Audit de la fonction approvisionnement
L’évolution économique des dernières années a mis en évidence une dynamique de développement dans certains pays et certains secteurs où la concurrence s’est durablement installée. Ce qui caractérise ce dynamisme économique est la généralisation de l’économie de marché.
L’entreprise en tant qu’acteur qui occupe une place majeur dans l’espace des rapports de marché a comme toute entité vivante, des besoins qui doivent être satisfaits de manière rationnelle afin de ne pas perturber son fonctionnement. Pour cela, les entreprises industrielles ont besoin des biens et des services en quantités et en qualité suffisante pour pouvoir assurer leur production.
Pour être fiable et efficace, il est souhaitable de tester et d’évaluer un contrôle interne ou au moins certains de ses aspects. On appelle « audit interne » le processus consistant à étudier et à évaluer le contrôle interne. Il permet grâce à ses constats et ses diagnostics une assurance sur le degré de maîtrise des opérations de l’entreprise, lui apporte ses conseils pour les améliorer, et contribue ainsi à une meilleure efficacité et à l’accroissement de la performance, car le défi de chaque entreprise de nos jours est d’être compétitive afin de garantir sa pérennité et d’éviter son éviction du marché.
Généralités sur l’audit interne
L’activité de l’audit interne dans les organisations et ses d’intervention que sont la gouvernance, la gestion des risque, et le contrôle interne, dans la mesure où elle aide cette organisation à atteindre ses objectifs par des analyses, des recommandations et des solutions.
Dimension historique et définitions
L’audit interne a connu plusieurs évolutions historiques et plusieurs acteurs qui relient l’évolution de cette fonction pour donner une définition universelle de cette dernière.
Dimension historique
Le terme audit est d’origine latine «audio-auditeur» signifie audition (écouter) des questeurs qui étaient des fonctionnaires du trésor chargés de cette mission, ils étaient tenus de rendre compte oralement devant une assemblée composée d’auditeurs qui approuvaient par la suite le compte; ce n’est qu’au 19eme Siècle que les législateurs ont institué le contrôle des sociétés par des agents externes en raison du développement de l’ industrie, le commerce, les banques, les assurances. Charge qui pèse sur l’auditeur reconnu en tant que garant des détenteurs des capitaux à l’égard des abus des gestionnaires, dès le début du 20eme siècle et avec la crise de 1929 un accroissement des besoins du monde des affaires en audit s’est accrue.
La crise finie, les auditeurs ayant acquis beaucoup d’expérience dans les domaines comptables, et même plus se sont vu attribués de nouvelles missions dans d’autre domaines (ressources humaines, commercial, production, etc. Et ainsi ils ont changé leur missions et les champs de leur attributions. C’est en ce moment que la fonction d’audit interne a pris naissance.
De nos jours l’audit est une discipline transversale au centre des préoccupations des managers. En ce sens, et face à une variété des besoins, l’audit s’élargissait à d’autres domaines qui se sont révélés nécessaires avec l’évolution et la généralisation de nouveaux moyens de traitements de l’information .
Les entreprises subissaient alors de plein fouet la récession économique et l’ordre du jour était aux économies de toute nature. Les comptes furent passés au peigne fin en vue d’une réduction des charges. Or les grandes entreprises américaines utilisaient déjà les services de cabinets d’audit externe, organismes indépendants ayant pour mission la certification des comptes, Bilan et états financiers. Là comme ailleurs, on chercha le moyen de réduire le montant des dépenses et on s’avisa que pour mener à bien leurs travaux de certification, les auditeurs externes devaient se livrer à de nombreuses tâches préparatoires : inventaires de toute nature, analyse de comptes, sondages divers et variés, etc.
On en vint donc tout naturellement à suggérer de faire assumer certains de ces travaux préparatoires par du personnel de l’entreprise. Les cabinets d’audit externe donnèrent leur accord sous la condition d’une certaine supervision.
Ainsi apparurent ces « auditeurs » puisqu’ils effectuaient des travaux d’audit, au sens où on l’entendait alors, mais « internes » puisque membres à part entière des entreprises. Ils participaient aux travaux courants des auditeurs externes sans toutefois en établir les synthèses et les conclusions. « petites mains », « sous-traitants » des auditeurs externes, ils permirent d’atteindre l’objectif initialement fixé : l’allégement des charges des entreprises.
La crise passée, on continua à les utiliser puisqu’ils avaient acquis la connaissance et la pratique de méthodes et outils appliqués au domaine comptable peu à peu ils en élargirent le champ d’application et en modifièrent insensiblement les objectifs. Mais longtemps encore la fonction d’audit interne va conserver dans la mémoire collective ce patrimoine héréditaire. Et ce d’autant plus aisément qu’il s’agit là d’une histoire récente. C’est en 1941, date de la création de l’IIA (The Institute of Internal Auditors), que l’on situe la naissance de l’audit interne. A cette date, 24 personnes aux Etats-Unis prirent conscience qu’elles venaient de créer une fonction nouvelle et décidèrent de l’organiser. Mais il fallut attendre jusqu’au 1978 pour voir apparaître des normes professionnelles. Au regard des grandes fonctions traditionnelles de l’entreprise : Fonction de production, fonction commerciale, fonction comptable, etc. Qui ont toujours existé, on mesure à quel point la fonction d’audit interne en est encore à ses premiers pas.
Il faut ajouter que cette situation s’est conjuguée avec un autre phénomène l’apparition d’entreprises et d’organisations plus grandes et plus complexes. D’où il a résulté une difficulté grandissante pour les dirigeants d’avoir la mainmise sur les opérations dont ils étaient responsables ; l’audit interne est alors apparu comme une réponse possible.
L’apparition de l’audit interne en Algérie c’est en 1988 par la loi 88-01 du12/01/1988 portant loi d’orientation sur les entreprises publiques et économiques, appelle les entreprises à organiser et renforcer la structure d’audit et notamment son article 40 qui dispose : «Les entreprises publiques économiques sont tenues d’organiser et de renforcer des structures internes d’audit d’entreprise et d’améliorer, d’une manière constante leurs procédés de fonctionnement et de gestion ».
En 1993 la création de l’Association des Auditeurs Consultants Internes Algériens (AACIA) sa vocation principal est la promotion de l’audit interne et l’élévation de la compétence professionnelle de ses membres, elle est affilié à la I.I.A.
Définitions de l’audit interne
Plusieurs acteurs et instituts ont définit l’audit interne, on trouve parmi ces définitions :
Première définition
« Selon la théorie classique, l’audit interne assume par délégation une partie de la responsabilité de contrôle de la direction ».
Mais la définition reste floue :
– Quelle est cette «partie» de responsabilité qui serait déléguée ?
– Cen’estpaspropreàl’auditinterne:touslesdétenteursdepouvoirdansl’entreprise agissent par délégation de la direction.
– Responsabilitédecontrôle:lemot«contrôle»créetoutel’ambiguïté:dequelcontrôle s’agit-il ?
Deuxième définition
Signalons enfin la définition figurant dans le lexique » Les Mots de l’audit » « l’audit interne est au sein d’une organisation une fonction exercée de façon indépendante et sur mandat d’évaluation du contrôle interne. Cette démarche spécifique concourt à la maîtrise des risques parles responsables ». L’audit interne bénéficie d’une définition, et d’une seule. Ou plutôt d’une seule qui puisse prétendre être officielle et universelle; ce qui n’exclut pas les définitions concomitantes et explicatives.
Définition officielle
Cette définition accompagne les nonnes professionnelles et, comme ces dernières, elle est publiée par l’IIA, lequel fédère toutes les organisations nationales d’audit interne. La voici en sa traduction française :
L’audit interne est une activité indépendante et objective qui donne à une organisation une assurance sur le degré de maîtrise de ses opérations, lui apporte ses conseils pour les améliorer et contribue à créer de la valeur ajoutée. Il aide cette organisation à atteindre ses objectifs en évaluant, par une approche systématique et méthodique, ses processus de management des risques de contrôle et de gouvernement d’entreprise et en faisant des propositions pour renforcer son efficacité .
|
Table des matières
Introduction générale
Chapitre 01 : Cadre conceptuel de l’audit interne
Section 01 : Généralités sur l’audit interne
1- Dimension historique et définitions
2- Objectifs de l’audit interne
3- Les fonctions voisines
Section 2 : Déroulement d’une mission de l’audit interne
1-Définition d’une mission de l’audit interne
2- les critères de la mission d’audit
3-Les trois phases fondamentales de la mission d’audit interne
Section 3 : Les outils d’audit interne
1- Les outils d’interrogation
2- Les outils de description
3- Les techniques de l’auditeur interne
Chapitre 02: Le cadre général de la fonction approvisionnement
Section 01: Fonction approvisionnent
1-Définition de la fonction approvisionnement
2-Mission et tâches de la fonction approvisionnement
3-Objectifs et activités de la fonction approvisionnement
4-Le rôle de la fonction approvisionnement
Section 02: la gestion des achats, approvisionnement et stockage
1- les fonction amonts: des achats
2- Les fonctions aval: l’approvisionnement
3 -les stocks
Section 3 : La fonction achat et approvisionnement, apports et relation avec les autres fonctions
1- la distinction entre achat et approvisionnement
2-Les relations entre les achats et les autres fonctions de l’entreprise
3-L’apport de l’audit de la fonction achat
Conclusion générale
