Dépistage de la dépression en soins palliatifs

Dépistage de la dépression en soins palliatifs

Description des études incluses

Parmi les 37 articles retenus, 26 correspondent à des études quantitatives. Pour la plupart il s’agit d’études observationnelles, huit sont des revues de la littérature, méta-analyses ou revues systématiques, et trois correspondent à des études qualitatives. Comme énoncé dans la partie méthodologie, des tableaux descriptifs ont été réalisés pour chaque type d’étude (voir tableaux 1, 2 et 3 en Annexe II). Les scores obtenus en listant les critères recommandés attestent de la qualité méthodologique de la recherche. Concernant les trois études qualitatives, ce score évolue entre 63% et 78%, ce qui en fait des études de bonne qualité méthodologique. Les résultats sont plus hétérogènes pour les huit revues de la littérature. Trois d’entre elles sont des revues narratives non systématiques. Pour les autres, incluant notamment des méta-analyses, les scores de qualité oscillent entre 52% et 89%. Parmi les études quantitatives, l’évaluation d’un score de qualité selon les critères STROBE a représenté une difficulté conséquente : certains critères méthodologiques n’étant pas retrouvés explicitement dans les études. Le score de qualité varie ainsi de 45% à 81%. Aucun essai contrôlé randomisé n’a été inclus. Enfin, les pays représentés dans cette revue sont variés, la majorité des études est européennes, dont une seule étude française, les autres sont nord-américaines et dans une moindre mesure japonaises et australiennes.

La prévalence de la dépression en situation palliative A travers la sélection d’articles effectuée dans cette revue, il apparait que la prévalence de la dépression en situation palliative est très variable selon les études. Si une prévalence moyenne de 15% semble être retenue (9), elle oscille entre 6,7% (25), 19,9% (26), 20,7% (27) et 47,6% (28) selon les études incluses dans cette revue. Il ne semble pas exister de variation de la prévalence du trouble dépressif en fonction de la prise en charge palliative du patient, qu’il soit pris en charge en unité de soins palliatifs, lits identifiés palliatifs ou en hospitalisation au domicile(29). La méta-analyse de Mitchell et al , ne montre pas de différence significative de la prévalence de la dépression selon que le patient soit pris en charge en soins palliatifs ou cancérologiques(9). Par ailleurs, l’évolution de la prévalence du trouble dépressif au cours du temps fait également débat. Rayner et al montrent une évolution de 11% du taux de prévalence de la dépression lors d’une réévaluation à quatre semaines (26). Lloyd et al montrent quant à lui une stabilité du score de dépression à 12 semaines, le trouble étant évalué par auto-questionnaires (30). L’étude de Meyer et al qui a justement pour objectif d’évaluer la modification dans le temps de l’état dépressif, par des entretiens mensuels pendant 6 mois, ne donne pas de conclusion claire, l’échantillon de patients devenant trop petit (31). Il apparait toutefois important de réévaluer l’occurrence des troubles au cours du temps. Enfin, la qualité méthodologique des études de prévalence sur ce thème pose question. C’est ce que soulèvent Reeve et al dans sa revue de littérature (32). Les populations de patients sont souvent très limitées, les résultats étant alors peu généralisables. La variabilité des méthodes de dépistage peut en partie expliquer ces grandes différences de prévalence. La revue de littérature conduite par Hotopf et al montre une prévalence allant de 5 à 26% lorsque le trouble dépressif est dépisté par entretiens cliniques, standardisés ou non, et de 29% lorsqu’il est dépisté par une échelle comme l’Hospital Anxiety and Dépression Scale9 (HADS)(33).

Les méthodes de dépistage

Comme énoncé précédemment, les méthodes de dépistage du trouble dépressif en soins palliatifs sont très hétérogènes. Irving et al, dans leur revue narrative, énumèrent les différents outils à disposition des équipes : l’HADS, l’Edinburgh Depression Scale (EDS), la Brief Edinburgh Depression Scale (BEDS)10(annexe III), les questions simples, qu’ils opposent à ce qui doit rester le « gold-standard » en matière de diagnostic, l’entretien clinique, standardisé ou non (6). La revue systématique conduite par l’équipe de Wasteson, retrouve 106 méthodes différentes d’évaluation de la dépression, l’HADS étant l’outil le plus utilisé en Europe (35). Cette revue étaye au contraire le fait que le dépistage, voire le diagnostic, de la dépression en fin de vie, se fait par le biais d’échelles et non d’entretiens cliniques standardisés. Ainsi, des critères pourtant majeurs du trouble dépressif ne sont pas pris en compte dans ces évaluations. Il s’agit notamment des critères de durée des symptômes et de retentissement sur le fonctionnement du patient, pourtant présent dans le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) (annexe V). Concernant l’HADS, l’étude de Lloyd et al conclut à une absence de recommandation de cet outil en soins palliatifs, avec une sensibilité de 68% et une spécificité de 67% pour son score total (13). L’inverse est expliqué dans l’étude de Le Fèvre et al. En effet, celui-ci montre qu’il n’existe pas de différence significative entre le dépistage de la dépression par l’HADS et le dépistage par des entretiens cliniques standardisés selon le General Health Questionnaire (GHQ)-1211 (annexe III) (36). Ces études sont par ailleurs de qualité méthodologique similaire, portant sur de petits échantillons de patients. Enfin, concernant la validité de l’HADS, la méta-analyse réalisée par Mitchell et al retrouve une sensibilité de 82% et une spécificité de 77%, avec des résultats plus fiables pour les situations de cancérologie non palliatives (37). Les autres outils d’aide au dépistage du trouble dépressif recensés dans cette revue sont :

• L’Edmonton Symptom Assessment System (ESAS12)(annexe III), qui semble être plus adaptée au dépistage de la détresse émotionnelle qu’au trouble dépressif (38)

• L’Edinburgh Postnatal Depression Scale (EPDS13)(annexe III), qui présente une sensibilité de 81% et une spécificité de 79% pour le trouble dépressif. Cet outil n’inclut pas les symptômes physiques et les remplace par la recherche du sentiment de désespoir, d’inutilité, de culpabilité (39)

Force et faiblesse de la revue

La méthodologie PRISMA a été suivie pour la rédaction de cette revue. Tous les critères n’ont pu être remplis, bien que deux lecteurs se soient concertés tout au long de la sélection des références, un seul lecteur s’est chargé de la lecture intégrale des articles. La première analyse des données est peu spécifique puisqu’il n’a pas eu de terme MeSH15 adéquat retrouvé pour le terme « dépistage » en anglais. Ainsi, il a été constaté un grand taux d’exclusion d’articles sur leur titre et résumé, ce qui a pu contribuer à la perte de données en rapport avec le sujet. Un nombre trop important de mots-clefs lors de la recherche initiale aurait pu diluer les études pertinentes. Une grande quantité d’études portait notamment sur la dépression en cancérologie, donc sans condition stricte de fin de vie. Les études portant sur les cancers incurables ont tout de même été incluses, lorsque le caractère palliatif était précisé dans l’article, que ce soit à travers la prise en charge palliative, ou des données sur l’espérance de vie.

Il est important de préciser qu’il n’y a pas eu de travaux de thèse inclus, et la plupart des publications identifiées datent de plus de dix ans, ce qui témoigne de la faiblesse de la recherche dans ce domaine. Même si une approche systématique a été faite pour limiter le risque de biais, un biais de sélection, et notamment de publication, ainsi qu’un biais attribuable à la langue de publication peut exister. En effet, des résultats non spécifiques et la non-inclusion de la littérature grise peuvent altérer les résultats. De plus, des études portant sur des populations de patients présentant des « cancers avancés » ont été incluses, bien que les précisions sur l’incurabilité du cancer ou l’espérance de vie n’y fussent pas très bien définies. La revue systématique portant sur le repérage du trouble dépressif en situation de fin de vie a tout de même permis de mettre en évidence une grande hétérogénéité entre les études, notamment sur les méthodes de dépistage de la dépression et de sa définition.

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Table des matières

RESUME
INTRODUCTION
MÉTHODES
1. Stratégies de recherche bibliographique
2. Critères d’inclusion et d’exclusion
3. Sélection des études
4. Evaluation de la qualité des études
5. Analyse des données
RÉSULTATS
1. Sélection des références
2. Description des études incluses
3. Le dépistage de la dépression
3.1. La prévalence de la dépression en situation palliative
3.2. Les méthodes de dépistage
3.3. Les facteurs précipitants de la dépression en situation palliative
DISCUSSION ET CONCLUSION
1. Force et faiblesse de la revue
2. La complexe définition de la dépression en fin de vie et son impact sur son dépistage
3. Perspectives et implications pour la pratique
BIBLIOGRAPHIE
LISTE DES FIGURES
TABLE DES MATIERES
ANNEXES

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