur de x.
Le TGS ((NH2CH2COOH)3•H2SO4) et le sel de la Rochelle (NaKC4H4O6•4H2O) sont les cristaux de type ordre – désordre les mieux étudiés. Ils sont cependant peu utilisés.
Les monocristaux sont difficiles à réaliser (croissance par épitaxie par exemple) et leur coût d’élaboration est élevé. Ils présentent cependant des caractéristiques (Ps, Pr) parmi les plus élevées. Les céramiques sont généralement élaborées par voie solide (frittage) [I-22] à partir de solutions binaires ou ternaires. Elles s’organisent en grains séparés par des joints (Figure I-12). Ce sont des polycristaux dans la mesure où chaque grain peut être considéré comme un monocristal. Les couches minces sont également de structure polycristalline, elles se présentent sous forme de films de faible épaisseur (au plus quelques micromètres). De fait, elles sont élaborées par dépôt (méthode sol-gel [I-23], pulvérisation [I-24], évaporation [I-25], déposition par vaporisation chimique [I-26]…). Les composites sont des cristallites noyées dans des résines, des polymères…
On peut aussi exprimer son enthalpie libre (énergie de Gibbs) qui potentiel thermodynamique : dG = − SdT − PdEi i − M j dH j − ekl dσ kl (I-21) joue le rôle de (I-22)
Dans cette expression, on a introduit la somme implicite sur les indices répétés en utilisant la convention d’Einstein.
Cette loi a ensuite été adaptée aux cas des matériaux ferroélectriques. Elle permet de donner une bonne description de l’évolution du comportement diélectrique et piézoélectrique dans la zone II, notamment pour les couches minces [I-48] [I-49] [I-50]. On a alors :
ε(Eexc) = ε(0) + αεE Eexc (I-36)
ε(σexc) = ε(0) + αεσ σexc (I-37)
d(Eexc) = d(0) + αdE Eexc (I-38)
d(σexc) = d(0) + αdσ σexc (I-39)
ε(0) et d(0) sont respectivement la permittivité et le coefficient piezoélectrique du matériau pour une contrainte appliquée nulle. αεE, αεσ, αdE et αdσ sont les coefficients intrinsèques au matériau représentant l’influence des sauts de parois de domaines. Ce paramètre dépend fortement du potentiel subit par la paroi et donc de son environnement. Plus il y a de défauts dans le matériau, plus la paroi a de chance de rester piégée dans un puits profond et donc de vibrer autour de cette position d’équilibre. Le paramètre α de la loi de Rayleigh est ainsi sensible à la densité de défauts dans le matériau.
Lorsque la contrainte appliquée est trop élevée, le basculement de polarisation globale intervient et la courbe expérimentale s’éloigne de la loi de Rayleigh [I-49]. La difficulté principale de cette loi est de déterminer correctement les champs de seuil Eth1 et Eth2, bornes de l’intervalle d’ajustement des courbes expérimentales. Une détermination erronée de ces deux champs conduit à une valeur incorrecte de α. Sur les matériaux doux, par exemple, le champ de seuil Eth1 est grand et seule une faible partie de la zone II est mesurée. Il est alors difficile de bien repérer le champ de seuil ainsi que la variation linéaire de ε et d et l’on se trouve réduit à utiliser un polynôme d’ordre deux ou trois [I-51].
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Table des matières
I- Introduction
II- Notion de ferroélectricité
II-1- Définition d’un matériau ferroélectrique
II-2- Description de la polarisation
II-2-a-Origine de la polarisation
II-2-b-Organisation de la polarisation
II-2-c-Evolution de la polarisation
II-3- Propriétés cristallographiques des ferroélectriques
II-3-a-Les différentes classes cristallines
II-3-b-Les différents types de matériaux ferroélectriques
II-3-c-Les familles ferroélectriques
II-3-d-Les différents types de cristallisation d’un ferroélectrique
III- Effet d’un champ électrique
III-1- Propriétés diélectriques
III-1-a-Permittivité diélectrique
III-1-b-Cycles papillon et d’hystérésis
III-2- Propriétés piézoélectriques
III-2-a-Coefficients piézoélectriques
III-2-b-Cycles papillons et d’hystérésis
IV- Effet d’une contrainte mécanique
V- Modèles
V-1- Approche thermodynamique de Landau
V-2- Description empirique des cycles
VI- Mouvement des parois de domaine
VI-1- Description du phénomène
VI-2- Modélisation du mouvement des parois
VI-2-a-La loi de Rayleigh
VI-2-b-La loi hyperbolique
VI-3- Evolution des paramètres
VI-3-a-Rôle des défauts sur la mobilité des parois
VI-3-b-Rôle de la température sur la mobilité des parois
VII- Conclusion
Références
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