Importance économique de la relation homme – animal en élevage bovin laitier
Effets indirects de la peur de l’homme sur la production animale
La peur de l’homme et l’utilisation d’interactions négatives ont des effets économiques plus subtils en élevage bovin laitier. Des animaux peureux ou traités de façon aversive seront en général moins coopératifs, et donc plus difficiles à manipuler même dans les taches les plus routinières telles que la traite. Il a été démontré que des vaches traitées de façon aversive, non seulement avaient une production laitière annuelle inférieure de 664 litres/vache en comparaison des témoins, mais en outre prenaient deux fois plus de temps à entrer la salle de traite, et déféquaient plus fréquemment (Seabrook, 1994), ce qui a pour conséquence d’augmenter le temps de travail de l’éleveur. Il est reconnu par les éleveurs que les génisses sont pour la plupart plus difficiles à manipuler que les vaches plus âgées pendant les premières semaines de lactation. Une étude auprès d’éleveurs britanniques montrait que la moitié des éleveurs pense que les génisses ajoutent un temps de travail additionnel de 5 min par génisse au moment de la traite (Bertenshaw et al, 2001). Il était aussi reconnu par les éleveurs qu’un quart des génisses étaient réticentes à entrer la salle de traite, ce qui implique qu’elles trouvent l’évènement aversif. Presque la moitié des éleveurs pensait que des interactions humaines préalables conduisaient à des vaches plus dociles. Enfin, de nombreux éleveurs (42 %) admettaient réformer des génisses de manière régulière à cause de leur comportement. Ces résultats soulignent l’influence que les éleveurs pensent avoir dans la formation du tempérament des animaux. En fait, il a effectivement été prouvé que fournir aux génisses des interactions positives (manipulation additionnelle, pansage) avait de nombreuses implications économiques ainsi que sur le bien-être (de l’éleveur et de l’animal) en comparaison de témoins ayant reçu des interactions minimales (Bertenshaw et Rowlinson, 2001) : les génisses traitées positivement étaient moins peureuses en présence de l’homme, perturbaient moins la routine de traite et en particulier donnaient moins de coups de pied, et leur éjection de lait était plus rapide. L’efficacité de traite était aussi améliorée si les génisses recevaient des manipulations additionnelles au moment de leur premier vêlage (Hemsworth et al, 1987b, 1989) : ces génisses délogeaient moins souvent les manchons trayeurs, et nécessitaient moins d’assistance humaine additionnelle. Tous ces facteurs influençant la docilité de traite sont importants pour le temps de travail de l’éleveur, et pour la longévité des vaches et leur réforme éventuelle. Des manipulations additionnelles des génisses peuvent réduire leur peur de l’homme, et ainsi améliorer leur comportement lors des premières traites. Le problème est que des manipulations minimales reflètent la majorité des situations d’élevage commercial. De plus, la plupart des interactions en élevage commercial sont de nature aversive.
La perception de l’homme par l’animal
La plupart des animaux domestiques sont grégaires. Par exemple, chez les ruminants, après la naissance, le jeune développe un réseau social, en premier lieu avec sa mère, puis avec les autres membres de l’espèce. Il vivra ensuite dans de larges groupes d’adultes. Cependant, en élevage des animaux de rente, un autre partenaire, l’homme, interagit régulièrement avec l’animal dès son plus jeune âge. Comment ces animaux perçoivent-ils l’homme ? Plusieurs auteurs ont proposé des modèles différents de la perception de l’homme par l’animal. Ces modèles sont souvent liés aux rôles que les animaux attribuent à l’homme. Notamment, cinq rôles communs attribués à l’homme sont ceux de : prédateur, proie, partie de l’environnement sans signification sociale, symbiote, congénère (Hediger, 1965). Toutefois, il est possible que certains de ces termes décrivent plus adéquatement un comportement observé qu’une réelle perception. Cela s’applique en particulier à la notion de symbiote, mais il est aussi discutable que les animaux perçoivent les humains comme congénères, à part pour des animaux élevés à la main et présentant des comportements sexuels vis-à-vis de l’homme. En outre, ce modèle s’applique mal aux herbivores car il est très improbable que ces derniers perçoivent jamais l’homme comme une proie. Une perception de l’homme par l’animal fondée sur les émotions ressenties par l’animal résulte en un classement en trois catégories (Waiblinger et al, 2006) : une source de frayeur (Hemsworth et Coleman, 1998), un rôle neutre (pas de signes de peur, ni d’émotion positive ; Waiblinger et al, 2003), une source d’émotions plaisantes (réconfort dans les situations aversives ; Visser et al, 2002). Ces catégories peuvent se superposer ou varier en fonction de la personne ou de la situation (Jago et al, 1999 ; Rushen et al, 1999). Diverses émotions et motivations sont impliquées dans la perception de l’homme par l’animal et la réaction à l’homme. Elles appartiennent à deux dimensions : positive ou plaisante, et négative ou désagréable (Figure 2). Leurs forces relatives déterminent la relation de l’animal à l’homme, qui peut s’étendre de négative à neutre à positive.
Guide du mémoire de fin d’études avec la catégorie Evaluation de la personnalité des éleveurs |
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Table des matières
Remerciements
Introduction
1. Importance économique de la relation homme – animal en élevage bovin laitier
1.1. Effets directs de la peur de l’homme sur la production animale
1.2. Effets indirects de la peur de l’homme sur la production animale
2. La relation homme – animal de la perspective de l’animal
2.1. La perception de l’homme par l’animal
2.2. Influence des interactions homme – animal
2.3. Variabilité génétique et individuelle des animaux
2.4. Environnement social des animaux
2.5. Communication homme – animal
2.6. Généralisation de la perception de l’homme par l’animal
3. Evaluation de la relation homme – animal vue de la perspective animale
3.1. Validité d’un test d’évaluation
3.2. Aspects de la relation homme – animal à évaluer
3.3. Facteurs d’influence des tests
3.4. Tests développés pour évaluer la relation homme – animal
4. La relation homme – animal de la perspective de l’homme
4.1. Perception de l’animal par l’homme
4.2. Influence des comportements de l’éleveur
4.3. Attitudes et comportements de l’éleveur
4.4. Personnalité de l’éleveur
4.5. Environnement de travail et environnement social de l’éleveur
5. Evaluation de la relation homme – animal vue de la perspective humain
5.1. Evaluation des comportements humains par observation
5.2. Evaluation des attitudes par questionnaire
5.3. Evaluation de la personnalité des éleveurs
5.4. Evaluation du point de vue humain par entretien
6. Développement de la relation homme – animal
6.1. Les interactions homme – jeune animal : rôle des périodes sensibles
6.2. Période critique ou période sensible ?
6.3. Les périodes sensibles et critiques, d’abord un phénomène neurologique
6.4. Imposition de la relation homme – animal ou construction de confiance ?
6.5. De l’interaction à la relation : l’importance du processus d’apprentissage
7. Comment améliorer la relation homme – animal en élevage bovin laitier ?
7.1. Nécessité des interactions homme – animal en élevage
7.2. Amélioration de la perception de l’homme par l’animal
7.3. Amélioration de la perception de l’animal par l’homme
Conclusion
Références
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