Diagnostic financier d’une entreprise privée

Considéré comme l’un des pays les plus pauvres au monde, le Bénin a une économie principalement basée sur l’agriculture. En effet selon le PNUD(2005), l’agriculture représente 36% du PIB et emploie 54% de la population active. Le développement économique et social des pays développés à économie dominante est essentiellement fonction de la multiplicité, de la viabilité et de la prospérité de ses entreprises. Ainsi après le choix de l’économie libérale(1990), le Benin s’est lancé résolument dans la promotion du secteur privé .Toutefois le constat général est que bon nombre d’entreprises béninoises meurent avant la phase de croissance. Les causes sont multiples, la plus pertinente reste inévitablement la concurrence qui nécessite la compétitivité et la performance.

Il faut signaler que les entreprises sont considérées comme des organismes vivants plus ou moins complexes. Elles naissent, vivent et meurent. Cela justifie le fait que des difficultés liées à leur gestion apparaissent le plus souvent. Dès lors il apparait clair que seul une dynamisation de l’entreprise peut permettre à ses dirigeants de lui donner une longue vie. Cette dynamisation passe inévitablement par une gestion saine et transparente des ressources mises à sa disposition. Ce qui nécessite la mise en place d’un système de contrôle et d’évaluation.

Problématique et intérêt de l’étude

Problématique

L’évolution rapide du progrès technologique et le développement de la concurrence qui en résulte exigent des entreprises un rythme d’évolution qui impose à leurs dirigeants de faire le point de leurs entreprises, en procédant à des actions d’évaluation systématique des causes de déficience de fonctionnement aidant à déterminer, comment procéder au mieux à tout aménagement des structures et des moyens à mettre en œuvre pour une bonne gestion financière.

L’analyse des états financiers qui constitue l’une de ses actions s’attache à établir un diagnostic financier sur la base des données historiques principalement le bilan, le compte de résultat et les ratios afin de déceler les points faibles et les points forts. De ce fait, le chef d’entreprise est informé sur la situation de son entreprise afin de corriger ou de renforcer les premiers et exploiter les seconds.

Le diagnostic financier est donc naturellement un outil d’analyse et de recherche d’amélioration des performances et de développement de l’entreprise. Ses activités englobent la collecte des données significatives et leurs interprétations afin de tirer des conclusions sur la santé financière d’une entreprise, sa politique d’endettement et de refinancement. Ainsi après observation des états financiers de la société CTPS sur les exercices 2005 à 2008 nous avons constaté un résultat financier négatif sur toute la période de notre étude. Aussi le résultat net reste négatif sur les deux premiers exercices de notre étude (2005 et 2006) mais positif sur les deux dernières années (2007 et 2008). Ces différents résultats sont en partie le fruit de nombreux problèmes financiers auxquels se trouve confronté le CTPS.

Intérêt de l’étude

Pratiquer le diagnostic financier, permet aux dirigeants du CTPS de prendre les dispositions nécessaires au bon fonctionnement de l’entreprise afin d’assurer sa pérennité car l’analyse financière est un instrument dynamique et indispensable à la gestion éclairée de toute entreprise par les renseignements qu’elle est susceptible de fournir.

Enfin, cette étude nous permet de mettre en pratique la formation de gestionnaire que nous avons eue tout au long de notre parcours universitaire et aussi de mettre à la disposition d’autres entreprises un document pouvant leur permettre d’améliorer leur structure financière.

Toutes ces explications justifient non seulement le choix de notre sujet mais aussi nous renseignent sur l’importance d’un diagnostic financier dans la vie d’une entreprise.

Le diagnostic financier et l’analyse financière

Pour Chantal BUISSART(1995) l’analyse financière vise à formuler un diagnostic financier sur l’entreprise, mesurer sa rentabilité, apprécier l’équilibre des masses présentes dans le bilan, toutes évolutions nécessaires pour la survie de l’entreprise.

Pour Emmanuel HOUNKOU, Pascal WELE (2006), l’analyse financière (approche comptable) ou l’analyse des états financiers s’attache à établir un diagnostic financier de l’entreprise sur la base des données historiques principalement le bilan et le compte de résultats, afin d’en évaluer la performance future. Ce diagnostic financier est un jugement porté sur l’évolution des comptes annuels dans le but de se rassurer de la valeur de l’entreprise et de sa rentabilité.

S. SAUVAGEOT(1998) affirme que le diagnostic financier a un sens plus étroit que l’analyse financière. Par analogie au diagnostic médical qui est l’action de déterminer une maladie d’après ses symptômes, le diagnostic financier a pour objet de rechercher le dysfonctionnement dans la situation ou les performances de l’entreprise, de trouver les causes de ses difficultés, de proposer des remèdes aux déséquilibres pour les corriger.

Selon Elie COHEN(1997), l’objet du diagnostic financier se définit par le thème d’analyse qui lui est dicté à cause de certaines contraintes pesant sur l’entreprise. En effet, le diagnostic financier vise essentiellement à apprécier la façon dont l’entreprise intègre les contraintes majeures de performance, de solvabilité, d’autonomie et de flexibilité financière.

Dans le même temps, l’auteur ne dissocie pas le but du diagnostic financier de l’analyse financier. En effet selon lui, le diagnostic financier ou l’analyse financière a essentiellement pour objet d’apprécier la situation et l’activité financière de l’entreprise, pour préparer l’adoption de mesure concrètes permettant de combler ses lacunes et de valoriser ses atouts.

Aussi PHILIPPS A. et RAULET C. (2003) arrivent à la conclusion que le diagnostic financier est le but de l’analyse financière qui, elle-même, est orienté par les motivations qui ont présidé à la demande du diagnostic. Pour ces auteurs, le diagnostic financier a pour objets principaux : de mesurer la rentabilité économique, celle des capitaux investis, d’apprécier les conditions de réalisation des équilibres financiers et d’en déduire le degré d’autonomie de l’entreprise.

L’équilibre financier 

La conception patrimoniale de l’équilibre financier, la plus ancienne, a constitué l’approche dominante de l’analyse financier jusqu’au début des années soixante-dix. Selon cette conception, le bilan est un inventaire à un instant donné des biens physiques ou financiers et des dettes de l’entreprise réalisées afin d’évaluer le patrimoine des actionnaires ou associés. Celui-ci est mesuré par l’actif net ou les capitaux propres, différence entre les actifs et les dettes externes.

Compte tenu de leur nature, il apparait nécessaire de financer la totalité des emplois stables par des ressources durables. Cependant, pour certains, cet équilibre financier minimum est insuffisant. L’exploitation de l’entreprise ( fonctionnelle) nécessite la couverture des besoins de financement qui d’une part sont la conséquence de décalages temporels liés aux délais de règlements des charges et des produits( crédits obtenus des fournisseurs , crédits consentis aux clients)et d’autres part sont liés à l’existence des stocks. Il existe donc un besoin permanant de ressources pour financer le cycle d’exploitation(BFR). Ce besoin nécessite l’utilisation des ressources durables pour assurer son financement. Selon le type d’analyse réalisée, deux concepts de fonds de roulement sont retenus :

– Le fonds de roulement net global qui résulte d’une analyse fonctionnelle du bilan et qui représente la part des ressources durables qui n’est pas utilisée au financement des emplois stables,
– Le fonds de roulement permanant qui résulte d’une analyse financière du bilan et qui représente la part des capitaux permanents (à long terme) qui n’est pas utilisé au financement des immobilisations
On peut distinguer trois niveaux de situation qu’une entreprise peut observée :
– Équilibre parfait : la situation de rêve. Le FR couvre non seulement la totalité du BFR mais dégage en plus une trésorerie excédentaire.
– Équilibre normale : le FR couvre presque totalement le BFR, le reste est couvert par le découvert bancaire ou le crédit de trésorerie comme l’escompte d’effets de commerce, etc.…
– Déséquilibre : situation inconfortable. Risque important de cessation de paiement en cas de suppressions des découverts par les banques. En règle générale, cette situation ne pourra pas durer longtemps car elle conduit directement à la cessation de paiements. Il faut donc trouver des fonds nécessaires pour combler le déficit : apport en espèces, crédit à long ou moyen terme afin de renforcer les capitaux propres…

La gestion financière

La gestion financière selon Eric STEPHANY (1999), est l’ensemble des actes de gestion qui a pour objectif de gérer les différentes étapes de la mise en place des décisions financières de l’entreprise.

Trois étapes sont à prendre en compte :

– La compréhension : l’organisation financière de l’entreprise (moyens, objectifs, place de la fonction financière…) et de son environnement financier (banque, marché financier…)
– Évaluation de la situation financière de l’entreprise et le recensement des différentes solutions à mettre en place
– Prise des décisions financières (long terme et à court terme) .

Les règles d’une gestion financière saine sont énoncées comme suit :

– Règle de l’endettement minimum : elle concerne l’endettement à moyen et long terme. Deux règles sont fixées : le ratio dette à moyen et long terme/capitaux permanent, doit être inferieur à 50% ; le montant des dettes à moyen et long terme ne doit pas dépasser trois années d’autofinancement
– La règle du financement maximum. Pour chaque opération d’investissement décidée, le recours à l’endettement à terme ne doit pas dépasser un certain pourcentage du montant de l’investissement prévu. Selon les pratiques, il varie de 50 à 75% du montant.
– La règle de l’équilibre financier minimum : elle se traduit par l’existence de fonds de roulement financier positif. Les ressources utilisées pour financer les actifs doivent rester à la disposition de l’entreprise pendant une durée qui doit correspondre, au minimum, à celle de l’immobilisation.

Mondher BELLALAH ( 1998), la gestion financière s’intéresse d’une part au processus d’analyse et d’interprétation des documents comptables et financiers d’autre part, à analyser les décisions qui influencent les valeurs de l’actif et du passif de la société et en l’occurrence sa valeur de marché.

L’analyse des documents comptables et financiers, ou encore l’analyse financière comporte une dimension technique et une démarche axée sur l’interprétation des résultats. Cette analyse porte sur la lecture des documents comptables et financiers afin de découvrir l’entreprise et d’étudier sa situation financière.

BERZILE Rejean (1989) distingue trois décisions essentielles pouvant être prises sur base de la gestion financière.
– La décision d’investir ;
– La décision de financer l’entreprise ;
– La décision de distribuer les dividendes.

Ces trois types de décisions reviennent à la responsabilité du Directeur Financier d’une entreprise sur plusieurs plans à savoir :
– La planification et la prévision financière ;
– L’analyse des états financiers ;
– Le suivi et l’évaluation de la performance de l’entreprise .

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Table des matières

INTRODUCTION GENERALE
CHAPITRE 1 : ANALYSE THEORIQUE
SECTION 1 : Problématique et intérêt de l’étude
Paragraphe 1 : Problématique
Paragraphe 2 : intérêt de l’étude
SECTION 2 : Objectif et hypothèse de recherche
Paragraphe 1 : Objectif de recherche
Paragraphe 2 : Hypothèse de recherche
SECTION 3 : Revue de la littérature et méthodologie de la recherche
Paragraphe 1 : Revue de la littérature
Paragraphe 2 : Méthodologie de recherche
2.1. Choix du domaine, de la période et de l’espace
2.2. Recherches documentaires
2.3. Entretiens
2.4. Méthodes et outils d’analyse
2.5. Instruments d’analyse des hypothèses
CHAPITRE 2 : BREF APERÇU DE L’ENTREPRISE CTPS
SECTION 1 : Statut juridique
SECTION 2 : Objet social
SECTION 3 : Structure organisationnelle de l’entreprise
3.1 Direction Générale
3.2 Service comptable et financière
3.3 Service commercial
CHAPITRE 3 : ETUDE DES ETATS FINANCIERS DU CTPS
SECTION 1 : Préalables à l’analyse des états financiers
Paragraphe 1 : la construction du bilan patrimonial
Paragraphe 2 : Les ajustements des valeurs comptables
2.1. Les actifs de l’entreprise
2.2. Les dettes de l’entreprise
Paragraphe 3 : Les reclassements
SECTION 2 : Analyse du bilan
Paragraphe 1 : analyse de l’équilibre financier
1.2 Étude du fonds de roulement
1.3 Étude du besoin en fonds de roulement
1.4 Étude de la trésorerie nette
1.4. Vitesse de rotation de stock ; Délai de recouvrement des créances clients et délai de règlement des dettes fournisseurs
1.4.1. Vitesse de rotation de stocks
1.4.2. Délai de recouvrement des créances clients
1.4.3.Délai de règlement des dettes fournisseurs
1.5 Etude du fonds de roulement normatif
Paragraphe 2 : Analyse de la solvabilité
2.1. Ratios de solvabilité
2.2 Ratios de liquidités
SECTION 3 : Analyse du compte résultat
Paragraphe 1 : Analyse des soldes intermédiaires de gestion
1.6 Analyse du CA
1.7 La marge brute
1.8 Valeur ajoutée
1.9 L’excédent brut d’exploitation
1.10 Les résultats
1.5.1 Le résultat d’exploitation
1.5.2 Le résultat financier
1.5.3 Le résultat l’activité ordinaire (RAO)
1.5.4 Résultat hors activité ordinaire(RHAO)
1.5.5 Le Résultat net
Paragraphe 2 : Analyse de la rentabilité
2.1 Les ratios de rentabilité commerciale
2. 2 La rentabilité économique
2.3 Rentabilité financière
2.4.Effet de levier financier
2.5 La rentabilité sociale
Paragraphe 3 : Etude de la capacité d’autofinancement et de l’excédent de trésorerie d’exploitation
3.1. Capacité d’autofinancement
3.2 Excédent de trésorerie d’exploitation
Section 4 : Conclusion partielle et recommandations
Paragraphe 2 : Conclusion partielle
Paragraphe 3 : Recommandations
CONCLUSION GENERALE
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ANNEXES

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