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La Modélisation Moléculaire
Devant parfois de grandes difficultés ou devant l’impossibilité d’étudier certains complexes, trop volumineux, présentant des interactions faibles ou transitoires, ou encore de natures hydrophobes comme les complexes membranaires, une alternative plus rapide aux méthodes expérimentales est la modélisation moléculaire ou « docking ». Ce processus consiste à modéliser une structure tridimensionnelle d’un complexe, et plus généralement son interface, à partir des structures connues de ses c onstituants. Cette modélisation peut se faire ab initio, c’est à dire sans données complémentaires, mais actuellement, les méthodes qui donnent les meilleurs résultats sont celles qui utilisent des données expérimentales biochimiques et/ou biophysiques sur la zone d’interaction [190]. Le niveau et la qualité des détails obtenus, dépendant du type de techniques expérimentales, vont peser sur la capacité des méthodes de modélisation à obtenir une bonne résolution du complexe étudié. L’utilisation de données de conservation de structure entre les espèces peut aussi servir pour caractériser les résidus des zones d’interactions.
Une expérience de modélisation moléculaire nécessitdeux étapes : les méthodes de « sampling » permettent de générer des structures ud complexe ; les méthodes de « scoring » identifient parmi les structures celles qui sont en bon accord avec les filtres utilisés. Les structures en faible accord sont écartées. Durantal modélisation moléculaire, divers degrés de flexibilité peuvent être introduits augmentant la ualitéq des structures obtenues mais aussi le temps de calcul. Ainsi, lors de la modélisation, des méthodes peuvent maintenir les structures des protéines du complexe rigides, autoriser certains chevauchements, ou introduire de la flexibilité dans les chaînes principales et/ou latérales des protéines. Les données expérimentales peuvent être introduites dès l’étapede « sampling », ou lors de l’étape de « scoring » pour améliorer le tri des solutions corectes en comparaison avec la modélisation ab initio [190]. L’incorporation des données expérimentales dès la première étape de modélisation permet pour sa part de réduire l’espac de recherche et ainsi d’enrichir le nombre de configurations correctes ou proches de l’être. L’utilisation de données expérimentales dans les deux étapes permet de réduire le champ d’investigation et donc de gagner du temps. En moyenne, le nombre de configurations possibles entre deux protéines peut atteindre 107. Ce chiffre augmente proportionnellement avec la taille du complexe et quand de la flexibilité est permise [191].
Il existe différents programmes de modélisation moléculaire (HADDOCK, RosettaDock, ICM-DISCO,…) plus ou moins performants selon les ty pes de complexes analysés [190-193]. Aucune de ces méthodes ne permet actuellement de donner les bonnes structures pour l’ensemble des complexes existants. Pour évaluer leur performance, un concours de prédiction à l’aveugle CAPRI (Critical Assessment of PRedicted Interactions) permet aux concurrents en quelques semaines de tester leurs méthodes sur de récentes structures de complexes de hautes résolutions non publiées [194]. Les structures obtenues sont maintenant, quand les conditions sont réunies, d’une précision de niveau atomique [193].
Devant l’impossibilité actuelle d’obtenir des structures de complexes de haute résolution pour toutes les protéines avec les méthodes de RMNet de cristallographie de rayons X, la caractérisation des interfaces protéine–protéine par des méthodes de plus basse résolution couplées ensuite avec des étapes de modélisation moléculaire est une approche incontournable. Toutefois, toutes ces méthodes présentent des limitations. L’ensemble des avantages et inconvénients est résumé dans leErreur ! Source du renvoi introuvable.. La plupart des méthodes, « cross-linking », oxydation des protéines, mutagenèse dirigée, « site directed labelling », incorporent des modifications sur les protéines pour pouvoir analyser les interactions. Ces modifications de structure peuvent entraîner des changements de conformations et ainsi fausser les résultats. La méthode d’échange 1H/2H est intéressante car l’incorporation d’un deutérium sur les liaisons amides n’entraîne pas de modification de la structure chimique de la protéine. Par contre, cette technique ne donne des informations que sur la chaîne principale de la protéine et l’incorporation en deutérium sur ces liaisons labiles ne facilite pas l’analyse par spectrométrie de masse.
La méthode que nous souhaitons développer s’appuie sur ce concept d’échange isotopique mais afin d’avoir une méthode de détection plus sensible nous avons choisi le tritium à la place du deutérium. De même, afin de ousn affranchir des problèmes de « back-exchange » rencontrés lors de l’échange sur les amides (N–H), nous avons choisi de réaliser cet échange sur des positions non labiles : des liaisons carbone–hydrogène (C–H). Enfin, afin d’avoir une couverture aussi complète que possible des zones d’interaction, toute la surface des protéines étudiées devra être le siège de cetchangeé 1H/3H et, en particulier, les chaînes latérales des acides aminés.
Détection et quantification des sites d’attaque des radicaux hydroxyle sur les protéines
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Table des matières
Introduction générale
I Détection et caractérisation des interactions protéine–protéine
I.A Identification à haut débit des interactions protéine–protéine
I.A.1 Méthodes d’affinité couplées à la spectrométrie de masse
I.A.2 Le double hybride
I.A.3 Les systèmes de complémentation par fragments de protéine
I.A.4 Autres méthodes à haut débit
I.B Caractérisation structurale des interactions protéine–protéine
I.B.1 Caractérisation de structures de complexes protéiques
I.B.2 Caractérisation d’interface protéique
I.B.3 La Modélisation Moléculaire
II Détection et quantification des sites d’attaque des radicaux hydroxyle sur les protéines
II.A Les origines de la méthode
II.A.1 Historique des méthodes de détection de radicaux par marquage au tritium
II.A.2 Echange 1H/2H en présence de HO• et d’un donneur de 2H
II.B Principe de notre méthode de détection et de quantification de radicaux
II.B.1 Principe
II.B.2 Production des radicaux hydroxyle : HO•
II.B.3 Les agents de réparation donneurs de tritium
II.C Les résultats préliminaires du laboratoire
II.D Amélioration et optimisation de la méthode
II.E Echelle relative de réactivité des acides aminés
II.E.1 Détermination de la dose nécessaire pour une incorporation de tritium satisfaisante
II.E.2 Etude de la réactivité des acides aminés
II.F Détection et quantification des radicaux sur des peptides
II.F.1 Essais de marquage sur des peptides
III Application à la caractérisation de l’interaction entre la protéine humaine hAsf11-156 et un fragment de l’histone H3
III.A Méthode de caractérisation des interactions protéine–protéine
III.B La protéine Asf1
III.B.1 Le nucléosome
III.B.2 Rôles de la protéine Asf1
III.B.3 L’histone H3
III.B.4 La structure du complexe Asf1–H3/H4
III.C Caractérisation des acides aminés de H3122-135 en interaction avec hAsf11-156
III.C.1 Mise au point des conditions expérimentales
III.C.2 Caractérisation des acides aminés de H3122-135 impliqués dans l’interaction avec hAsf11 156
III.D Premiers essais sur la protéine hAsf1
III.E Conclusions
Conclusion générale
IV Matériels et méthodes
IV.A Préparation des composés
IV.A.1 Matériels commerciaux
IV.A.2 Expression et Purification de la protéine hAsf11-156
IV.A.3 Préparation de l’apomyoglobine
IV.A.4 La préparation du donneur de 3H (3H-BPASS)
IV.B Production de radicaux hydroxyle
IV.B.1 Deux sources de HO•: le LINAC ou l’autoradiolyse de l’eau tritiée
IV.B.2 Calibration de la dose généré avec le LINAC : Dosage de Fricke
IV.B.3 Descriptif du canon à électron (LINAC)
IV.B.4 Schéma de la jaquette de protection
IV.B.5 Procédure d’irradiation d’échantillons tritiés avec le LINAC
IV.C Le séquenceur d’Edman
IV.C.1 Le Principe
IV.C.2 Descriptif du matériel
IV.D Le compteur de scintillation liquide
IV.E Purification des échantillons par HPLC
IV.F Scintillation liquide et mesure de la radioactivité par HPLC
IV.G Protocole d’identification des radicaux sur les acides aminés
IV.H Protocole général de mesure de l’activité spécifique des PTH-acides aminés
IV.I Protocole d’identification des radicaux sur les peptides
IV.I.1 Protocole utilisant l’autoradiolyse de l’eau tritiée comme source d’HO•
IV.I.2 Protocole utilisant le LINAC comme source d’HO•
IV.J Protocole d’identification des radicaux sur le peptide H3122-135 et sur Asf11-156
IV.J.1 Protocole de marquage du peptide H3122-135
IV.J.2 Protocole de marquage de la protéine hAsf11-156
Bibliographie
V Annexe
V.A Mise au point de l’analyse sur le séquenceur
V.B Mise au point des conditions des expériences menées sur les peptides avec le LINAC.
V.C Etude des peptides en mélange après autoradiolyse de l’eau tritiée
V.D Interaction H3122-135 avec hAsf11-156
V.D.1 Interaction hAsf11-156 avec H3122-135
V.E Dichroïsme circulaire de l’apomyoglobine après irradiation avec le LINAC
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