Les Sciences de l’Information et de la Communication (SIC) représentent un domaine très vaste et complexe, qui nécessite de plus en plus d’être exploré et étudié avec l’apparition infinie de nouvelles formes de communication et de moyens d’information. La communication constitue le levier d’une vie sociale, le moteur de développement d’une organisation, la solution première face à une situation de crise. Toute communication vise ainsi un ou plusieurs objectifs bien déterminés, particulièrement la communication organisée. Afin d’assurer l’efficacité de celle-ci, il convient de mettre en œuvre une stratégie, voire en combiner plusieurs. À l’issue des 3 années de formation en Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication, il a été sollicité de focaliser le présent travail de fin d’année de Licence autour de la stratégie d’élaboration et de diffusion d’une action de communication (SEDIAC). Il sera abordé dans un premier temps le modèle SEDIAC avec ses composants. Dans un second temps, ce modèle sera appliqué dans la mise en œuvre de la fonction communication interne au sein d’une organisation ou d’une autre déterminée par un contexte particulièrement contraignant, à l’image de beaucoup d’autres organisations locales ou internationales à ce jour. À partir de ce cas précis, nous allons pouvoir mettre en exergue les avantages et éventuels désavantages de ladite stratégie, en vue de mesurer son efficacité et déterminer ses limites.
LE MODELE SEDIAC
PRESENTATION DU MODELE
Le modèle SEDIAC ou Stratégie d’Élaboration et de Diffusion d’une Action de Communication est un processus réunissant un ensemble d’étapes bien précises, dont les plus élémentaires, garantissant la bonne mise en œuvre d’une communication organisée. Ladite stratégie vise à établir la communication la plus pertinente et la plus efficace.
Notions de stratégie et action de communication
❖ Stratégie
LAROUSSE
« Art de coordonner des actions, de manœuvrer habilement pour atteindre un but».
La stratégie est une démarche raisonnée mise en œuvre pour coordonner un ensemble d’actions afin d’aboutir à des résultats positifs. En communication, la finalité est l’efficacité de celle-ci, c’est-à-dire qui atteint son ou ses objectifs.
❖ Action de communication
Elle suppose :
– une volonté de communication
– l’objet d’une organisation
– un ensemble d’interactions autour d’une action commune .
En 1973, George MOUNIN affirmait que toute communication est volontaire/intentionnelle, dans son ouvrage « Clefs pour la linguistique ». Néanmoins, ceci concerne uniquement la communication verbale. Si en SIC on considère que tout est communication, cette dernière peut être involontaire. « Une communication est toute expression humaine qui peut prendre sens dans un contexte pertinent pour un acteur » dit Alex MUCCHIELLI. C’est par opposition à ce caractère spontané que les termes « action de communication » sont employés.
Par ailleurs, l’action de communication est un processus allant du projet de communication à la mobilisation des différents moyens dans le but d’atteindre des objectifs bien précis. C’est bien une communication organisée.
À la suite des contestations à l’encontre de la première version des SIC : la communication transmission, l’école de PALO ALTO présente la communication participation. Il y a ici une véritable implication des participants à la communication. Dès les années 50, on arrive ainsi à l’idée que les participants effectuent une action commune : la communication est une action commune.
LES ETAPES DU PROCESSUS
Le modèle SEDIAC comprend 9 principales étapes, à la suite d’une étape préalable : L’intention de communication / le projet de communication
1. La détermination des enjeux
2. La détermination des objectifs
3. L’analyse de la situation de communication
4. La construction du cadrage
5. L’élaboration des communications
6. La diffusion de la communication
7. L’évaluation des impacts et des effets de la communication
8. La confrontation des impacts et des effets avec les objectifs
9. Le recadrage .
L’INTENTION DE COMMUNICATION / LE PROJET DE COMMUNICATION
La communication organisée fait inexorablement appel à une intention de communication ou un projet de communication. Il s’agit du désir d’un acteur d’établir une communication. Cette intention n’est qu’abstraite. Le projet de communication est une esquisse de la réalisation de l’action de communication.
LA DETERMINATION DES ENJEUX
L’enjeu est défini comme ce que l’on peut gagner ou perdre. Il faut poser dès le départ ce que l’on a la chance d’acquérir et qui motive l’action de communication, ainsi que les risques qu’il va falloir anticiper afin d’éviter les pertes ou au moins les minimiser. Ceci justifie la détermination des enjeux en premier afin de prioriser les plus importants, déterminer au mieux les objectifs que l’on doit et peut atteindre et choisir les meilleures options de réalisation de l’action de communication.
LA DETERMINATION DES OBJECTIFS
Les objectifs d’une action de communication sont pensés dès la phase de conception. Comme toute communication fait effet sans pour autant atteindre l’objectif fixé au départ, toute communication est efficiente. L’atteinte des objectifs fixés uniquement permet de qualifier si la communication est efficace ou non.
Cette étape renvoie directement aux fonctions linguistiques, au nombre de 6 selon Roman JACKOBSON :
– référentielle
– émotive
– conative
– poétique
– phatique
– métalinguistique .
Ces fonctions correspondent aux objectifs de communication et ont évolué dans leur dénomination.
◆ L’objectif informatif
La fonction référentielle, accès sur le référent, consiste à transmettre des éléments de connaissance. Par exemple, le mot « communication » vient du latin « communicare ». Cette fonction est toujours présente dans une communication.
◆ L’objectif expressif
Le terme expressif a été utilisé plus tard car il ne s’agit pas uniquement d’émotions. On exprime aussi des opinions, comme dans la phrase : « Je suis ravie d’utiliser cette théorie de JACKOBSON mais je trouve également l’inventaire des fonctions présenté par Josée VALIQUETTE intéressant». Cette fonction est accès sur le destinateur.
◆ L’objectif impressif
Le but étant d’essayer d’exercer une action sur l’autre pôle, de faire des impressions, la fonction impressive est centrée sur le destinataire. C’est le cas notamment des interdictions : « Ne pas fumer ici s’il-vous-plaît ».
◆ L’objectif esthétique
Il s’agit d’apporter un soin particulier à la forme du message. Ce qui nous ramène à la notion de rhétorique avec l’utilisation des figures de style. « Volez, courez, marchez, rampez, mais dans tous les cas, continuez d’avancer ». Comme il ne sera pas toujours apporté une forme esthétique au message, ceci n’est en réalité qu’une modalité.
◆ L’objectif phatique
La fonction phatique est centrée sur le canal.
o Phatique d’appel : essayer d’attirer l’attention de l’autre, d’ouvrir une communication. « Chers téléspectateurs, bonjour et bienvenue dans cette nouvelle édition de… »
o Phatique de maintien : vérifier si le destinataire reçoit bien ce qui est transmis, maintenir la communication. « Allo, m’entendez-vous bien ? », « Ne quittez pas, nous nous retrouvons tout de suite après la pub ».
o Phatique de clôture : confirmer que la communication est à son terme. « Au plaisir de vous revoir prochainement ».
◆ L’objectif méta communicatif
La métacommunication consiste à apporter des remarques ou des explications dont le but est de rapprocher les points de vue. Deux ou plusieurs fonctions peuvent être associées, elles seront alors hiérarchisées. Mais les SIC posent que « toute communication est tentative d’influence ». Ainsi, il ne reste plus qu’une grande fonction : la fonction d’influence.
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Table des matières
INTRODUCTION
PARTIE 1 : LE MODELE SEDIAC
I. PRESENTATION DU MODELE
II. LES ETAPES DU PROCESSUS
Étape préalable : L’intention de communication / le projet de communication
1. La détermination des enjeux
2. La détermination des objectifs
3. L’analyse de la situation de communication
4. La construction du cadrage
5. L’élaboration des communications
6. La diffusion de la communication
7. L’évaluation des impacts et des effets de la communication
8. La confrontation des impacts et des effets avec les objectifs
9. Le recadrage
PARTIE 2 : APPLICATION DU MODELE SEDIAC
I. Présentation et justification du terrain d’application
II. Élaboration de la stratégie
III. Proposition d’une action de communication suite à la stratégie
PARTIE 3 : CRITIQUE
CONCLUSION
