Analyse annuelle de la variabilité pluviométrique de la ville de Thiès de 1918 à 2012

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Echantillonnage pour les questionnaires

Les quartiers inondés sont nombreux. Ces quartiers sont éparpillés sur l’ensemble du territoire de la ville dans les communes d’arrondissements de Thiès Est et Thiès Nord. A Thiès Est, il y’a les quartiers de Hersent et de Sampathé ; à Thiès Nord, il y’a Nguinth, Diakhao et Médina Fall. Cependant, l’intensité des inondations varie d’un quartier à l’autre. Excepté le quartier de Nguinth qui est en partie inondé en permanence à cause de la nappe qui est sub-affleurante, les autres quartiers ne sont inondés que temporairement. C’est pour cela que les quartiers de Nguinth et de Sampathé vont faire l’objet d’une étude plus détaillée puisque dans les autres quartiers l’inondation ne dure pas, il s’agit plutôt de stagnation. C’est sur cette base que nous déterminons notre échantillonnage. Les inondations puisqu’elles concernent les maisons, c’est sur ces maisons inondées, qu’on administre les questionnaires en fonction de l’importance du nombre de maisons inondées par quartier.
-Pour Sampathé : dans ce quartier le nombre maisons inondées n’est pas disponible les estimations portent sur le nombre de ménages qui sont à chaque hivernage, en partie logés au collège de Sampathé Ba. Ce nombre est estimé selon les données du délégué de quartier de 91 à 100 sur un total de 410 ménages (RGPHAE 2013) 11 . De ce fait nous prenons un échantillonnage assez représentatif de 50% ce qui fait 50 ménages avec un pas de sondage de un ménage sur cinq. Cependant dans une concession, il peut y avoir plusieurs ménages, ainsi on fait tout pour recueillir les propos de 50 ménages dans des concessions situés à différents niveaux.
-Pour Nguinth : le quartier de Nguinth est composé de deux « sous quartier ». Ces derniers sont Nguinth Horticole et Nguinth Extension et sont tous les deux concernés par les inondations. D’après un recensement fait par le cadastre de Thiès et une commission de recensement composée par les habitants du quartier et sur une demande du préfet de Thiès, le nombre de concessions inondées en 2014 est estimé à 132, avec 71 pour Nguinth Horticole et 61 pour Nguinth Extension sur un total de 595 concessions (RGPHAE 2013)12. Il faut cependant comprendre que ces 595 concessions concernent Nguinth, Thiono Peulh et Thiono Sérére dont on va essayer de tenir compte. Si on prend 50% de 132 concessions on a 66 concessions pour Nguinth à partager dans les deux sous quartiers en fonction de la différence des effectifs. Puisque la différence n’est que de 10 concessions avec Guinth Horticole qui l’emporte sur Nguinth Extension, nous prenons 36 concessions pour Nguinth Horticole et 30 pour Nguinth Extension pour avoir un pas de sondage d’une concession sur cinq.
-Pour les autres quartiers à savoir Médina Fall, Diakhao et Hersent vu que les eaux ne stagnent que temporairement au niveau des espaces à sol nu on ne va pas administrer des questionnaires sinon des guides d’entretien aux responsables des quartiers pour avoir les informations de base pour compléter l’étude.

LES CARACTERISTIQUES DEMOGRAPHIQUES DE LA VILLE DE THIES

historique et présentation de la ville

Les premiers habitants de Thiès furent les sérères nones établis vers 1804. Ils vivaient principalement de l’agriculture, de l’élevage et de la chasse. Le village de Thiès était le lieu de passage des commerçants et voyageurs qui devaient se rendre au comptoir de Rufisque. Les massifs qui le bordaient et qui étaient d’un accès assez difficile constituaient le repère des brigands d’où le nom de ‘’ravin des voleurs’’.
Les multiples attaques et pillages, sur cet important axe routier qui reliait le Baol au comptoir de Rufisque, compromettaient l’économie coloniale. Ainsi, pour assurer la sécurité de leurs activités et de la zone, les colonisateurs implantèrent au niveau de Thiès un fort en 1864 qui marqua les premiers moments de l’installation effective des français sur le sol de Thiès. Cette implantation va s’accompagner de la réalisation de pistes et de routes pour sortir Thiès de son isolement, ce qui va en faire une zone d’escale pour les caravaniers du Cayor qui allaient sur Rufisque. (Diagnostic urbain de la ville de Thiès et de sa zone d’influence, 2012)14
La population de la ville de Thiès est passée de 237849 habitants en 2002 (RGPH 2002)15 à 286215 habitants en 2010. Elle est concentrée sur une superficie de 68,82 km² et abrite 17,3 % de la population régionale en 2010.
Cette augmentation est le résultat de l’accroissement naturel de la population mais aussi de la migration qui a caractérisé la ville depuis sa création.
Thiès avec un taux d’urbanisation de 49%, regroupe 14% de la population urbaine du Sénégal. (RGPHAE, 2013)16. Selon les résultats de l’ESAM, environ 20% des ménages urbains sont composés de locataires et 9/10 de ces derniers sont logés par un parent ou un ami. (PRDI)17
En raison de sa proximité avec Dakar, la ville de Thiès, amorce une croissance démographique forte et rapide. Thiès, ville de 636.088 habitants (RGPHAE, pop département)18, offre aujourd’hui une bonne qualité de vie. Elle est devenue très attractive pour de nombreux cadres de Dakar qui souhaitent y vivre en famille ou y prendre leur retraite. L’attractivité de Thiès, déjà reliée quotidiennement à la capitale par le petit train de banlieue (PTB), se trouve encore renforcée du fait de la réalisation d’une section d’autoroute entre Dakar et Diamniadio, première phase du projet de liaison Dakar-Thiès.

La gestion des eaux usées et pluviales

Dans le cadre de la réalisation du plan national d’aménagement du territoire, les régions du pays ont été dotées en 1997 de schémas régionaux d’aménagement du territoire (SRAT). Ces outils d’organisation de l’espace mis en place par les pouvoirs publics ont surtout pour but de corriger les disparités majeures à partir d’un ajustement territorial et d’une organisation spatiale des activités, des infrastructures et de la population au service de la croissance et du développement durable. Après l’élaboration de ces outils de planification spatiale, leur actualisation qui devrait se faire suivant une périodicité de cinq ans a été faite pour la plupart en 2004.
L’assainissement est un des défis majeurs auxquels la ville doit faire face. La situation topographique de la ville de Thiès rend les problèmes d’assainissement plus aigus surtout pour ce qui concerne l’évacuation de grandes quantités d’eau de ruissellement provenant du plateau de Thiès. C’est un secteur qui demande beaucoup de moyens à l’échelle de la ville mais aussi au niveau des concessions.
Le réseau d’assainissement a subi d’importantes innovations avec la station d’épuration de Thiès pour la gestion des eaux usées mais le maillage n’est pas encore satisfaisant. Certains quartiers restent encore non connectés pour des raisons liés à leur structure mais aussi aux coûts des ouvrages individuels. Le réseau d’évacuation des eaux pluviales demande des travaux de réhabilitation et d’extension.
Le réseau d’assainissement de la ville est composé d’un système séparatif qui est constitué de deux réseaux distincts : l’un pour l’évacuation des eaux pluviales notamment celles de ruissellement venant du plateau et l’autre pour les eaux usées. Cependant, l’ONAS ne s’occupe que du traitement et de la collecte des eaux usées. Pour ce qui est des eaux pluviales, c’est le service technique de la mairie de la ville de Thiès qui s’en charge.
Le réseau urbain actuel se présente comme suit :
Dans la zone Nord avec:
• Un réseau ancien de 15 Km réalisé en amiante ciment avec une plage de diamètre comprise entre 250 et 700 mm ;
• Un réseau neuf de 25 Km en PVC réalisé par l’ONAS en 2007.
Dans la zone Sud avec:
• un réseau de 35 Km en PVC avec une station de relevage.
En définitive la ville de Thiès se trouve actuellement desservie par un réseau d’assainissement des eaux usées d’un linéaire total de 75 Km et dotée d’une station de traitement en plus d’une station d’épuration d’une capacité de 3000 m3/j située à Keur SAIB NDOYE.

l’évolution urbaine de la ville de Thiès

organisation administrative

La région de Thiès couvre une superficie de 6.601 km² soit 3,4 % du territoire national. Elle est découpée en 03 départements : Mbour, Thiès et Tivaouane. La ville de Thiès est le chef-lieu de la région et du département du même nom. La région comprend dix (10) arrondissements et compte cinquante (50) collectivités locales réparties comme suit: une (01) région, une (01) ville, quatorze (14) Communes, trois (3) Communes d’Arrondissement et trente et une (31) Communautés rurales. L’année 2008 a vu la création de trois communes d’arrondissement, qui composent la ville de Thiès, et de quatre nouvelles communes dans le département de Mbour (Ngaparu, Popenguine, Salyportudal et Somone).19 Le découpage de la commune de Thiès en trois mairies d’arrondissement est devenu effectif en octobre 2009. Désormais, la commune de Thiès porte la dénomination de « Ville de Thiès ». Les communes d’arrondissement de la ville de Thiès et les quartiers qui les constituent sont fixées ainsi qu’il suit :
-la commune d’arrondissement de Thiès Nord regroupe les quartiers suivants :
Université de Thiès (site Polytechnique), la zone militaire, les quartiers de Diakhao, Diakhao-Thialy, Thialy, Nguinth, Escale Nord, Keur Mame El Hadji, Keur Cheikh Ibra, Takhikao, Kawsara, Médina Fall, Médina Fall Extension, Keur Issa, Diassap, Keur Modou Ndiaye, Keur Saib Ndoye, Poniène, Thionakh, Thiapong, et la ZAC.
-La commune d’arrondissement de Thiès Est avec les quartiers de :
Ballabey, DVF, Malamine Senghor 1 et 2, Mbambara, Ablaye Yakhine, Cité Senghor 1 et 2, Diamaguène, Sampaté, Hersent 1 et 2, Cité Lamy, Parcelles Assainies 1, 2, 3 et 4 ; Silmang, Darou Salam, Fayu 1 et 2.
-la commune d’arrondissement de Thiès Ouest avec en son sein les quartiers suivants : Escale Sud, 10ème ex RIAOM, Carrières, HLM route de Mbour, Cité Malick Sy, Thiès None, Zone Industrielle, Randoulène Nord et Sud, Som, Mbour 1, 2, 3 et 4 ; Sud stade, Grand Standing, Route de Dakar 1 et 2.
Cependant avec l’extension de la ville, il existent plusieurs nouveaux quartiers qui ne sont pas encore reconnu administrativement. Cette situation est principalement due à l’implantation massive de quartiers non loties (habitats spontanés ou irréguliers « Keur Serigne Ablaye Niakhite (Gouy Sombel) », « DVF (Aiglon Bountou Dépôt) », etc.) dans les environs des centres villes et à l’extension des communes. La floraison de ces quartiers irréguliers est surtout due à l’exode rural, qui fait que bon nombre de villageois, à la recherche de conditions de vie meilleures dans les communes voisines, s’installent dans les zones périphériques de ces dernières. La non existence d’un Plan Directeur d’Urbanisme (PDU) pour chacune des 14 communes ou commune d’arrondissement de la région de Thiès, ainsi que la non application des plans de restructuration, pour les quartiers irréguliers, sont parmi les principales difficultés qui sont confrontées au secteur de l’urbanisme.

Etalement de la trame urbaine

Le premier lotissement de Thiès fut réalisé en 1885; il concernait les alentours de la gare ferroviaire. La ville était alors constituée du quartier commercial, de la zone résidentielle, du centre administratif et du camp militaire.
Le statut de ville coloniale de Thiès s’est renforcé avec la construction de la gouvernance et l’installation du premier administrateur civil en 1893, l’extension du Camp Militaire en 1894 et de la Prison en 1896. Les villages déplacés formèrent ainsi les quartiers de Diakhao et de Nguinth.
En 1904, Thiès fut érigée en commune mixte et a continué à se renforcer avec l’installation des ateliers de réparation des chemins de fer en 1923 et la construction en 1924 de la Cité Ballabey. Cela a entrainé l’afflux de populations et la naissance des quartiers périphériques de Takhikao, de Médina FALL, de Mbambara et de Randoulène.
Le développement de la ville vers le Nord Est et le Sud Est s’est poursuivi jusqu’en 1940, mais la création de la base militaire et de l’aéroport en 1940 vont réorienter son expansion vers le Nord-Ouest.
Vers 1949, le caractère urbain de la ville s’affirma avec la création de zones résidentielles au Nord et à l’Ouest, l’ouverture de vastes avenues à travers les quartiers périphériques : Diakhao, Takhikao, et Mbambara. La ville se modernisa avec le remplacement des cases en paille ou en banco par des constructions en dur.
La construction de la route Dakar – Thiès en 1952 a également rendu la ville plus attractive. Ainsi, on a assisté à l’étalement du quartier de Médina Fall vers l’Est, et la création de Grand Thiès.
En 1960, date d’accession du Sénégal à l’indépendance, Thiès devient le chef-lieu de la région qui porte son nom. Un déplacement du front urbain vers le Sud et le Sud-Ouest fut noté avec les lotissements des Parcelles Assainies, de FAHU, Sud Stade, Grand Standing etc.
La ville de Thiès a bénéficié de programmes importants d’équipements et d’infrastructures notamment à l’occasion des fêtes de l’indépendance de 1979 et de 2004.
Le programme spécial indépendance 2004 a permis à la ville de bénéficier de nombreux investissements en infrastructures routières, sportives, culturelles, etc. et la réalisation d’une Zone d’Aménagement concerté (ZAC) de 100 ha à Nguinth qui a entrainé son extension vers le nord. Cependant, la ville de Thiès, ne dispose que de réserves foncières très restreintes dans ces limites administratives. Son territoire est ceinturé par la communauté rurale de Fandène avec une petite ouverture sur celle de Keur Mousseu ; la forêt classée de Thiès étant à cheval entre les trois collectivités locales. Cette situation n’a pas manqué de faire apparaître des tensions foncières importantes entre les collectivités qui ne pourront trouver d’issue que par une double approche : le développement d’un nouvel urbanisme moins consommateur d’espace, qui rapproche l’urbain et le rural et plus respectueux de l’environnement, et la nécessaire collaboration entre collectivités de l’aire d’influence de Thiès condamnées à s’entendre pour élaborer et partager un même projet de territoire. Cette double approche ne sera possible que si émerge une prise de conscience des enjeux à un niveau régional, en dépassant les échelles communales.
L’extension de cette ville ferroviaire s’est accompagnée d’une absorption de terres cultivables qui appartiennent à la Communauté Rurale de Fandéne qui compte 36 villages (15 400 habitants en 2000). Une bonne gestion foncière entre la commune et la Communauté Rurale nécessite la prise en compte des intérêts des différents acteurs impliqués, que sont les responsables politiques et administratifs et les habitants. Thiès est une ville jeune et active : la majeure partie de sa population travaille dans les mines de phosphate de Taiba et de Pallo.

Analyse annuelle de la variabilité pluviométrique de la ville de Thiès de 1918 à 2012

La moyenne annuelle de la série est de 561mm. Sur les 95 années 46 sont excédentaires et 49 sont déficitaires. L’année la plus déficitaire est 1972 avec un écart de moins 333mm et la plus excédentaire est 1935 avec un écart de 665,3mm par rapport à une moyenne de 560,1mm. De 1918 à 1966, on note que quelques années déficitaires et les déficits sont moins grands et le plus grand est de 460,9mm en 1941. Pendant cette période les années excédentaires dominent. Sur ces 48 années 14 seulement sont déficitaires et le reste c’est-à-dire 34 sont excédentaires. Pour ce qui est du reste de la série qui va de 1967 à 2012 donc 47 années, il est noté une série très déficitaire surtout pendant les années 1960 qui marque la sécheresse des années 60. Le pic de déficit se situe en 1968 avec moins 325,3mm. Cette tendance est constante jusqu’en 2012 avec quelques excédents qui grimpent jusqu’à 1969 dont un écart de 260,1mm.
Ce graphique ci-contre indique la variabilité pluviométrique annuelle de la ville de Thiès de 1918 à 2012. Sur ce graphique nous pouvons noter trois périodes : de 1918 à 1941, de 1941 à 1965, et de 1941 à 2012.
De 1918 à 1941, les pluies sont assez bonnes et varient de 379,1 (1922) à 1039,2 (1950). Mais en 1941 un énorme fossé se creuse, la pluviométrie enregistrée est de 100,1mm. Ceci doit être dû au fait qu’il ait des lacunes dans la collecte des données parce que cette date ne coïncide pas avec la période de sécheresse qui a beaucoup marqué le territoire sénégalais.
Ainsi, si on prend en compte cette lacune le graphique peut comporter deux périodes à savoir, la période 1918-1967 et la période 1968- 2012 et c’est sur cette base que nous allons faire l’analyse annuelle.
Pour la première période qui va de 1918-1967, les pluies sont assez régulières avec deux années qui ont une pluviométrie qui dépasse 1000mm. Celles-ci concernent les années 1935 avec 1224,5mm et 1950 avec 1039,2mm. Pendant cette période, les pluies annuelles dépassent largement 400mm sauf en 1922 où on enregistre 379,1mm. Cependant, il faut noter que seulement 12 années sont déficitaires contre 36 années excédentaires sur 48années.
Par contre, pour la deuxième période qui va de 1968 à 2012, nous pouvons dire que c’est une période déficitaire. Sur 45 années, nous avons 31 années déficitaires et 14 seulement excédentaires. Et sur les années déficitaires il y’en a qui ont une pluviométrie qui n’atteint même pas 300mm. Cependant, ces derniers ne se succèdent qu’en 1972 et 1973, les autres sont réparties entre les années et sont observées en 1968, 1977, 1983. L’année 1969 est la plus excédentaire de cette période avec 819,3mm.
Enfin, nous pouvons retenir que la variabilité pluviométrique notée dans la ville de Thiès peut mettre la population dans l’embarras. La population est parfois surprise par la pluie. Une année très pluvieuse peut être succédée par une année sèche voire très sèche. Et ceci vice versa. Nous qualifions d’année sèche une année où la pluviométrie est très en dessous de la moyenne ; et d’année pluvieuse une année où la pluviométrie excède très largement la moyenne et une année normale une année dont la pluviométrie est proche ou égale à la moyenne. Ces phénomènes cycliques d’alternance d’année sèche ou pluvieuse peuvent avoir de mauvaises conséquences surtout s’ils sont imprévisibles.

ANALYSE MENSUELLE DE LA PLUVIOMETRIE DE LA VILLE DE THIES DE 1918 A 2012

La pluviométrie moyenne enregistrée dans la ville tourne autour d’une moyenne de 560,1mm pour les 95 années. Elle suit une évolution en dents de scie. Toutefois, il convient de noter que la bonne pluviométrie n’est pas sans inquiétude pour les de les Thièssois en raison des risques d’inondation auxquels les quartiers sont exposés.
Les pluies mensuelles sont réparties entre juin et octobre avec le maximum mensuel en août. Si le maximum mensuel se situe en août, il peut aussi varier en fonction de la précocité ou du retard du démarrage des pluies. Mais les mois les plus pluvieux sont août et septembre. Ainsi, nous allons faire faire l’analyse mensuelle de la pluviométrie d’abord en fonction des débuts et fins d’hivernages puis en fonction des mois les plus pluvieux.

Analyse selon les débuts et les fins d’hivernage

L’analyse mensuelle à partir des débuts et fins d’hivernage permet de déterminer la durée des hivernages. De ce fait, pour les débuts, sont qualifiés : de précoces ceux qui débutent en avril-mai, de normaux ceux qui débutent en juin et de tardif ceux qui débutent en juillet. Et pour ce qui est des fins sont qualifiées : de précoces ceux qui finissent en septembre, de normales ceux qui finissent en octobre et de tardives ceux qui finissent en novembre voir décembre. (Sagna, P., 2011).24 Les débuts et fins précoces et tardifs sont exceptionnels donc rares.
Normalement l’hivernage débute au mois de juin pour terminer au mois d’octobre. Mais, dans la ville de Thiès la pluviométrie est variable. On note des débuts aux mois d’avril et de mai donc précoces, d’une fréquence de 9,7%. Sur 93 hivernages, 9 sont précoces. Ces derniers concernent les années 1932, 1936, 1943, 1950, 1951, 1952, 1955, 1959, 1979.
Les débuts normaux dominent très largement avec une fréquence de 69,9% dont 65 années, tout de même, ces années ne sont successives. Elles le sont qu’au début de la série seulement de 1918 à 1931 puis commence les perturbations des débuts d’hivernage.
Des débuts tardifs sont aussi notés sur 19 années avec une fréquence de 10, 6%. Ces derniers sont les années 1938, 1942, 1968, 1969, 1970, 1975, 1976, 1980, 1982, 1986, 1992, 1993, 1998, 2000, 2004, 2005, 2007, 2011, 2012. Ces débuts sont très variables mais ne déterminent ni les durées des hivernages encore moins la pluviosité d’une année.
Un hivernage peut avoir un début tardif tout en ayant une forte pluviométrie ; par exemple l’année 1969 qui est même excédentaire avec une pluviométrie de 819,3mm.
Dans la ville de Thiès la durée des hivernages est très variable et il est fort probable que, plus l’hivernage dure, plus la pluviométrie soit importante, plus les phénomènes d’inondations se font ressentir. Mais il peut arriver qu’un hivernage soit long et peu pluvieux.

Analyse selon la durée des hivernages

Ce tableau ci-dessus montre des hivernages qui varient de 3 mois à 7 mois. La durée des hivernages est déterminée par son début et sa fin, plus il débute tard, plus la durée risque d’être courte. Pendant l’année 1927, l’hivernage n’a duré que 3mois mais, la pluviométrie n’est pas pour autant déficitaire. Malgré la courte durée de l’hivernage, l’année 1927 est excédentaire et enregistre une pluviométrie de 604,3 mm d’où 48,1 mm d’excédent.
Les hivernages de 5 mois sont plus fréquents avec 55% dont 51 années et sont éparpillés entre les 95 années ; contre 28% pour les hivernages de 4 mois et 5,4% pour les hivernages de 7 mois. Pendant les 5 hivernages de 7 mois, les pluviométries sont toutes excédentaires.
Tout de même, sur la durée des hivernages la pluviosité varient d’un mois à l’autre. Les mois concernés par l’hivernage sont : juin, juillet, août, septembre, octobre. En juin débute timidement l’hivernage avec des pluies qui ne sont pas régulières. D’habitude, c’est pendant le mois d’août qu’il pleut le plus et ces pluies sont assez régulières.
Cette régularité détermine une intensité qui ne fait qu’empirer les inondations parce que non seulement le sol est saturé mais aussi l’eau a du mal à s’écouler. Cette eau qui se trouve piégée va essayer de se frayer un passage. Et à cause de l’urbanisation galopante, des maisons sont construites sur les voies de passage des eaux. La quantité d’eau pluviale qui devrait ravitailler la vallée de Fandène est réduite à cause du volume qui est perdu pendant l’écoulement, soit en stagnant dans des rues soit en envahissant des maisons. L’intensité des pluies peut être accompagnée d’une telle fréquence que avant même que les sinistrés n’évacuent les eaux qui occupent leurs maisons une autre pluie survient; mettant ces derniers dans le désarroi.

Analyse selon les mois les plus pluvieux

Ce graphique ci-contre nous permet de déterminer les mois les plus pluvieux. Et le mois d’août domine largement suivi de près par le mois de septembre. Pendant les autres pois de l’hivernage, les pluies sont moins importantes et mal réparties. Il peut rester plus de dix jours sans pleuvoir. Le mois d’août est considéré à Thiès comme étant le mois le plus pluvieux ce qui fait une fréquence de 62,4% d’où 58 années sur 93. La pluie mensuelle de ces années où les mois d’août sont les plus pluvieux excède chaque fois 100mm sauf en 1972 et en 1973. Ces années sont même très déficitaires avec une pluviométrie annuelle de 228mm et 266,5mm d’où des – déficits de 328,1mm et 289,6mm avec 68,7mm et 86mm pour ces mois d’août. Mais le fait qu’il soit le mois le plus pluvieux ne détermine pas pour autant une forte pluviométrie annuelle. Par exemple en 1977, le mois d’août est le plus pluvieux et dépasse 100mm avec 135,4mm, néanmoins, cette année enregistre un déficit de 267,5mm.

ANALYSE JOURNALIERE DE LA VARIABILITE PLUVIOMETRIQUE DE LA VILLE DE THIES DE 1918 A 2012

L’étude des inondations ne peut se faire sans au préalable une analyse des données pluviométriques journalières. Ces données sont éparpillées sur les années en fonction des saisons. Elles sont plus denses en saison pluvieuse, et en saison sèche elles caractérisent les pluies hors saisons ou Heugs qui d’habitude ne dure qu’un jour. La plus importante qui est de 56mm est, en 2002, les 9 et 10 janvier avec 44,3mm et 11,7mm. Ces pluies de Heugs sont causées par les intrusions d’air polaire. Celles-ci sont surtout redoutées par les paysans. Ces pluies surviennent parfois après les récoltes au moment où les récoltes sont entassées à même le sol dans les champs. Ce qui gâchent ces récoltes, elles peuvent pourrir, commencer à germer ou être emporter par les eaux pluviales.

analyse en fonction de l’importance des pluies journalières

Pour analyser la variabilité de la pluviométrie journalière, les données sont traitées avec le logiciel de traitement des données pluviométriques Hydraccess avec la loi de Goodrich. Ce qui a donné ce graphique ci-contre.
La récurrence qui est la période de retour de l’événement dont on voudrait se prémunir varie de 2 ans à 100 ans. Il est fort probable, d’avoir une pluie journalière de 86,9 mm tous les 2 ans, une pluie de 113,2mm chaque 5ans, une pluie de 134,3mm chaque 10 ans, une pluie de 156,4mm tous les 20 ans, une pluie de 178,1mm tous les 50ans, une pluie de 211,3mm chaque 100ans. Il faut rappeler que ces pluies sont des pluies journalières qui varient de 86,9mm à 221,3mm et le fait qu’elles soient journalières peut créer d’énormes problèmes étant donné l’importance de la hauteur de ses pluies. Mais les plus faibles de celles-ci sont plus récurrents.
Il est aussi noté des cas extrêmes avec des pluies journalières de plus de 100mm. Ces cas sont observés sur 10 années et sont enregistrés 12 fois avec deux cas pendant la même année en 1935 et 1940. Avec respectivement 104mm le 17 août 1935 et 150,1mm le 25 août 1935 puis 117,2mm le 6 août 1940 et 115mm le 15 août 1940. Ces pluies de plus de 100mm sont aussi enregistrées pendant les périodes suivantes : le 27 août 1918 avec 117,4mm, le 20 août 1928 avec 119,9mm, le 1er août 1933 avec 151,6mm, le 20 août 1942 avec 100,2mm, le 10 août 1955 avec 155,1mm, le 11 septembre 1957 avec 133,7mm, le 23 août 1962 avec 105,4mm, et le 25 août 1964 avec 150,1mm. Exceptée l’année 1957, ces pluies de plus 100mm surviennent au mois d’août qui est considéré comme étant le mois le plus pluvieux. Ces observations s’arrêtent entre 1918 et 1964, pour ce qui du reste de la série c’est-à-dire de 1965 à 2012 les pluies journalières les plus importantes dépassent à peine 90mm.
Ces pluies qui sont d’une certaine intensité et qui sont précipitées en une seule journée peuvent avoir des conséquences désastreuses. Mais pendant cette période c’est-à-dire de 1918 à 1964, la ville de Thiès n’était pas confrontée aux problèmes d’inondations. La population n’était pas aussi dense et l’urbanisation se faisait à un rythme soutenu. Les dépressions n’étaient pas occupées par des maisons et les routes n’étaient pas tous revêtues. Parce que le revêtement des routes rend imperméable le sol, d’où un ruissellement des eaux d’autant plus que la voirie est parfois à un niveau élevé. Ce qui peut créer un déversement des eaux dans les maisons aux abords de la route comme à Nguinth Extension.

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Table des matières

SIGLES ET ABREVIATIONS
INTRODUCTION GENERALE
Problématique
Revue documentaire
Cadre conceptuel
Objectifs et hypothèses de recherche
Méthodologie
PREMIERE PARTIE : les caractéristiques physiques et démographiques de la ville de
Thiès
CHAPITRE I : les caractéristiques physiques de la ville de Thiès
1-la situation géographique
2- le climat et la pluviométrie
3-le réseau hydrographique
4-le relief et les sols
CHAPITRE II : les caractéristiques démographiques de la ville de Thiès
1- l’historique et la présentation de la ville
2 -la gestion des eaux usées et pluviales
3 –l’évolution urbaine de la ville de Thiès
A- organisation administrative
B- étalement de la trame urbaine
DEUXIEME PARTIE : la variabilité de la pluviométrie de la ville de Thiès
CHAPITRE I : Analyse annuelle de la variabilité pluviométrique de la ville de Thiès de 1918 à 2012
CHAPITRE II : Analyse mensuelle de la variabilité pluviométrique de la ville de Thiès de 1918 à 2012
1 – Analyse selon les débuts et fins d’Hivernage
2 – Analyse selon la durée des hivernages
3 – Analyse selon les mois les plus pluvieux
CHAPITRE III : Analyse journalière de la variabilité pluviométrique de la ville de Thiès de 1918 à 2012
1 – Analyse en fonction de l’importance des pluies journalières
2- Analyse en fonction de la succession d’événements pluvieux
TROISIEME PARTIE : les inondations dans la ville de Thiès et ses conséquences
CHAPITRE I : les origines des inondations dans la ville de Thiès
1-la pluie, la cause principale des inondations
2-lesproblèmes d’aménagement amplifient es inondations
3-l’évolution urbaine est une des conséquences des inondations dans la ville de Thiès
CHAPITRE II : les conséquences des inondations dans la ville de Thiès
1-les conséquences sur le plan physique
2-les conséquences sur le plan humain
3-stratégies de gestions des inondations
CONCLUSION GENERALE
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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