Historique du concept et définition de la société civile
Étymologiquement, il vient du latin « societas civilis », l’équivalent de « res publica », ces derniers termes étant eux-mêmes adoptés du grec « polis » (qu’on peut traduire par Cité ou Etat) ou « koinonia politike » (l’ensemble des citoyens ou la communauté politique). Depuis le 16ème siècle, les définitions relatives à la société civile ont varié considérablement selon les points de vue et les intérêts des auteurs. De l’avis général néanmoins, elle est le résultat de l’imaginaire social de la modernité. La plupart de grands penseurs politiques ont traités le sujet. Quelques exemples. Au 17ème siècle, le mot composé « société civile » apparaît pour la première fois chez Thomas Hobbes (1588-1679) en 1640. Dans « Element of Law », le philosophe anglais le définit comme résultat de « l’union des hommes » et de « leur volonté » de créer un ordre politique organisé et pacifique. Hobbes, un des pères fondateurs de la pensée politique moderne, oppose la société civile (associée à la société politique bien ordonnée) à la société naturelle ou prémoderne. Au 18ème siècle, J.J. Rousseau prend distance par rapport à la dichotomie de Hobbes et distingue un processus à trois éléments : l’état de nature (niveau familial), la société civile (c’est-à-dire civilisée) et la société politique ou l’Etat (en tant que domaine où se résolvent les insuffisances des deux dernières). Après, Hegel va éclaircir cette situation intermédiaire de la société civile en disant que celle-ci n’est pas l’Etat, mais que c’est ce dernier qui la rend possible. Karl Marx, au 19ème siècle, utilise l’expression de société civile dans le sens de société de citoyens. Globalement, le terme a hérité, sous sa forme actuelle, de traits anciens qui portent la trace de leur long cheminement à travers des contextes culturels multiples. Mais il est aussi porteur de traits propres à la dynamique et à la complexité du monde contemporain.
Organisation et fonctionnement
Les articles 13 et suivants de la loi 96-030 définissent les règles essentielles devant régir l’organisation et le fonctionnement de l’ONG. Une ONG doit avoir un organe, un statut, des règlements intérieurs, un budget pour son fonctionnement. Les organes les plus importantes qu’une ONG doit avoir sont :
– l’Assemblée Générale est l’organe suprême de décision et de délibération de l’ONG ;
– le Conseil d’Administration a des pouvoirs d’orientation et de suivi. Il détient également des pouvoirs destinés à assurer la pérennité, le professionnalisme, l’efficacité, la qualité des prestations, la bonne gestion financière et le recrutement rationnel du personnel de l’ONG ;
– le Comité directeur ou Direction est l’organe d’exécution : c’est l’organe technique, opérationnel de l’ONG ;
– le Commissaire aux Comptes est l’organe de contrôle. L’ampleur et les dimensions des activités des ONGs peuvent être différentes. La latitude est ainsi donnée aux ONG de prévoir la forme que doit prendre la Direction et les modalités d’exercice des fonctions du Commissaire aux Comptes.
Quant au statut, le statut d’une ONG doit être librement conçu, rédigé et approuvé par les fondateurs. Il tient lieu de véritable loi interne. Certes, il ne doit pas aller à l’encontre de la loi et des règlements mais il doit constituer une règlementation de base pour l’ONG et être, de ce fait, spécifique à chaque ONG. Il doit servir uniquement de guide pour les fondateurs. Le contenu du statut doit être profondément débattu, élaboré pour être conforme à la mission et aux objectifs visés par l’ONG et adapté aux moyens dont l’ONG dispose, en se souciant de le rendre le plus spécifique possible. Les ONGs doivent avoir un règlement intérieur équivalant à la charte de fonctionnement de l’ONG ou encore à son manuel de procédures internes. En d’autres termes, c’est le texte d’application du statut. Pour l’élaborer, les membres doivent se référer à chaque titre et article du statut et en développer les détails qui doivent décrire les procédures de fonctionnement de l’ONG. De ce fait, il doit être le plus exhaustif possible et être rédigé à l’image de l’ONG. Le statut et le règlement intérieur sont approuvés lors de l’Assemblée Générale constitutive. Chacune de ses pages est paraphée par le Président de l’ONG.
Le lien entre la société civile et le développement social
Le développement social, c’est améliorer le bien-être de chaque personne dans la société pour qu’elle puisse réaliser son plein potentiel. Le succès de la société est lié au bien-être de tous les citoyens.Le développement social signifie qu’il faut investir dans la population. Il est nécessaire d’éliminer les obstacles empêchant les citoyens à réaliser leurs rêves avec confiance et dignité. Il ne faut pas se résigner au fait que les gens qui vivent dans la pauvreté seront toujours pauvres. Le développement social, c’est aider les personnes pour qu’elles puissent progresser sur la voie de l’autosuffisance. Tous les bénéficiaires doivent avoir des possibilités de croître, de développer leurs compétences et de contribuer à la vie familiale et communautaire d’une façon significative. S’ils sont en santé, bien éduqués et formés au moment d’entrer sur le marché du travail et qu’ils peuvent gagner un salaire convenable, ils seront mieux préparés pour subvenir à leurs besoins fondamentaux et pour avoir du succès. Ainsi, leur famille ira mieux et toute la société en profitera. L’apprentissage doit commencer à un très jeune âge. En investissant dans les initiatives d’apprentissage de la petite enfance, nous pouvons assurer le succès accru des citoyens. Le fait de veiller à ce que les enfants aient une bonne éducation au départ accroîtra leur chance de réussir plus tard. Pour favoriser le succès de la société, il est aussi important d’avoir des services de garderie abordables et de qualité supérieure. Lorsque les gens savent que leurs enfants sont entre bonnes mains, ils peuvent être plus productifs au travail. Lorsque les employeurs ont de bons employés, leur entreprise fonctionne mieux, ce qui permet d’améliorer la situation économique de la communauté. Le fait d’investir maintenant dans de bons programmes de garde peut représenter des avantages économiques à long terme pour la société. De plus, pour aider les personnes à atteindre l’autosuffisance, il est essentiel qu’elles aient accès à un endroit sécuritaire et abordable où vivre. Le logement est le cœur de la famille, l’endroit où les familles vivent en sécurité, élèvent leurs enfants, nouent des relations avec la communauté et prennent soin des parents vieillissants. Sans logement décent, il est difficile d’être un membre productif de la société . Les programmes et les services à la jeunesse, l’éducation postsecondaire, la création d’emploi, la promotion d’une vie active saine et des communautés sûres sont d’autres types d’investissements dans la population qui favorisent la prospérité économique de la société. Pour réduire la pauvreté, nous devons adopter une approche de développement social et investir dans notre population. En choisissant d’investir dans la population, nous pouvons réduire la pauvreté. Il ne faut pas seulement se limiter au gouvernement pour trouver des façons d’exploiter notre ressource la plus précieuse, soit notre population. Nous devons partager la responsabilité avec les organismes communautaires, les entreprises, les universités et les municipalités en ce qui concerne l’amélioration du bien-être des bénéficiaires et la prévention et la réduction de la pauvreté
Le centre social « TSIRY »
En octobre 1995, au cœur de la capitale malagasy Antananarivo, Zaza Faly a fondé le Centre Social «TSIRY ». L’objectif principal de la structure repose sur l’accueil et le suivi des « groupes d’enfants des rues» qui fréquentent différents quartiers de la capitale. Ces enfants travaillent au jour le jour pour trouver à manger ou pour aider leurs ramilles. Plusieurs s’efforcent durant 12 heures par jour, soit en faisant des tâches ménagères, soit en revendant des déchets, soit en vendant quelques articles sur le marché, dans le but de gagner quelques sommes d’argent leur permettant de survivre. En tenant compte de leurs mentalités et leurs habitudes, le personnel du Centre Social a permis à ces enfants d’évoluer dans des meilleures conditions de vie, et leur a assuré une réinsertion progressive dans la société. Le Centre « Tsiry » est devenu un lieu familier pour les 250 enfants âgés de 3 à 16 ans du lundi au vendredi La structure permet à ces enfants de se laver et de bien entretenir leurs vêtements. Une équipe travaille quotidiennement et les accompagne dans ces différentes démarches. Aussi, des repas complets et variés, riches en oligo-éléments sont distribués chaque midi et une aide médicale leur est apportée en cas d’hospitalisation. Afin d’encourager l’alphabétisation et la réinsertion sociale des enfants, quatre professeurs animateurs éducateurs proposent un programme de scolarisation pour les enfants âgés de 5 à 16 ans. Une classe d’alphabétisation accueille 35 enfants entre 7 à 13 ans, leur apprenant à éviter le comportement négatif de la vie de rue. MANDA accueille également un groupe de 45 enfant en âge préscolaire de 5 à 9 ans. Pour ces deux classes, chaque après-midi de 14 heures à 16 heures, un temps est réservé à la pratique des activités manuelles et artisanales afin d’encourager les enfants à être des élèves responsables de leurs études et à prendre des responsabilités dans la vie. Les différentes activités du Centre doivent permettre aux enfants de prendre conscience de la situation dans laquelle ils se trouvent, de reprendre confiance en eux et de leur offrir des perspectives d’avenir. Ainsi depuis 2005, Manda participe à l’initiative ASAMA11, du PNUD12, en faveur de la scolarisation des enfants à Madagascar. Deux classes ASAMA accueillent une cinquantaine d’enfants âgés de 12 à 18 ans. Ce projet consiste en une formation scolaire intensive d’une année (5 jours par semaine à hauteur de huit heures de cours par jour) et débouche sur l’obtention du premier diplôme d’Etat reconnu, le CEPE13. Les enfants ayant obtenu le diplôme d’Etat peuvent s’inscrire dans des écoles publiques ou dans l’une des trois formations professionnelles dispensées par MANDA. Les classes ASAMA possèdent par semaine deux après-midi de libres pour la mise en place d’ateliers d’arts plastiques et de sports
|
Table des matières
REMERCIEMENTS
LISTE DES ABREVIATIONS
LISTE DES TABLEAUX
LISTE DES FIGURES
INTRODUCTION
PARTIE I : CADRE CONCEPTUEL DE L’ETUDE
CHAPITRE I : Concept général de la société civil et de ONG
SECTION 1 : Les sociétés Civiles
1.1 Concept et Définition
1.2 Role et caractérisation de la société civile
1.3 Mode d’organisation de la société civile
SECTION 2 : L’organisation non gouvernementale
2.1 Définition de l’ONG
2.2 Raison d’existence et références des textes
2.3 Principes d’actions
2.4 Organisation et fonctionnement
CHAPITRE II : Concept général du développement et de la pauvreté
SECTION 1 : Le développement
1.1 Les objectifs de développement
1.2 Les du millénaire pour le développement
1.3 Les objectifs de développement durable
SECTION 2 : Concept s généraux de la pauvreté
2.1 Définitions de la pauvreté
2.2 Les indicateur de la pauvreté
2.3 Les liens entre la société civile et le développement social
SECTION 3 : Méthodologie
3.1 La technique
3.1.1 La documentation
3.2 L’étude du milieu
3.2.1 L’Observation
3.2.2 L’entretien
PARTIE II : ONG MANDA AU CŒUR MEME DU DEVELOPPEMENT
CHAPITRE I : Présentation générale de l’ONG
SECTION 1 : L’ONG MANDA
1.1 Historique
1.2 Les origines des gens des rues
1.3 Les projets de l’ONG MANDA
1.3.1 Le centre social TSIRY
1.3.2 L’Atelier de formation et de Menuiserie FELANA
1.3.3 L’Atelier de formation en tissage et couture VONY
1..3.4 Le projet tourisme
1.4 Les ressource
1.4.1 Ressources alimentaires et financières
1.4.2 Ressources matérielles
SECTION 2 : Le fonctionnement de chaque entité au sein de l’ONG MANDA
2.1 Attribution de chaque poste
2.2 L’organisation du personnel de l’ONG
CHAPITRE II : Les activités de développement de l’ONG MANDA
SECTION 1 : Les activités d’insertion sociale de l’ONG
1.1 L’hébergement
1.2 Le volet éducation
1.2.1 La scolarisation par le placement des enfants de rue
1.2.2 ASAMA
1.2.3 Une classe d’alphabétisation
1.3 L’éducation morale et sanitaire
1.4 Les aides socioéconomiques et l’éducation pour les enfants
1.5 Un exemple de grand projet mise en place par l’ONG
1.5.1 Les bénéficiaire du projet
1.5.2 Stratégie pour les enfants en situation de rue
1.5.3 Enfant / Famille
1.5.4 Société / Communauté
1.5.3 Caractéristiques du groupe cible
SECTION 2 : Les activités d’insertion professionnelle de l’ONG
2.1 La formation en tissage
2.2 La formation en Menuiserie
2.3 La formation en guide touristique solidaire
SECTION 3 : Les autres activités
3.1 Volet animation
3.2 Prise en charge et accompagnement des parents
3.2.1 Distribution de micro crédit
3.2.2 Le paiement des loyers
3.3.3 L’école des parents
PARTIE III : ANALYSE ET PROPOSITION DE SOLUTION
CHAPITRE I : ONG MANDA, Vers un développement
SECTION 1 : Vers un développement économique des bénéficiaires
1.1 La réduction du taux de la pauvreté et amélioration des conditions de vie
1.1.1 La réinsertion des familles par le travail
1.1.2 Une formation adaptée pour les parents
1.2.3 Renforcer les activités génératrices de revenu des familles
1.2.4 Appui pour renforcer l’augmentation de revenus
1.3 Améliorer le cadre de vie de la famille
SECTION 2 : Vers un développement humain des bénéficiaires
2.1 Ouverture esprit des jeune en situation de groupe
2.2 Un meilleur suivi scolaire des par les parents
2.3 Renforcement des relations parents enfant
2.4 Le Résultat d’actions de l’ONG
2.5 Accès aux différentes infrastructures sociales
2.6 Renforcer l’éducation sanitaire et planning familial
SECTION 3 : Les problèmes rencontrés dans les activités de développement
CHAPITRE II : Des améliorations pour plus de développement des bénéficiaires
SECTION 1 : Les solutions possibles afin de résoudre ces problèmes
SECTION 2 : D’autre suggestion pertinente pour l’ONG
2.1 Prise en charge psychologique des enfants de la rue
2.2 Implication psychosociale dans la scolarisation des enfants de la rue
2.3 Suggestions pour améliorer les activités d’insertion socio-professionnelle
2.4 Suggestions pour les centres et le service social
2.5 Suggestion pour la société
2.6 Pour les sociétés civiles en général
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
Télécharger le rapport complet
