Il est difficile de trouver aujourd’hui des données historiques sur l’Oued El Harrach. Cependant, la mémoire populaire semble indiquer que durant la première moitié du vingtième siècle, l’Oued El Harrach était un lieu de loisir et de pêche très apprécié des algérois. Ainsi, la pêche à la truite et la baignade tout au long de son cours faisaient la joie des riverains. La zone d’Oued El Harrach sera le futur centre de gravité de la capitale. Autour de cet oued, plusieurs infrastructures seront réalisées. Citons, entre autres, la Grande Mosquée, le Musée de l’Afrique, la Cité des sports du Caroubier, le stade de Baraki Par ailleurs, La vallée d’El Harrach a connu un développement industriel intense qui n’échappe pas aux phénomènes de nuisances et de pollution qui en résultent. le développement urbain et industriel de la région d’Alger a entrainé le rejet dans l’Oued et ses affluents d’une pollution toujours croissante. Avec plus de trois cents unités, l’activité industrielle représente l’une des principales sources de pollution du bassin versant de l’Oued El-Harrach; cette situation est aggravée par le fait que la plupart de ces unités industrielles ne sont pas dotées d’équipement de traitement.
Cette forte pollution de l’Oued pose à la fois un problème de salubrité publique et d’impact environnemental. La biodiversité de ce milieu humide est fortement altérée. Durant les mois d’été, le dégagement d’odeurs nauséabondes complète le désagrément visuel et achève de dégrader le cadre de vie des riverains. Enfin son déversement dans la Méditerranée présente un risque pour le milieu marin de la baie d’Alger aussi bien en terme écologique que sanitaire (qualité des eaux de baignade).
Situation Géographique
La région étudiée est située dans la partie Nord de l’Algérie, qui traverse la Mitidja ; c’est le bassin versant d’Oued El-Harrach, qui appartient au grand Bassin Versant Côtier Algérois, couvre une superficie de 1250 km2, et s’étend du Nord au Sud sur 53 km et de l’Est en Ouest sur 31 km. L’Oued El Harrach, qui représente l’un des principaux Oueds qui sillonnent la Mitidja, prend source au Nord de l’Atlas Blidéen et se jette en mer Méditerranée après un parcours de 67km environ. Il est formé par la confluence de deux principaux Oueds : l’Oued Bou Maâne et l’Oued El Maktaa au Sud- Ouest de Hammam Melouane au niveau du « Rocher des Pigeons ». Le Bassin Versant de l’Oued El Harrach, couvre une superficie d’environ 1250 km2, se partage en trois (03) parties appartenant l’une à l’Atlas Blidéen (600 km2 ) l’autre à la plaine de la Mitidja (550 km2 ) et la troisième au versant du Sahel (100 km2 ).
Ses principaux affluents sont :
❖ L’Oued Djamaa, issu de l’Atlas Blidéen (B.V=225 Km2 ).
❖ L’Oued Baba Ali avec l’Oued Terro, issus de la Mitidja (B.V=166 Km2).
❖ L’Oued Smar, issu de la Mitidja, cours d’eau récepteur des zones industrielles d’Oued Smar et EL Harrach Sud (B.V=117 Km2 )
❖ L’Oued El Kerma, issu du sahel (B.V=74 Km2 ).
❖ L’Oued Ouchaiah issu du sahel, cours d’eau récepteur des communes et quartiers urbains fortement peuplés (kouba, birkhadem…) à un (01) kilomètre de l’embouchure de l’Oued El Harrach (B.V=22 Km2 ).
❖ L’Oued Adda cours d’eau récepteur des quartiers urbains d’El Harrach et des Eucalyptus.
Géologie de la zone d’Etude
La région d’Alger est constituée d’un socle métamorphique – le massif d’Alger – entouré par des dépôts sédimentaires d’âge plio-quaternaire, le Sahel. Ces deux constituants sont limités en leur partie méridionale par le bassin plio-quaternaire de la Mitidja. Plus au Sud les reliefs de l’Atlas Blidéen, limitent la Mitidja.
Géologie régionale
Le Massif d’Alger : C’est un massif métamorphique formé de terrains anciens très téctonisés, d’après A.Saadallah (1981). Le massif d’Alger est constitué de roches cristallophylliennes qui réapparaissent à Sidi Fredj à l’Ouest, et à Bordj El-Bahri à l’Est. Il est constitué de formations de nature pellitique et carbonatée (gneiss, schistes, micaschistes et marbres).
Les lacunes stratigraphiques : la région d’Alger est marquée par de grandes lacunes stratigraphiques du Secondaire et de la base du Tertiaire (Eocène, Oligocène).
Le Tertiaire : Il repose en discordance sur les formations métamorphiques. Il est représenté par les formations néogènes post nappes.
Le Miocène : Le Miocène est toujours en contact avec le socle métamorphique, il est en général tectonisé et possède des aires d’affleurement réduites. Il apparaît en-dessous de formations plus récentes dans la Mitidja, et affleure par endroit dans les piémonts nord de l’Atlas Blideén : au Sud Est de Khemis-El-Khechma et au Djebel Zerouala.
Le Pliocène : Les formations du Pliocène occupent essentiellement la Mitidja et sa bordure Nord. Ils apparaissent très peu dans la bordure Sud. Glangeaud et AL (1952), reconnaissent deux subdivisions dans le Pliocène :
❖ L’Astien au sommet.
❖ Le Plaisancien à la base.
A- Le Plaisancien : Occupant une vaste partie du bassin de la Mitidja, les marnes plaisanciennes constituent une séquence uniforme, de couleurs grises ou bleues. Elles présentent, localement, des bancs gréseux faiblement, glauconieux d’épaisseur moyenne de 200 m. Cette formation se biseaute vers le Sud et se voit reposer en discordance sur le Miocène. Les affleurements sont visibles dans le Sahel et dans la région de Khemis-El-Khechna, à Réghaia où ils constituent une partie de la fermeture du bassin néogène.
B- L’Astien : L’Astien identifie la régression de la mer plaisancienne. Cette série débute par le niveau à glauconie qui est la séparation lithologique entre le Plaisancien et l’Astien. Ce niveau est de nature argilo-sableuse à nombreux grains de glauconie (d’où sa teinte verdâtre) et à macro fossiles telles que les Térébratules. L’Astien est représenté par plusieurs faciès :
● Faciès marneux-sableux : C’est un faciès de couleur jaune en surface et grise en profondeur. Il varie de 1 à 15 m d’épaisseur et il est assez étendu.
● Faciès calcaréo-gréseux : Il est représenté sous forme de grandes dalles plus ou moins calcaires avec de petits lits marneux. Les fossiles dominant sont les Bivalves.
● Faciès mollassique : C’est un faciès récifal ou subrécifal représenté par un calcaire spongieux, granuleux ou bien par des dalles de calcaires dures à Lithothamniées.
● Faciès gréseux et sableux : Ce sont des dépôts détritiques constitués de sables et galets à éléments provenant de l’Atlas et annonçant le début du Quaternaire.
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Table des matières
Introduction générale
Chapitre I : Caractéristiques physiques, Géologiques
1.1 Situation Géographique
1.2 Géologie de la zone d’Etude
1.1.1 Géologie régionale
1.1.2 Géologie locale
1.1.3 Tectonique
Chapitre II : Caractéristiques Hydro climatologiques
2.1 Caractéristiques du Bassin versant d’oued El- Harrach
2.1.1 Relief
2.1.2 Caractéristiques de forme du bassin versant
2.1.3 Caractéristiques du réseau hydrographique
2.2 Aperçus climatologiques
2.2.1 Température
2.2.2 Humidité
2.2.3 Les précipitations
2.3 Hydrogéologie
2.3.1 Le substratum
2.3.2 L’aquifère Astien
2.3.3 La nappe alluviale
2.3.4 L’alimentation des aquifères
2.3.5 Les paramètres hydrodynamiques
2.3.6 Bilan de la nappe de la Mitidja
Chapitre III : Identification et sélection des unités industrielles polluantes
3.1 Textes réglementaires
3.1.1 Les classements par activités et par risques
3.1.2 L’eau et les rejets réglementaires
3.2 Les critères de sélection
3.2.1 Recherche de critères de sélection
3.3 Les différents paramètres de la pollution des eaux résiduaires
3.3.1 Les principaux paramètres biologiques et physico-chimiques
3.4 Les principaux types d’Eaux Résiduaires et leurs polluants
3.4.1 Eaux Résiduaires biodégradables
3.4.2 Eaux Résiduaires non biodégradables
3.5 Critères de sélection retenus et leur application
3.5 Enquête et recensement des pôles industriels
3.5.1 Méthodologie
3.5.2 Structure de la base de données
3.5.3 Définition les limites de la zone à recenser
3.5.4 Identification des entreprises
3.5.5 Unités industrielles nécessitant bilan et mesures
3.5.6 Conclusion
Chapitre IV : Présentation des résultats des enquêtes industrielles
4.1 Objectif
4.2 Organisation et déroulement des enquêtes
4.3 Classification des établissements industriels
4.4 Présentation des fiches d’enquêtes
4.5 Bilan et Synthèse des résultats des enquêtes
4.5.1 Unités nécessitant des mesures et bilans
4.5.2 Unités nécessitant la mise en place de prétraitements
4.5.3 Unités avec faible flux polluant ou peu d’impact sur le réseau récepteur
4.5.4 Unités sans rejet d’effluents industriels
Chapitre V : Campagne de mesures
5.1 Objectif de bilan et mesures
5.2 Organisation des mesures et bilans
5.3 Programme des mesures
5.4 Choix des points de mesure
5.5 Méthodologie
5.5.1 Mesures hydrauliques
5.5.2 Mesures qualitatives
5.6 Bilan de la campagne
5.6.1 Prélèvement réalisés
5.6.2 Détail des bilans pollution par secteur NAA
5.7 Présentation des résultats de la campagne
5.7.1 Généralités
5.7.2 Remarques constatés sur terrain
5.7.3 Détermination de la charge polluante
5.7.4 Secteur Agroalimentaire
5.7.5 Secteur Chimie et divers
5.7.6 Etablissements divers
5.8 Résultats des analyses chez l’industriel
5.9 Conclusion
Chapitre VI : Exploitation de mesures et Proposition de prétraitements
6.1 Principes retenus
6.1.1 Établissements raccordables à une STEP industrielle
6.1.2 Établissements raccordables à une STEP urbaine
6.1.3 Établissements isolés hors zones de collectes
6.2 Exploitation des résultats de la Campagne de mesures
6.2.1 Secteur Agroalimentaire
6.2.2 Secteur de chimie et divers
6.3 Propositions de prétraitements
6.3.1 Prétraitements pour l’industrie Agro-alimentaire et apparentée
6.4 Propositions de prétraitements pour l’industrie Chimique et apparentée
6.4.1 Établissements à raccorder sur une STEP industrielle
6.4.2 Établissements à raccorder sur une STEP Urbaine
6.4.3 Établissements isolés
Chapitre VII : Etude de prétraitement des effluents industriels
7.1 Objectifs
7.1.1 Un réseau d’assainissement industriel (STEP industrielle)
7.1.2 Un réseau d’assainissement urbain (STEP urbaine)
7.1.3 Effluents dévers au milieu naturel
7.2 Différents types de prétraitements
7.2.1 Traitement Physique
7.2.2 Traitement Physico-chimique
7.2.3 Traitement Biologique
7.3 Etude de cas
7.3.1 Prétraitement de l’unité SOACHLORE (ID 257)
7.3.2 Prétraitement de l’unité COLAITAL (ID 688)
7.3.2.1 Données de base du projet
7.3.3 Prétraitement de l’unité MEDITRAM
Conclusion générale
