INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES
LES JEUNES ADULTES ET LA CONTRACEPTION
Les adolescents actifs sexuellement ont besoin d’une contraception sûre et efficace, leur assurant ainsi une protection optimale contre les infections sexuellement transmissibles et les grossesses précoces qui peuvent compromettre leur avenir ou même leur vie.
INFORMATIONS SUR LA FECONDITE
Beaucoup d’études sur les connaissances des adolescents en matière de grossesse et de fécondité ont conclu que les adolescents avaient des informations insuffisantes.La santé reproductive de l’adolescent marocain.L’étude réalisée en Côte D’ivoire a révélé que seuls 57 % des adolescents interrogés connaissaient la période d’ovulation au cours du cycle menstruel. (29) En Jamaïque, une étude concernant 500 étudiants âgés de 15 ans à 21 ans a montré que seuls 4 % des filles et 10 % des garçons savaient que le risque de grossesse était plus élevé en milieu du cycle menstruel et que seuls 27 % des filles et 32 % des garçons affirmaient que la grossesse pouvait survenir dès le premier rapport sexuel. (23) Au Sénégal, sur 208 filles enquêtées, 40.9 % ont répondu correctement à la question relative à la période de fertilité chez la femme. (17).En Inde, une étude a révélé que 80 sur 100 adolescentes venues se faire avorter à l’hôpital, ignoraient que les rapports sexuels étaient la cause de leurs grossesses. Une autre étude faite au Burkina Faso en 2004 et publiée en 2006, a révélé que 33 % des filles et 40 % des garçons ignoraient qu’une fille pouvait tomber enceinte à la suite de son premier rapport sexuel. En outre 24 % des filles et 22 % des garçons ont déclaré qu’une fille avait plus de chance de tomber enceinte au milieu du cycle (32). Dans notre enquête, 42.5 % des garçons et 48.2 % des filles croyaient que la grossesse ne survenait qu’au milieu du cycle menstruel, 66.7 % de garçons et 65.5 % de filles ont affirmé que la grossesse pouvait survenir après un seul rapport sexuel non protégé, 33.8 % des garçons et 42.2 % des filles ont déclaré que la grossesse pouvait survenir dès les premières règles.
CONNAISSANCE ET UTILISATION DES MOYENS CONTRACEPTIFS
Connaissance des moyens contraceptifs
La connaissance et l’utilisation des moyens contraceptifs sont très variables avec l’âge, le sexe et les convictions de chacun.L’étude menée en côte d’ivoire avait révélé que 76 % des filles contre 59 % des garçons avaient recours à la contraception. La raison de cette différence était que les filles mieux informées sur la période d’ovulation étaient plus nombreuses à recourir à une méthode contraceptive pour retarder ou éviter une grossesse. En Tunisie, 13 % des adolescents de l’échantillon d’une étude n’avaient pas de connaissances sur les moyens de contraception. Une étude française a révélé qu’il y avait une corrélation importante entre l’apparition du SIDA et le recours à la contraception. Ainsi, la proportion des premiers rapports sexuels protégés par les préservatifs est passée de 8 % en 1987 à 45 % en 1993. En revanche, lors des relations irrégulières, 71 % des adolescents utilisent un préservatif contre 41 % lors des relations régulières. Dans une autre étude française, en Bretagne 51 % des jeunes interrogés ont affirmé être parfaitement informés sur les moyens contraceptifs, 42 % moyennement informés et 4 % « pas du tout » informés. A Marrakech au Maroc, l’étude menée par le CERED en 2003, a révélé que la connaissance d’une méthode quelconque -plus élevée parmi les adolescentes que parmi les adolescents indépendamment du milieu de résidence- augmentait en fonction de l’âge. En effet, en milieu semi-urbain, elle est de 53,7 % pour les moins de 16 ans et 78,5 % pour ceux de 1619 ans. En milieu rural, l’écart est encore plus grand : 55,4 % et 82,3 % respectivement. Dans notre enquête, 98.4 % des lycéens ont affirmé connaître la contraception. La pilule et le préservatif constituaient les moyens contraceptifs les plus connus chez ces adolescents.
Utilisation des moyens contraceptifs
Quant à l’utilisation des contraceptifs, une étude menée en 2002 auprès des adolescents de 24 pays a révélé que 82.3 % d’entre eux ont utilisé un moyen contraceptif au cours de leur dernier rapport sexuel. Le préservatif était le moyen contraceptif le plus utilisé allant de 52.7% en Suède à 89.2% en Grèce.Une enquête nantaise (France) a affirmé que sur les 467 élèves interrogés, 84.2 % des garçons contre 75 % des filles utilisaient le préservatif. Pour la pilule, l’utilisation était de 11.6 % versus 8.5 % pour l’association pilule/préservatif. Par ailleurs, 21.5 % des lycéennes ont déclaré n’utiliser aucune méthode de contraception. Toujours en France, une autre étude faite à Caen a révélé que 90 % des lycéens actifs sexuellement utilisaient un moyen de contraception :
préservatif (66 %) lors de tous les rapports, pilule (24 %), double protection préservatif + pilule pour 4%. (41,84°Une étude faite auprès de lycéennes maliennes à Bamako a montré que 42 % d’entre elles recouraient à l’association pilule/préservatif, et que 18 % à la pilule exclusivement. Au Maroc, l’étude menée à Casablanca a révélé que 29 % des filles et 58 % des garçons actifs sexuellement utilisaient une contraception. Dans notre enquête, parmi les jeunes adultes actifs sexuellement, 77 % des garçons se protégeaient contre 28.5 % des filles.
LES CAUSES DE LA NON UTILISATION DE LA CONTRACEPTION
Manque d’information, difficulté d’accès aux moyens contraceptifs, peur, gêne et absence de liberté à prendre une décision sont autant de raisons qui empêchent les jeunes d’utiliser les contraceptifs. En effet, les jeunes sont mal ou nullement informés quant à la contraception et à la fécondité.Dans la plupart des cas, les adolescents ne connaissent pas les modalités d’utilisation des méthodes contraceptives. Dans une étude ivoirienne, sur les 33 % des adolescents actifs sexuellement n’utilisant pas de contraception, 7 % ont déclaré ignorer l’existence des méthodes contraceptives, 18 % entre eux ont déclaré que la contraception n’avait aucun intérêt. Dans une étude menée au Sénégal, 80 % des 3000 jeunes interrogés croyaient que la pilule entraînait une stérilité. En outre le manque d’accessibilité reste un problème majeur : beaucoup de jeunes n’ont pas les moyens de se procurer les contraceptifs. De plus, étant donné que les services de planning familial ne s’adressent qu’aux femmes mariées, les jeunes femmes non mariées peuvent trouver les prestataires de service hostiles ou d’un faible secours, en particulier lorsque la culture ou la religion condamne l’activité sexuelle chez les adolescents non mariés. Au Nigeria, une étude a révélé que les adolescents n’utilisaient pas de méthodes contraceptives pour les raisons suivantes : l’attitude négative de la société envers cette pratique (33.2 %), la non disponibilité (22.3 %), l’ignorance du mode d’emploi (21.3 %) et le coût (11.8 %). Au Maroc, dans l’étude menée à Casablanca, les raisons de la non utilisation des contraceptifs étaient la peur des parents (32.2 % des garçons et 13.5 % des filles), le coût élevé des contraceptifs (14.5 % des garçons et 1.7 % des filles) et la croyance que les contraceptifs pouvaient entraîner un cancer (9.6 % des garçons). Dans notre échantillon, les causes les plus fréquentes de la non utilisation des contraceptifs chez les actifs sexuels étaient le refus (48.5 %) et l’irrégularité des rapports (40 %). Venaient après la peur des parents (20 %), la confiance entre partenaires (17.1 %), et l’ignorance (5.71 %), sans oublier que les adolescents pouvaient avoir plusieurs raisons à la fois de ne pas utiliser de contraceptifs.
|
Table des matières
INTRODUCTION
MATERIEL ET METHODES
RESULTATS
I. IDENTITE
1- AGE
2- SITUATION FAMILIALE
3- NIVEAU SOCIOECONOMIQUE
4- NIVEAU D’INSTRUCTION
5- IMPORTANCE DE LA RELIGION
II. HABITUDES TOXIQUES
1-TABAC
2-ALCOOL
3- CANNABIS
III. PUBERTE
1- AGE DE LA PUBERTE
2- VOUS AVEZ PARLE A QUELQU’UN DE VOTRE PUBERTE ?
3- A QUI VOUS AVEZ PARLE DE VOTRE PUBERTE ?
4- QUEL ETAIT VOTRE SENTIMENT ?
IV. COMPORTEMENT SEXUEL
1- LES ADOLESCENTS ACTIFS SEXUELLEMENT
2- LES ADOLESCENTS NON ACTIFS SEXUELLEMENT
3- AGE DU PREMIER RAPPORT SEXUEL
4- RAISON DES RAPPORTS SEXUELS
5- SEXE DU PARTENAIRE
6- NOMBRE DE PARTENAIRES SEXUELS
7- TYPE DU PARTENAIRE SEXUEL
8- INFORMATION SUR LA SEXUALIT
V. GROSSESSE ET CONTRACEPTON
1- CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION
2- CONNAISSANCE DES METHODES CONTRACEPTIVES
3- UTILISATION DES METHODES CONTRACEPTIVES
4- RAISONS D’UTILISATION OU NON DES CONTRACEPTIFS
5- LIEU DE PROCURATION DES CONTRACEPTIFS
6- QUEL EST LE MOYEN CONTRACEPTIF LE MIEUX ADAPTE POUR LES ADOLESCENTS ?
7- FECONDITE ET GROSSESSE
8- ANTECEDENT DE GROSSESSE
VI. INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES
1- CONNAISSANCE DES INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES (IST
2- CONNAISSANCE DES MODES DE TRANSMISSION DES IST
3- ANTECEDENT D’IST
4- CONNAISSANCE DES MOYENS PERMETTANT LA PROTECTION CONTRE LES IST
5- LE PRESERVATIF
VII. PERCEPTION DE LA SEXUALITE PAR LES JEUNES
DEFINITIONS
DISCUSSION
I. LA PUBERTE
II. ACTIVITE SEXUELLE
1- AGE DU PREMIER RAPPORT SEXUEL
2- SEXUALITE DES JEUNES ADULTES
3- NOMBRE DE PARTENAIRES
4- RAISON DES RAPPORTS SEXUELS
5-INFORMATIONS DES JEUNES ADULTES AU SUJET DE LA SEXUALITE
III. LES JEUNES ADULTES ET LA CONTRACEPTION
1- INFORMATIONS SUR LA FECONDITE
2- CONNAISSANCE ET UTILISATION DES MOYENS CONTRACEPTIFS
3- LES CAUSES DE LA NON UTILISATION DE LA CONTRACEPTION
4- COUNSELING SUR LA CONTRACEPTION DES ADOLESCENTS
5- CHOIX DE CONTRACEPTION POUR LES JEUNES ADULTES
IV. GROSSESSE ET INTERRUPTION VOLONTAIRE DE GROSSESSE CHEZ L’ADOLESCENT
1- ADOLESCENCE, GROSSESSE ET MATERNITE
2- INTERRUPTION VOLONTAIRE DE GROSSESSE (IVG) CHEZ L’ADOLESCENTE
V. INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES (IST)
1- DEFINITION
2- QUELQUES STATISTIQUES
3- INFORMATIONS SUR LES IST
4- UTILISATION DU PRESERVATIF
5- CAUSES DE VULNERABILITE DES ADOLESCENTS AUX IST
6- PROGRAMMES PREVENTIFS DES IST
VI. EDUCATION SEXUELLE ET SERVICES DE SANTE DE REPRODUCTION POUR ADOLESCENTS
1- DEFINITION DE L’EDUCATION SEXUELLE
2- PRINCIPE DE L’EDUCATION SEXUELLE
3- PROGRAMMES DE L’EDUCATION SEXUELLE DES ADOLESCENTS
4- PARTICIPANTS AUX PROGRAMMES D’EDUCATION SEXUELLE
5- EVALUATION DES PROGRAMMES
6-RECOMMNDATIONS
CONCLUSION
ANNEXES
RESUMES BIBLIOGRAPHIE
Télécharger le rapport complet
