Définitions de l’innovation

Périmètre théorique

L’innovation est une notion abordée dans divers champs de recherche. L’abondance des publications imposent de limiter le périmètre d’étude. L’absence de standardisation dans le formalisme impose de préciser les termes retenus dans cette étude. Par ailleurs, le manque de résultats directement opérables contraint à définir un axe de recherche adapté à l’industriel plutôt qu’à s’inscrire dans un courant théorique établi. Les champs de recherche sont limités en fonction de l’utilité des informations pour traduire les résultats de cette étude en termes d’actions.

L’impossibilité pratique de parcourir l’ensemble de ces vastes champs a induit une nécessité de précision du périmètre de leur exploration. La thèse ayant une finalité industrielle pratique, elle sélectionne dans chacun des outils et méthodes pour répondre au mieux à la problématique initiale « Que faut-il faire, et comment, pour développer l’innovation? ». Elle adapte les résultats acquis dans diverses disciplines académiques et ne cherche pas à proposer de nouveaux outils théoriques. Les paragraphes suivants présentent les démarches conduites dans différents champs de recherche.

L’étude a été dirigée dans le domaine économique essentiellement autour de notions de stratégie, pour saisir les facteurs sensibles contraignants les innovations, de notions d’évaluation financière, dans un but de leurs caractérisations pratiques, et de notions de gestion des risques, pour appréhender l’incontournable incertitude des projets innovants. Dans le domaine des sciences humaines, les champs parcourus ont essentiellement été ceux de la psychologie et de la sociologie. Dans le champ des sciences de l’ingénieur, l’étude a nécessité de tenir compte des sciences techniques (matériaux, mécaniques…) et des méthodes d’accompagnement comme la gestion de projet.

Définitions de l’innovation 

Si l’innovation est toujours associée à une nouveauté, le terme traduit selon les auteurs des approches diverses. Sans être antinomiques, elles impliquent cependant des choix d’ingénieries différentes. Les logiques de développement qui en découlent encouragent des comportements favorisant chacun l’émergence d’innovations différentes, et orientent les entreprises selon des trajectoires variées.

D’un point de vue économique, une innovation est « une invention qui rencontre un marché » [CUN 91]. Elle est l’industrialisation réussie d’une découverte technique. Dans cette optique, la compréhension des besoins clients, le marketing et le positionnement face à la concurrence sont primordiaux. D’un point de vue opératoire, une innovation est « une transformation d’une idée en objet nouveau » [AFN 91]. Le contrôle de la qualité et la capitalisation des retours d’expérience sont les facteurs clés de la réussite car ils améliorent un processus opérationnel. D’un point de vue systémiste, une innovation est « une insertion parfaite d’un projet dans son environnement» [MEL 79]. Elle est une opportunité investie. L’évaluation des risques est décisive car elle permet de lire l’environnement pour distinguer les situations à fort potentiel. D’un point de vue cognitif, une innovation est « une capacité à transgresser les règles » [BUR 02]. Elle est une rupture des modes de raisonnement et de production. La variété des représentations mentales et la capacité à surmonter l’incertitude sont déterminantes puisqu’innover revient alors à penser différemment (« out of the box thinking »). D’un point de vue « biologique » (au sens évolution des espèces), une innovation est une « activité économique qui a su s’adapter » [CHA 09]. Elle est une réponse à une rupture d’équilibre du système industriel. Dans cette perspective, la réactivité des équipes et les motivations sont essentielles. D’un point de vue sociologique, une innovation est « une évolution des modes d’organisations ou des jeux de pouvoir» [PAR 95] Elle est un processus social générateur d’inter-relations informelles. La gestion de l’information et la répartition des responsabilités jouent un rôle prépondérant. D’un point de vue technologique, une innovation est « une transformation des savoirs en activité industrielle » [AIT 06]. La cohérence des activités, la logique de leur enchainement et l’alignement des objectifs sont les clés du succès. Si toutes ces dimensions doivent être intégrées dans le pilotage de l’entreprise, l’approche retenue pour l’hélicoptériste est économique et opératoire. En effet le faible volume de ventes, pénalisées par les coûts prohibitifs des appareils, est la problématique centrale de l’industriel. Les questions relatives à la formation du personnel, à la gestion des transferts de connaissances ou d’organisation, bien que présentes, n’ont pas été identifiées dominantes. Les contraintes de réduction des coûts ont par contre été évoquées dans tous les projets innovants, y compris ceux qu’elles n’avaient pas directement motivés Que les ambitions initiales aient été commerciales (prise d’un marché, fin de monopole, révision des terme d’un contrat…), intellectuelle (acquisition de savoir faire, protection par dépôt de titre de propriété intellectuelle…), ou fonctionnelle (amélioration des performances, ajout de fonctions…), les objectifs de réduction de coût se sont révélés être directeurs quant aux décisions d’engagement ou d’arrêts des innovations.

L’innovation est un procédé de transformation d’idées en produits créant une valeur ajoutée à apporter à ses clients .

Par ailleurs, la littérature différencient les innovations et propose plusieurs classifications, fondées par exemple sur l’objectif qui les a motivés ou encore la nature des changements qu’elles impliquent [BOO 82]. S’il n’existe aucune norme, certaines distinctions sont cependant internationalement adoptées. Les qualifications usuelles [ABE 85] « architecturale », « de niche », « courante » et « révolutionnaire » distinguant diverses approches de la concurrence ou encore « push » « pull » distinguant l’orientation stratégiques des innovations n’ont pas été utilisées, aucun projet innovant suivi pendant les trois années de thèse ne l’ayant exigé. Trois types de qualification des innovations se sont révélées être suffisantes. Elles sont basées sur la distinction de :

– L’intensité des changements apportés par les innovations : elles sont qualifiées de « radicale » ou « de rupture » par opposition à « incrémentale » selon que les consommateurs les perçoivent comme des nouveautés ou comme des améliorations de l’existant.
– La nature des travaux à réaliser : elles sont dites « de produit » « de process » ou « organisationnelles »
– La maturité des technologies impliquées : les innovations sont regroupées en trois catégories selon qu’elles existent déjà dans l’entreprise, qu’elle n’y existe pas mais se rencontre dans d’autres du même secteur industriel, ou n’existent ni dans l’entreprise, ni aucune autre du même secteur.

Ayant une finalité pratique pour l’industriel qui l’a commandé, le vocabulaire classique s’est avéré suffisant et la recherche de classements plus appropriés à l‘activité particulière concernée n’a pas été nécessaire. Cependant, les travaux ont fait apparaître l’utilité d’un nouveau paramètre : « le degré d’alignement sur la stratégie de l’entreprise », mesurant l’écart entre l’objectif visé par une innovation et l’objectif annoncé de l’entreprise dans son plan de développement. Le degré d’alignement sur la stratégie est parfois évoqué dans la littérature. Il est souvent évoqué pour décrire le contexte dans lequel une innovation est réalisée, sans donner naissance à une classification proprement dite. En effet son évaluation est relative. Elle varie par exemple en fonction de la perception du plan de développement des individus qui la conduise, en fonction de leur connaissance des ambitions de leur entreprise, ou encore de leur intérêt à le comprendre. En fait l’évaluation subjective de ce paramètre rend son utilisation délicate.

Limitations du périmètre en sciences économiques

Notions stratégiques 

La question de l’industriel ayant motivé cette étude étant « Que faire pour innover?», est par essence stratégique. Cette thèse n’a pas pour vocation de construire de nouvelles approches stratégiques à proprement parler, mais de repérer et d’intégrer des approches existantes appropriées pour soutenir l’activité innovante dans le contexte particulier de l’industriel. . Le repérage des courants de pensées et l’acquisition des méthodes fondamentales s’avèrent en effet suffisants pour justifier à l’industriel une piste d’innovation sans consommer le temps nécessaire aux investigations d’autres natures, financières ou organisationnelles par exemple, moins centrales mais tout aussi indispensables.

En synthèse, la notion de stratégie est apparue dans le vocabulaire de l’entreprise au sortir de la seconde guerre mondiale, alors que la reconstruction industrielle était l’enjeu politique majeur. Il existe des définitions variées mais de manière générale, la stratégie est l’art de déterminer ce qu’une entreprise doit faire pour devenir ce qu’elle veut être. Elle a pour objectif de renseigner l’entreprise sur son environnement (tous les acteurs présent même indirectement sur son marché) de délimiter son périmètre (son offre et la logique d’allocation de ses ressources pour la créer), d’identifier ses avantages compétitifs, et enfin d’organiser le déploiement de ses actions. Elle se décline à plusieurs niveaux (général, concurrentiel et opérationnel) et sert de référence pour harmoniser les intentions des différents échelons hiérarchiques (directoire, sectoriel et individuel), la cohérence entre chacun étant déterminante pour l’aboutissement des projets .

Notions d’évaluations financières 

La motivation première de l’activité industrielle étant le profit financier, il est indispensable de savoir évaluer les bénéfices pécuniaires qu’une entreprise peut espérer d’une innovation. Les apports théoriques ont pour but de soutenir la réflexion en quantifiant les intérêts d’une activité innovante. Cette thèse n’a pas pour objet les méthodes d’évaluations en elles-mêmes. Elle parcourt la littérature simplement pour mettre en relief les points essentiels à dégager pour évaluer la viabilité économique d’un projet. L’objectif est de retenir une palette d’outils appropriés à l’évaluation financière pratique des projets innovants, sans chercher à élaborer de théorie spécifique.

Il existe de nombreux modèles économiques et financiers pour décrire la situation d’une entreprise [CHI 05]. Les calculs de prévisions de gains sont toujours basés sur la taille des marchés et l’échelonnement des investissements dans le temps, mais diffèrent par la précision des paramètres retenus. Par exemple, le taux d’inflation, la variation des taux de changes, la précision des échéanciers peuvent être pris en compte ou pas. Pour les besoins de l’étude le parcours de la littérature a conduit à répartir les méthodes d’évaluations en trois groupes, selon leur objectif: mesurer l’écart entre deux états, la rentabilité dans le temps et la justesse des prévisions. Pour évaluer l’intérêt de lancer un projet d’innovation, la thèse propose de retenir une méthode dans chacune de ces trois catégories, la précision des données de calcul dépendant de la maturité du projet à évaluer.

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Table des matières

INTRODUCTION
Contexte
Problématiques
Organisation
Plan de la thèse
1. Périmètre de l’étude
Introduction
1.1 Etat de l’art
1.2 Périmètre théorique
1.2.1 Définitions de l’innovation
1.2.2 Limitations du périmètre en sciences économiques
1.2.3 Limitation du périmètre en sciences humaines
1.2.4 Limitation du périmètre en science de l’ingénieur
1.2.5 Cas particulier de la notion de gestion des risques
1.3 Conséquences pratiques
1.3.1 Outils stratégiques
1.3.2 Outils économiques
1.3.3 Outils d’analyses des risques
Conclusion
2. Présentation du contexte industriel
Introduction
2.1 Présentation de l’industrie hélicoptériste
2.1.1 Le marché des hélicoptères
2.1.2 Panorama des hélicoptéristes
2.2.3 Analyse de la concurrence
2.2 Tendances d’évolution
2.2.1 Direction de recherche
2.2.2 Les nouvelles formules
2.2.3 Analyse des pistes d’innovation
Conclusion
3. Spécificités de l’industrie hélicoptériste
Introduction
3.1 Caractéristiques commerciales
3.1.1 Coûts élevés (achat, exploitation, entretien)
3.1.2 Vente aux professionnels
3.1.3 Faible quantité de vente
3.1.4 Concentration des industriels
3.2 Caractéristiques industrielles
3.2.1 Environnement réglementaire exigeant
3.2.2 Situations monopolistiques fréquentes
3.3.3 Contrainte de gestion de l’obsolescence
3.3.4 Longueur des délais d’approvisionnement
3.3 Caractéristiques technologiques
3.3.1 Manque de maturité technologique
3.3.2 Minimisation de la masse
3.3.3 Utilisation en conditions hostiles
3.3.4 Contraintes sécuritaires de navigabilité
3.3.5 Vibrations
3.3.6 Motorisation et besoin de forte puissance
3.3.7 Transmission de forte puissance
3.4 Caractéristiques stratégiques
3.4.1 Constructeur aéronautique
3.4.2 Personnalisation des produits
3.4.3 Propriété intellectuelle ciblée
3.5 Caractéristiques politiques
3.5.1 Influence des relations internationales
3.5.2 Protectionnisme
Conclusion
CONCLUSION

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