Notre pays tout comme le sud de la Méditerranée et les régions méridionales du Paléarctique occidental est réputé par sa biodiversité écosystémique, spécifique et génétique. Il abrite une grande diversité de biotopes et d’habitats affichant un patrimoine très varié en oiseaux d’eau (Houhamdi 2002, Boulekhssaim et al., 2006, Houhamdi et al., 2008, 2009). L’Algérie occupe ainsi une place privilégiée pour un grand nombre d’espèces qui utilise ses zones humides comme des aires d’hivernage ou comme des étapes d’escale pour celles hivernant plus au Sud (Houhamdi et Samraoui 2001, 2002, 2003, 2008, Houhamdi et al., 2008). La connaissance de ces zones humides ne peut être envisagée qu’après étude du fonctionnement global de ces dernières et leur utilisation par les oiseaux d’eau qui sont de véritables descripteurs du fonctionnement d’un milieu.
Biologie du Flamant rose Phœnicopterus roseus
La classification des flamants a été de longue date le sujet de débats considérables (Sibely et al. 1969 ; Sheldon et Slikas 1997), à savoir si la classification s’est basée sur les traits morphologiques ou comportementales, évidence fossile de phylogénie, ou par la méthode récente d’analyse de l’ADN (Johnson et Cézilly, 2007). Tous les taxonomistes ne se contentent pas de classer les flamants dans un ordre à part, celui des Phœnicopteriformes, car ces oiseaux se partagent certaines caractéristiques avec les Ciconiiformes (cigognes, ibis, hérons etc…) et d’autres avec les Ansériformes (canards, oies, cygnes), qui dérivent du même ancêtre ou reflètent des adaptations convergentes dans des environnements similaires. Ressemblances avec les Ciconiiformes : anatomie interne, longueur des pattes et du cou d’un part, et ressemblances avec les Ansériformes : le comportement en général, la parade et l’accouplement, la recherche de nourriture en milieu aquatique pour laquelle ils sont équipé de pattes palmées (et peuvent très bien nager), la nidification au sol et le rassemblement des jeunes en crèche, l’épaisseur de langue, le cri et même les mallophages. D’ailleurs de récentes recherches (Fedducia 1976, 1977, 1996) indiquent que les flamants sont plus proches des Ansériformes et des Charadriiformes (surtout les avocettes Recurvirostridae) que d’autres ordres aviens qui existent de nos jours, comme en témoigne dans l’étude de l’ostéologie. Il n’est pas question ici de vouloir placer les flamants dans l’un ou dans l’autre de ces ordres, mais simplement de signaler quelques caractéristiques du flamant rose. Les flamants forment un groupe très particulier d’oiseaux qui se nourrissent par filtrage (Johnson 1983).
Systématique des Flamants
Pareillement à la classification des flamants comme un groupe particulier, leur répartition en espèces n’était pas passée sans controverses. Jusqu’à maintenant, la plus part des références indiquent l’existence de cinq espèces de flamants appartenant à trois genres séparés (Phœnicoparrus, Phœniconaias et Phœnicopterus), qui représentent la famille des Phœnicoptéridés: le Flamant des Andes Phœnicoparrus andinus, le Flamant de James Phœnicoparrus jamesi, le Flamant nain Phœniconaias minor, le Flamant des Caraïbes Phœnicopterus ruber, le Flamant du Chili Phœnicopterus chilensi et le Flamant rose Phœnicopterus roseus. S’ils ont bien une apparence de famille, leur taille, la coloration de leur patte ou de leur bec permet aisément de les identifier (Johnson et Cézilly, 2007).
Le Flamant des Caraïbes Phœnicopterus ruber
L’espèce type Phœnicopterus ruber était la première décrite par Linneaus 1758 au Bahamas, cette espèce, c’est la seule espèce parmi les cinq qui existe dans l’ancien et le nouveau monde. La race Phœnicopterus antiquorum de l’ancien monde était pour longtemps considérée séparée à celle de Phœnicopterus ruber (Temminck 1820 in Johnson et Cézilly, 2007), mais aujourd’hui Phœnicopterus ruber constitue deux sous- espèces séparées, le flamant rose décrit par Pallas dans l’ancien monde et le flamant des Caraïbes (ou l’Américain) Phœnicopterus ruber ruber dans le nouveau monde (Johnson et Cézilly, 2007). Il est présent sur les iles de la mer des Caraïbe, au Mexique, sur la côte Nord de l’Amérique du Sud (Venezuela et Colombie) et sur les iles Galápagos. Les effectifs seraient de l’ordre 90000 individus (Johnson et Cézilly 2007, Ouldjaoui 2009).
Le Flamant du Chili Phœnicopterus chilensi
Cette espèce a été décrite par Molina en 1782, précédemment était considérée comme une autre sous-espèce de Phœnicopterus ruber, aujourd’hui, il est généralement connu comme une espèce différente (Johnson et Cézilly, 2007). Il occupe la partie Sud de l’Amérique du Sud et fréquente aussi bien des lacs situés au niveau de la mer que ceux des hauts plateaux de la cordillère des Andes. Les effectifs de cette espèce sont estimés à 500000 individus (Johnson et Cézilly 2007, Ouldjaoui 2009).
Le Flamant nain Phoenconaias minor
Il a été décrit par Geoffroy en Sénégal en 1798, et jusqu’à maintenant considéré appartient du genre Phoeniconaias, c’est la seule espèce qui existe exclusivement dans l’ancien monde. (Johnson et Cézilly, 2007). Il occupe l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique australe et l’Asie mineur. Il serait le flamant le plus abondant dans le monde avec près de 3 millions d’oiseaux (Johnson et Cézilly 2007, Ouldjaoui 2009).
Le Flamant des Andes Phœnicoparrus andinus et le Flamant de James Phœnicoparrus jamesi. Le premier a été décrit par Phillippi en 1854, et le deuxième par Sclater en 1886. Les deux habitent exclusivement les lacs salés andins de hautes altitudes (souvent plus de 3000 m, en Amérique du sud). Les effectifs de ces espèces sont estimés à 100 000 et 50 000 individus respectivement (Johnson et Cézilly 2007).
Le Flamant rose Phœnicopterus roseus (Pallas, 1811)
Le Flamant rose phœnicopterus roseus a été décrit par Pallas en 1811, il appartient de la famille de Phœnicoptéridés, ordre Phœnicopteriformes et classe Aves (oiseaux), se trouve dans le bassin méditerranéen, ses effectifs sont estimés entre 500000 et 800000 individus (Johnson et Cézilly, 2007).
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Table des matières
Introduction
Chapitre I. Biologie du Flamant Rose
1.1. Introduction
1.2. Systématique des Flamants
1.2.1. Le Flamant des Caraïbes Phœnicopterus ruber
1.2.2. Le Flamant du Chili Phœnicopterus chilensi
1.2.3. Le Flamant nain Phoenconaias minor
1.2.4. Le Flamant des Andes Phœnicoparrus andinus et le Flamant de James Phœnicoparrus jamesi
1.2.5. Le Flamant rose Phœnicopterus roseus (Pallas, 1811)
1.3. Le modèle biologique : Flamant rose Phœnicopterus roseus (Pallas, 1811)
1.3.1. Description générale et morphologie
1.3.2. La coloration et le développement du plumage des flamants
1.3.2.1. Pourquoi les flamants adultes roses ?
1.3.2.2. Le développement du plumage
1.3.3. Distribution et nombre
1.3.3.1. Distribution détaillée du flamant rose dans l’Ouest Paléarctique
1.3.4. Le statut de protection du Flamant rose
1.3.5. La survie
1.3.6. La longévité du Flamant rose
1.3.7. Les facteurs de mortalité
1.3.8. Habitat du Flamant rose
1.3.9. Vol du Flamant rose
1.3.10. Comportement du Flamant rose
1.3.11. Régime alimentaire du Flamant rose
1.3.12. Comportement alimentaire et méthodes de recherche de nourriture
1.3.12.1. Méthodes de recherche de nourriture utilisées par les flamants
1.3.12.2. Vigilance pendant l’alimentation
1.3.13. Biologie de la reproduction du Flamant rose
1.3.13.1. La période prénuptiale- activités de parade
1.3.13.2. La ponte
1.3.13.3. Les facteurs qui conditionnent les époques de pontes
1.3.13.4. L’éclosion à l’émancipation
1.3.13.5. Le succès de reproduction
1.3.13.6. La distribution des sites de reproduction de flamants dans la Méditerranée et l’Afrique de l’Ouest
1.3.13.7. La reproduction du Flamant rose en Algérie
1.3.14. La mue chez les Flamants rose
1.3.15. La maturité et le recrutement
1.3.15.1. Age de la première nidification
1.3.16. Déplacements
1.3.17. La structure spatiale des déplacements chez le Flamant rose
Chapitre II. Description des sites d’étude
2. Les principales zones humides fréquentées par le flamant rose dans les zones humides de l’Est algérien
2.1. Les principales zones humides de la vallée d’Oued Righ
2.1.1. Chott Merouane
2.1.2. Lac d’Oued Khrouf
2.1.3. Chott Melghir
2.1.4. Chott Tindla
2.1.5. Chott Tighdidine
2.2. Les principales zones humides des hauts plateaux du Constantinois
2.2.1. Le chott Tinsilt
2.2.2. Sebkhet Ezzemoul
2.2.3. Garaet Guellif
2.2.4. Garaet Ank Djemel
2.2.5. Garaet El Marhssel
2.2.6. Garaet boucif ou Ougla touila
2.2.7. Sebkhet Djendli
2.2.8. Garaet Tarf
2.2.9. Chott El-Maleh
2.2.10. Sebkhet Gémot
2.2.11. Sebkhet Ouled Amara et Sebkhet Ouled M’Barek
2.3. Les principales zones humides de l’éco complexe de la wilaya de Sétif
2.3.1. Sebkha de Bazer-Sakra
2.3.2. Chott Beida Bordj et son annexe de la Sebkhet Soukhna
2.4. Description les sites d’études
2.4.1. Chott Merouane
2.4.1.1. Géologie et géomorphologie
2.4.1.2. Pédologie
2.4.1.3. Hydrologie
2.4.1.4. Climatologie
2.4.1.5. Cadre biotique
2.4.1.5.1. La flore
2.4.1.5.2. L’avifaune
2.4.1.5.3. Les vertébrés
2.4.1.2.. Menaces écologiques et environnementales
2.4.2.2.1. Le surpâturage
2.4.2..2.2. La pollution
3.4.2.2.3. L’aménagement inadéquat
2.4.2. Garaet Tarf
2.4.2.1. Géographie et hydrologie
2.4.2.2. Climatologie
2.4.2.3. Caractères biotique
2.4.2.4. Cadre biotique
2.4.2.4.1. Avifaune
2.4.2.4.2. Autres animaux
2.4.2.4.3. Flore
2.5. Sebkha de Bazer-Sakra
2.5.1. Pédologie
2.5.2. Climatologie
2.5.3. Caractéristiques écologiques
2.5.3.1. Cadre biotique
2.5.3.1.1. La flore
2.5.3.3. 1.2.La faune
Chapitre III. Matériel et méthodes
3.1. Dénombrement
3.2.1.1. Dénombrement des oiseaux, buts et raisons
3.2.1.2. Méthodes d’échantillonnage
3.2.1.3. Dénombrement des Flamants roses
3.2. Etude des rythmes d’activités du Flamant rose
3.2.2.1. Méthodes d’échantillonnage
3.2.2.2. Etude des budgets temps diurne des Flamants roses
3.2.3. Analyse statistique des données
3.2.4. Etude de la reproduction du Flamant rose
Conclusion
