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Prise en compte d’interconnexions variants dans le temps
1. la définition des objectifs de commande,
2. la formulation mathématique du problème de commande à résoudre,
3. la synthèse du régulateur.
S’attaquer au problème de synthèse d’une loi de commande pour des systèmes complexes (au sens de la Définition 1.23) implique la nécessité de se confronter potentiellement à plusieurs difficultés :
d1. la difficulté voire l’impossibilité de définir un critère unique agrégeant l’ensemble des sous-objectifs de commande.
d2. la difficulté de modéliser les systèmes complexes et la présence de parties (e.g. interconnexions entre les sous-systèmes) incertaines.
d3. la manipulation de problèmes numériques de grandes tailles, nécessitant pour la synthèse de la loi de commande, des temps de calcul et / ou espaces mémoires importants voire rédhibitoires.
d4. la cohabitation au sein du même système de dynamiques différentes, pouvant induire des difficultés numériques lors des phases d’analyse (e.g. simulations) ou synthèse de lois de commande.
d5. des contraintes structurelles sur le régulateur recherché.
Ces difficultés peuvent être classées en deux catégories distinctes :
– les difficultés d’ordre conceptuel, d1 et d2, liées à l’étape de formulation du problème de commande : nécessité potentielle d’une formulation multi-critères du problème de commande optimisée
– les difficultés d’ordre numérique, d3 à d5, liées à l’étape de synthèse du régulateur : de part la trop grande dimension du modèle du système, mais aussi par la complexité du problème d’optimisation à résoudre (caractère composite du critère, contraintes structurelles sur le régulateur recherché).
Les problématiques clefs de la commande des systèmes complexes
– la formulation et la résolution de problème de commande (optimisée) multi-critères (théorie des jeux)
– la « simplification de modèle » qui peut être déclinée en plusieurs thèmes [Che04], dont : 1/ la simplification dynamique, i.e. la réduction d’ordre, 2/ la simplification structurelle, consistant à se ramener à une réalisation structurée pour le système (par transformation réversible ou non), ayant l’intérêt de simplifier le problème de conception du régulateur.
– les méthodologies de synthèse de lois de commande adaptées à la manipulation de modèle de dimensions élevées et / ou aux contraintes structurelles sur le régulateur recherché.
Plus généralement, l’objectif fondamental est la simplification du problème de commande, trop complexe pour être résolu par exemple en employant les résultats classiques de la commande optimisée H2 ou H∞ [DGKF89]. En effet, pour des raisons conceptuelles ou numériques, appréhender globalement le problème de commande d’un système complexe peut s’avérer délicat voire impossible. On peut donc en conclure, comme l’ont fait D.D. Šiljak ou J. Bernussou et A. Titli en introduction de leurs ouvrages de synthèse respectifs [Sil91] et [BT82], qu’un des éléments clefs d’une méthodologie de commande pour les systèmes complexes sera la décomposition du problème de commande ; décomposition du problème conceptuel, pour gérer au mieux les difficultés de modélisation mathématique du système et de formalisation des objectifs de commande, ou bien décomposition du problème numérique, pour simplifier le problème de synthèse de la loi de commande.
Réalisons un rapide tour bibliographique sur la thématique de la décomposition du problème de commande, afin de mieux discerner ce qui se cache derrière ce concept.
Bibliographie sur la décomposition du problème de commande
Cette décomposition tente de surmonter les difficultés d1, d3, et d4 soulevées précédemment. En effet, les différents niveaux de commande constitutifs de l’organe de décision (qui peuvent être vus comme différents algorithmes) sont définis en adéquation avec les différentes dynamiques constitutives du système, sachant que les couches hiérarchiquement supérieures interviennent avec une fréquence moindre que les couches inférieures.
On distingue en général quatre niveaux fonctionnels de commande [Ber88] :
– Niveau 1 ou niveau « régulation » : ce niveau agit directement sur le processus, dans une gamme de fréquences correspondant à la dynamique du processus. Son rôle est de générer les commandes pour que les sorties y du processus suivent des trajectoires imposées ou pour qu’elles soient maintenues à des points de consigne en dépit des perturbations. Il complète son rôle d’interface entre le processus et le système de commande en faisant remonter certaines informations comme des mesures continues, mais aussi dans un contexte discret la détection de pannes, le début et fin de cycle séquentiel, etc…
Il concerne la commande d’un radar équipé de 20 capteurs et 20 actionneurs. La mise en place d’une loi de commande centralisée mène comme illustré sur la figure Fig. 1.9 à une loi de commande impliquant 400 voies potentielles de feedback entre les 20 capteurs et les 20 actionneurs. Après simplification structurelle du modèle, et l’adoption d’une structure décentralisée pour le régulateur, couplés à une suppression d’actionneurs et de capteurs, une loi de commande avec uniquement 18 voies peut être considérée. Il est certain que le niveau de performance global se trouve diminué par cette simplification, mais le prix a payé peut être faible en regard de l’apport en terme de lisibilité et de maintenabilité de la loi de commande obtenue. Le nombre d’actionneurs et de capteurs mis en œuvre a été réduit de 50% , et encore plus notable, le nombre de canaux SISO de rétroaction a été réduit de 95% .
1. Une étape d’analyse du modèle : dans le but de chercher une structure intrinsèque (mise en évidence de corrélations fortes ou faibles entre variables), directement lisible, ou masquée par un choix de représentation maladroit.
2. Une étape de mise en forme : partant du résultat obtenu lors de l’analyse, différentes transformations peuvent être nécessaires pour faire ressortir la structure du système.
3. Une étape de simplification : consistant principalement en l’élimination de certains termes d’interconnexion dont on aura montré préalablement qu’ils sont négligeables.
Ces trois étapes successives d’analyse et de transformation constituent pour nous la phase de structuration du système.
Avant de formuler plus précisément cette idée, les problèmes de commande H2,∞ structurée doivent être énoncés.
La troisième partie du tableau présente trois structures pouvant être considérées comme des sous-cas de la structure LBT. Notons également que la structure UBT est duale de la structure LBT et ne nécessite pas de traitement particulier. On peut associer à la structure matricielle LBT les interprétations physiques suivantes. Avoir une structure triangulaire pour un système interconnecté signifie en premier lieu que les interconnexions entre les sous-systèmes Si sont unidirectionnelles, i.e. on a seulement des interconnexions dans le sens » Si agit sur Sj « , pour j > i . Le cas particulier de la structure LBD correspond au cas où le sous-système Si agit de manière directe uniquement sur le sous-système hiérarchiquement inférieur Si+1. Nous avons retenu également la structure dite Toeplitz
– LBT qui possède la propriété d’IMu.
Nous cherchons dans ce qui suit à associer des schémas blocs voire des exemples concrets de système aux structures présentées dans le tableau Tab. 1.2.
– La stabilité locale : i.e. au niveau de chaque sous-système
– La stabilité globale : en tenant compte des interactions, celles-ci présentant des incertitudes (difficultés à modéliser parfaitement un grand système).
Assurer la stabilité d’un grand système malgré les incertitudes structurelles entachant le modèle exploité revient donc à assurer la « stabilité connective » du système (notion introduite par D.D. Šiljak en 1972, et reprise dans [Sil78] et [Sil91]). La manière la plus connue pour établir la stabilité connective d’un grand système fait appel à l’approche de Lyapunov et plus particulièrement au concept de « vecteur de fonctions de Lyapunov » (en anglais « vector Lyapunov functions » introduit indépendamment par R. Bellman et V.M. Matrosov en 1962 [Bel62], [Mat62]). Cet outil est défini dans le paragraphe suivant.
On associe encore une réalisation partitionnée E/Et/S à S, modélisé alors comme l’interconnexion de N sous-systèmes Si . N S : x i ( t ) = Aii x i ( t ) + ∑eijxxAij x j ( t ), i = 1, …,N (2.17)
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Table des matières
NOTATIONS ET ACRONYMES
INTRODUCTION GENERALE
CHAPITRE 1 : DEFINITION DE LA PROBLEMATIQUE DE LA COMMANDE DES SYSTEMES COMPLEXES
CHAPITRE 2 : OUTILS D’ANALYSE DES SYSTEMES COMPLEXES
CHAPITRE 3 : OUTILS DE STRUCTURATION DE MODELE
CHAPITRE 4 : OUTILS DE SYNTHESE DE REGULATEURS STRUCTURES
CHAPITRE 5 : APPLICATIONS AU CAS DES SYSTEMES D’ENTRAINEMENT DE BANDE
CONCLUSION GENERALE
ANNEXE
BIBLIOGRAPHIE
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