APPROCHE THÉORIQUE SUR LA REVUE DE PRESSE
CADRE THÉORIQUE
Contexte
Née d’une volonté de rupture avec les théories de Ferdinand DE SAUSSURE (1949 : 5-6) portant sur les différences entre langue et parole, la sociolinguistique a toujours inscrit, depuis sa naissance vers les années 1960 avec les premiers travaux de William LABOV , le langage dans son contexte social. De ce fait, la langue est étudiée à partir des critères sociaux des locuteurs qui la parlent. C’est ce qui fait que tout domaine ayant comme objet le langage et/ou la langue entre obligatoirement de plain-pied dans son champ d’étude. De ce fait, la revue de presse, qui est une branche capitale du journalisme, ne peut pas échapper à son étude parce qu’ayant des caractéristiques et normes qui lui sont propres.
Ainsi, dans un monde où l’information est presque l’arme la plus redoutable des grandes puissances surtout, s’intéresser à la revue de presse, qui se donne comme seul sacerdoce de faire passer l’information, est d’une importance capitale.
Par ailleurs, les hommes ont toujours nourri un besoin ardent de se départir de leur ignorance à travers la communication. Cette fonction de communication passait par plusieurs médiums ; soit par l’écrit (pour les pays à tradition ancienne écrite) soit par l’oral (pour les pays traditionnellement ancrés dans l’oralité). Notons que la particularité de l’expression orale par rapport à l’écriture, est qu’elle est toujours accompagnée par ce que nous pourrions appeler le paraverbal, c’est-à-dire tout acte conscient ou inconscient qui se réaliserait au moment de l’acte de parler.
Ces actes peuvent être soit inconscients soit conscients. Nous parlerons aussi de proxémie (déplacement) et d’iconographie (image). En Afrique en général, et au Sénégal particulièrement, contrairement aux autres pays qui sont anciennement entrés dans une phase d’écriture, la communication a toujours été jalousement gardée par les griots qui sont « les dépositaires de la mémoire collective » .
( Djibril Tamsir NIANE, 1960 : 5-6) pour reprendre en substance l’expression utilisée par le grand griot Djeli Mamadou KOUYATE . C’est dans cette logique de diffusion de l’information que naissent les premières productions radiophoniques au Sénégal qui datent vers les années 1939. Le Sénégal dispose d’une première télévision dans les années 1970, dénommée Office de Radiodiffusion et Télévision du Sénégal (O.R.T.S) qui, à partir de 1992, porte le nom de Radiodiffusion et Télévision du Sénégal (R.T.S).
Aussi assistons-nous à l’émergence des médias vers les années 1980-1990, et surtout après la première alternance politique coïncidant avec l’arrivée de Abdoulaye WADE au pouvoir. Ces deux périodes marquent le pluralisme médiatique survenu après la mort du monopartisme et de la radio unique souvent orientée vers les préoccupations étatiques. C’est d’ailleurs dans le contexte de pluralité des radios sénégalaises que notre étude va être orientée, plus particulièrement vers la revue de presse qui est une rubrique qui existe dans presque toutes les radios du Sénégal.
Problématique
Le Sénégal, avec une situation identique à celle que l’on retrouve dans presque tous les pays de la zone francophone, se caractérise par un contexte linguistique où est présente une multitude de langues différentes. C’est cette présence de plusieurs langues dans un même espace géographique que l’on appelle le plurilinguisme. Ce dernier va exercer son influence sur toute l’étendue du territoire sénégalais, surtout avec la présence ancienne de la langue française qui nous a été léguée par le colonisateur et celle du wolof, qui y est la langue véhiculaire. Ce sont ces raisons qui justifient que, dans le domaine de la presse, la revue de presse se fait à la fois en français et en wolof. Mais de nos jours, nous pouvons constater presque à l’unanimité que, du point de linguistique, le problème essentiel de la revue de presse est qu’elle est malmenée tant dans la version française que dans celle wolof. Au-delà de la différence des deux contenus des deux revues faites dans une même radio, l’on note aussi souvent une forte utilisation de mots wolofs dans la revue de presse en français et viceversa. Ce phénomène aboutit à ce que l’on appelle le mélange de langues. Mieux encore, l’on voit une sorte de théâtralisation- surtout dans la revue de presse wolof. Et le non-respect des normes de la revue, pour la langue que le journaliste doit utiliser, n’est pas un fait que nous devons passer sous silence. En effet, ce sont toutes ces raisons qui justifient la légitimité de cette question : En quoi consistent les écarts de langue et le non-respect des normes dans les revues de presse ?
Au-delà de la situation linguistique du Sénégal où est présente une pluralité de langues locales différentes, vient s’ajouter une autre qui se dessine à travers la cohabitation entre le français et la ou les langue(s) nationale(s). Plus particulièrement c’est le wolof qui occupe une place privilégiée comparé à celles-ci. En effet, le domaine de la revue presse, qui devrait être exclusivement réservé à la langue française, est obligé aujourd’hui, par la force des réalités langagières, de réserver une bonne place aux autres langues locales du milieu. De ce fait, la revue de presse se trouve dans l’obligation d’être faite en français et en wolof dans le but de satisfaire l’auditoire. Ce choix est motivé par le fait que la plupart des Sénégalais maîtrisent mieux les locales nationales que le français.
Documentation
Pour la documentation, nous avons consulté d’abord la bibliothèque centrale de l’Université (BU) qui nous a permis de lire des ouvrages généraux et spécifiques concernant notre sujet. La lecture de ces documents a grandement contribué à la meilleure compréhension de notre sujet et elle nous a orienté vers d’autres pistes afin de mieux cerner la problématique de notre sujet. Ensuite, le Centre de Linguistique Appliquée de Dakar (CLAD) nous a aussi donné l’occasion de consulter plusieurs ouvrages de linguistique et de sociolinguistique, de lire plusieurs articles qui nous ont permis d’avoir un capital de compréhension nécessaire pour pouvoir bien cerner et traiter notre sujet sans trop de difficultés. Enfin les bibliothèques départementales, telles que la bibliothèque de Lettres Modernes et celle de Linguistique, nous ont été d’une grande utilité. C’est après plusieurs lectures et confrontations des informations reçues que nous avons eu plus de clarté pour mieux savoir les tenants et les aboutissants de notre sujet.
Pratiquement, ce sont les seuls lieux de documentation que nous avons consultés. Nous allons préciser avant de finir que l’internet aussi nous a beaucoup servi dans nos recherches, surtout les sites comme www.sociolinguistique.fr, www.cairn.info, www.bibnum entre autres.
Cependant, notons que toutes ces recherches, bien qu’elles soient très utiles, n’ont pas suffisamment satisfait notre goût de recherche. Ceci peut être expliqué du fait que nous n’avons pas trouvé trop de documents qui s’intéressent directement à l’étude de notre sujet parce se portant sur un domaine moins exploité qu’est la revue de presse. L’autre aspect assez important à souligner est que parfois, dans les centres de documentation ou bibliothèques, il nous a été très difficile voire impossible d’accéder à certains documents pour des raisons que nous ignorons.
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Table des matières
INTRODUCTION
PREMIÈRE PARTIE : APPROCHE THÉORIQUE SUR LA REVUE DE PRESSE
CHAPITRE PREMIER : CADRE THÉORIQUE
CHAPITRE DEUXIÈME : CADRE MÉTHODOLOGIQUE
DEUXIÈME PARTIE : EXPLOITATION ET ANALYSE DU CORPUS
CHAPITRE TROISIÈME : PHÉNOMÈNES DE CONTACT DE LANGUES LIÉS À L’EMPRUNT
CHAPITRE QUATRIÈME : QUELQUES ASPECTS SUR LA REVUE DE PRESSE
CONCLUSION
ANNEXES
BIBLIOGRAPHIE
